vendredi , 18 juin 2021

L'écusson des analystes renseignement (Crédit photo:GT/L'Essor).
L'écusson des analystes renseignement (Crédit photo:GT/L'Essor).

La liste de courses de la sous-direction de l’anticipation opérationnelle

Le général de brigade Patrick Henry a profité d’une audition à l’Assemblée nationale pour glisser aux députés sa liste de courses.

Ainsi, le patron de la sous-direction de l’anticipation opérationnelle a plaidé pour des progrès dans l’interconnexion de fichiers de police. “Cette question vous concerne au premier chef puisqu’elle relève du champ législatif“, a signalé aux élus le chef du service de renseignement de la Gendarmerie. “Il y a encore beaucoup à faire, ajoute-t-il. Je constate que toutes les démocraties européennes qui nous entourent ont plus de capacités d’interconnexion des fichiers que nous n’en avons en France.”

Des progrès à faire

Concrètement, le général Patrick Henry souhaite l’interconnexion du fichier Hopsy et du FSPRT. Le premier liste les données relatives aux personnes ayant des antécédents psychiatriques d’une certaine gravité. Le second recense les personnes engagées dans un processus de radicalisation susceptibles de prendre part à des activités terroristes. “Un nombre substantiel d’attentats et de tentatives d’attentats ont été commis par des gens ayant de tels antécédents ou faisant l’objet d’un suivi actif dans ce domaine”, observe en effet Patrick Henry. Certes, ajoute aussitôt le haut gradé, il ne faut pas “tout mélanger”. Mais, remarque-t-il, “bon nombre de pays européens ont progressé en ce domaine. Il en va de la sécurité des policiers et des gendarmes lors des interventions”.

Le général suggère également des innovations en matière de reconnaissance faciale. Faute d’encadrement juridique, cette technologie reste pour le moment dans les placards. Ainsi, l’Intérieur s’était interrogé sur un ajout d’une brique de reconnaissance faciale dans le fichier Gipasp (Gestion de l’information et prévention des atteintes à la sécurité publique). Une disposition abandonnée suite aux réticences du Conseil d’Etat et de la Cnil, qui avaient pointé l’absence de base légale. Patrick Henry préconise en outre d’ouvrir les moyens juridiques et de renseignement, au-delà des terroristes islamiques, aux extrémistes violents.

Emploi plus difficile des réservistes

Enfin, le général remarque un effet indirect de la tuerie de la préfecture de police. L’affaire Harpon, explique-t-il, a eu pour conséquence “de durcir considérablement les conditions de sélection, de recrutement et d’emploi des agents des services de renseignement qu’ils soient d’active ou de réserve”. Résultat: l’emploi des réservistes est plus difficile. Les réservistes doivent par exemple avoir une habilitation secret défense dès le jour de l’entrée en fonction. “Cette procédure est très contraignante pour des réservistes qui viendront quelques jours par an”, observe Patrick Henry.

Lire aussi: Après le drame de la préfecture de police, la traque des personnels radicalisés

La sous-direction de l’anticipation opérationnelle compte une cinquantaine de personnes. Mais en tout, l’Arme décompte un peu plus de 500 gendarmes ayant reçu une formation spécifique au renseignement. En dehors de l’Institution, environ 500 gendarmes servent également dans des services de renseignement, essentiellement au service central de renseignement territorial (SCRT).

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