dimanche 27 septembre 2020
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La déclassification de ces documents permettra aux juges de poursuivre les inverstigations.
Le palais de justice de Paris (Crédit photo: GT/L'Essor).

Info L’Essor – Déclassification de documents sur deux très anciens attentats meurtriers à Paris

On pourrait parler d’archéologie terroriste. La justice va se pencher sur deux attentats meurtriers commis à Paris il y a des lustres. Des documents secret défense sur ces deux attentats viennent très récemment de se voir déclassifiés.

Le premier porte sur l’attentat de la rue des Rosiers il y a 38 ans. Le second sur l’attentat à la bombe perpétré à la station Port-Royal du RER B, il y aura bientôt 24 ans. Des documents inédits susceptibles d’apporter de nouveaux éléments dans ces deux dossiers. Selon les informations de L’Essor, les ministres des Armées et de l’Intérieur ont en effet décidé de déclassifier ces documents. En suivant deux avis favorables à ces déclassifications. Des avis rendus par la Commission du secret de la défense nationale (CSDN). Cette autorité administrative avait été saisie par l’Hôtel de Brienne et la Place Beauvau après les demandes des juges chargés de ces deux dossiers.

Lire aussi: Premières déclassifications en vue de documents DGSI et DGSE sur les attentats du 13 novembre 2015

La rue des Rosiers, le premier attentat de l’ère Mitterrand

Le premier dossier concerne donc l’attentat de la rue des Rosiers dans le quartier du Marais. Le 9 août 1982, au début du premier septennat de François Mitterrand, au moins deux terroristes pénètrent dans le restaurant de Jo Goldenberg, figure de la communauté juive. Ils tirent au pistolet-mitrailleur et lancent deux grenades. Bilan: six personnes tuées et une vingtaine d’autres blessées. La police impute ce massacre au groupe Abou Nidal, un mouvement dissident de l’OLP. Cet attentat ne sera toutefois pas revendiqué par le groupe Abou Nidal. Mais en 2018, le directeur de la DST de l’époque, Yves Bonnet, révèle qu’un accord verbal avait été conclu après l’attentat avec le groupe d’Abou Nidal. Celui-ci s’engage alors à ne plus commettre d’attentats en France, ses membres pouvant en échange continuer à venir dans l’Hexagone.

Les juges Régis Pierre, Jean-Marc Herbaut et Raphaëlle Agenie-Fecamp vont donc pouvoir consulter onze documents de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE). Des notes ou des télex de la DGSE, successeur du Service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece). Dix documents datés entre le 9 août et le 14 octobre 1982. Ainsi qu’un télex du 15 février 1994.

Une bonbonne de gaz bourrée d’explosif et de clous

Le second dossier porte sur l’attentat du 3 décembre 1996. Ce jour-là, une bonbonne de gaz bourrée d’explosif et de clous déposée dans une rame du RER B explose à la station de Port-Royal.  Bilan: quatre personnes tuées et près d’une centaine blessées. Un attentat jamais revendiqué. Et les auteurs jamais identifiés. Même si peu de temps après, une lettre du Groupe islamique armé (GIA) algérien avait été adressée à Jacques Chirac. Cette dernière réclamait au président français la libération d’un de leurs chefs emprisonné à Alger et condamné à mort.

Le juge Bertrand Grain pourra ainsi consulter une série de treize documents de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) datés de novembre 1995 à octobre 2018. Il s’agit de la première déclassification de documents secret défense dans cette affaire.

Les avis de la commission du secret pour la déclassification de documents

La CSDN rend, à la demande des autorités régaliennes (Elysée, Matignon, ministères des Armées, Intérieur…), des avis (favorables, défavorables, partiellement favorables) à la déclassification de documents secret défense. Des autorités auparavant saisies par des magistrats instructeurs qui souhaitent avoir accès à des documents classifiés pour éclairer leurs dossiers. Depuis sa création la CSDN a rendu quelque 350 avis, généralement suivis par les autorités concernées.

Lire aussi: Des documents secret défense sur une filière terroriste toulousaine bientôt déclassifiés

PMG

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