samedi 15 mai 2021
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En 2005, Jean-François Abgrall avait raconté dans un livre sa traque du tueur Francis Heaulme (Photo d'illustration S.D/L'Essor)
En 2005, Jean-François Abgrall avait raconté dans un livre sa traque du tueur Francis Heaulme (Photo d'illustration S.D/L'Essor)

La nouvelle mission de l’ex-limier de la gendarmerie Jean-François Abgrall

La famille de Tiphaine Veron, disparue sans laisser de traces à Nikko (Japon) le 29 juillet 2018, continue à se battre pour connaître la vérité. Elle vient de confier à Jean-François Abgrall le soin de faire avancer les recherches.

Détective de renom, l’ancien adjudant de gendarmerie a ouvert une agence d’enquêtes privées en 2000. Au sein de la gendarmerie, il avait notamment confondu “le routard du crime” Francis Heaulme (11 meurtres en 1984 et 1992). Mais aussi “le boucher de l’Yonne”, Emile Louis (sept meurtres à son actif).  

La famille de Tiphaine a fait appel à ses services pour creuser la piste criminelle. Décrite comme bouillonnante de vie et d’énergie, la jeune femme n’était pas du genre à se volatiliser dans la nature.

Une disparition sans laisser de traces

Tiphaine Véron arrive à Tokyo le 27 juillet 2018. Cette Poitevine de 36 ans passionnée par la culture nipponne, a prévu de séjourner trois semaines dans le pays. Un voyage qu’elle a minutieusement préparé. Après avoir atterri à l’aéroport international, elle passe une première nuit dans la capitale japonaise. Dès le lendemain, elle se rend en train à Nikko. Elle doit rester deux jours dans cette ville touristique du nord-est du Japon.

Arrivée vers 16h à son hôtel, le Turtle Inn, elle envoie plusieurs photos par WhatsApp à sa famille. Le lendemain, 29 juillet, elle prend son petit déjeuner à l’hôtel comme l’attesteront cinq clients présents sur les lieux. Elle sort ensuite se balader malgré le mauvais temps en emportant seulement quelques affaires. Le 30 juillet, le directeur de l’établissement prévient la police. Tiphaine n’a pas réglé la note de sa chambre. Alertée dans la journée, l’ambassade de France prévient la famille de la jeune femme. Depuis, sa trace n’a jamais été retrouvée.

La piste criminelle délaissée par la police japonaise

La police s’est immédiatement penchée sur la thèse de l’accident. Mais elle délaissé la thèse criminelle, ce qui est en principe la règle en cas de disparition. Jean-François Abgrall, interrogé par nos confrères de L’Express, regrette à tout le moins que “l’enquête initiale japonaise ne répond pas à toutes les questions”. “Ce qui me dérange dans cette affaire, c’est qu’en cas d’accident, le corps est retrouvé tôt ou tard. Surtout dans un lieu touristique. Encore plus gênant, le bornage téléphonique a été perdu, ce qui peut être considéré comme une anomalie. Ou du moins comme un élément à surveiller en termes d’analyse criminelle”.

Pour le détective privé, il ne s’agit donc pas de mener une contre-enquête, mais d’apporter les éléments manquants pour compléter l’enquête en cours. “Les points qui n’ont pas été traités pourront faire l’objet d’investigations supplémentaires par les services de police locaux, demandées par voie diplomatique et via les accords internationaux”, insiste l’enquêteur. Outre le bornage téléphonique d’autres lacunes restent à combler, comme l’exploitation des images des caméras de surveillance. Des données qui n’ont pas, ou trop peu, été exploitées.

Jean-François Abgrall en collaboration avec un célèbre cabinet d’avocats parisiens

“La demande d’actes au juge d’instruction français a de vraies chances d’aboutir et devrait permettre, via une commission rogatoire, d’exprimer des requêtes précises auprès des autorités japonaises”, estime l’enquêteur.

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A peine saisie de l’affaire, sur laquelle il travaille en collaboration avec le cabinet de Me Antoine Vey, ancien associé d’Eric Dupont-Moretti, l’homme s’est donc mis au travail. Objectif: faire avancer une affaire qui mobilise depuis deux ans des associations de soutien, comme le comité Unis pour Tiphaine. Mais aussi des personnalités politiques ou médiatiques, tel le comédien Elie Semoun. Une aide morale et financière pour la famille de Tiphaine Veron qui a déjà investi 60.000 euros dans les voyages et les procédures.

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