dimanche 27 septembre 2020
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Hyper Cacher: un trafiquant d’armes assure avoir été un indicateur des gendarmes

Amédy Coulibaly terroriste
Amédy Coulibaly (Photo fournie par la Police Nationale)

Par quels trafics et entre quelles mains ont transité les armes du tueur de l’Hyper Cacher Amédy Coulibaly?

L’enquête sur les attentats de janvier 2015 à Paris a conduit depuis lundi à une douzaine interpellations en France et en Belgique, dont celles de trafiquants d’armes présumés.

Un trafiquant présumé assure avoir été un indicateur des gendarmes de la section de recherches de Lille.
L’opération menée en France et en Belgique par la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la police judiciaire vise notamment un ex-douanier et des trafiquants d’armes présumés.

Parmi eux, Claude Hermant, 54 ans, ancien
mercenaire pendant la guerre en ex-Yougoslavie, proche des milieux de
l’extrême droite nordiste, a expliqué à l’AFP une source proche de l’enquête.
Actuellement interrogé en garde à vue, ainsi que sa femme, il a été extrait de la cellule où il est incarcéré pour un dossier de trafic d’armes instruit à Lille.
Les investigations sur les attaques jihadistes contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher ont montré que les armes de Coulibaly avaient été achetées parmi des dizaines d’autres par une société de l’épouse de Hermant, Seth Outdoor, entre juillet et novembre 2014.
D’après l’enquête, ces armes venues de Slovaquie et démilitarisées étaient passées par un intermédiaire en Belgique avant d’être revendues à Seth Outdoor.

Le couple avait déjà été interrogé en garde à vue en décembre 2015 sans être mis en examen.
Les enquêteurs cherchent à reconstituer le cheminement des armes parvenues à Coulibaly et à savoir comment elles ont été remilitarisées.
Quatre pistolets semi-automatiques Tokarev et un fusil d’assaut avaient été retrouvées dans sa planque à Gentilly et sur les lieux de la prise d’otages du supermarché casher de la porte de Vincennes le 9 janvier 2015.

“Mon client conteste toute implication” dans les attentats et “affirme avoir toujours agi, lorsqu’il a vendu les armes, avec le feu vert des gendarmes de la section de recherches de Lille. Il souhaite que tous les documents le concernant soient déclassifiés”, a déclaré à l’AFP son avocat, Yassine Bouzrou.

Au lendemain de l’assassinat d’une policière municipale à Montrouge, en banlieue parisienne, ce délinquant radicalisé avait surgi dans ce commerce, tuant quatre personnes, avant d’être abattu par les forces de l’ordre dans un assaut quasi-simultané avec celui mené contre les frères Kouachi, qui avaient attaqué Charlie Hebdo (12 morts) le 7 janvier.

Dans cette enquête, sept hommes, dont six sont écroués, ont été mis en examen, suspectés à des degrés divers d’avoir apporté une aide logistique à Coulibaly, mais tous nient avoir eu connaissance du projet d’attentat.

Claude Hermant assure avoir agi en tant qu’indicateur des douaniers et gendarmes

Dans l’affaire à Lille qui lui a valu d’être mis en examen, Claude Hermant avait déclaré en janvier 2015 aux enquêteurs avoir agi en tant qu’indicateur de douaniers et de gendarmes lors de ventes d’armes, mais ce rôle pose question, des témoins le présentant aussi comme un trafiquant à son compte.
“Les dernières actualités (…), ces événements horribles, je parle bien des attentats de Paris, ont fait tilt dans ma tête“, avait-il alors affirmé en garde à vue, selon une source proche du dossier.
En voyant les informations, et “notamment le type d’arme”, “j’ai pris conscience que ces armes citées” ont “pu être des armes que j’ai été amené à fournir” à un autre trafiquant présumé, Samir L., “une cible très intéressante” à qui il aurait remis “40 à 45 pièces“, avait-il expliqué devant les enquêteurs.
Claude Hermant assurait qu’il agissait en lien avec un service de gendarmerie, mais que n’ayant plus de nouvelles de ses agents traitants, il
avait “continué à travailler” avec ce trafiquant présumé.

“Toutes les livraisons d’armes faisaient l’objet d’une autorisation et d’une surveillance de la gendarmerie”, aurait dit  Claude Hermant aux enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (SDAT), le 15 décembre 2015 selon BFM

Toujours selon BFM, un adjudant-chef a reconnu devant des policiers que Claude Hermant,  était l’une de ses sources.

Mon client conteste toute implication” dans les attentats et “affirme avoir toujours agi, lorsqu’il a vendu les armes, avec le feu vert des gendarmes de la section de recherches de Lille. Il souhaite que tous les documents le concernant soient déclassifiés”, a déclaré à l’AFP son avocat, Yassine Bouzrou.

Lors de sa garde à vue fin 2015 à la Sdat, Hermant avait expliqué que Samir L. cherchait des armes pour des équipes montant aux braquages. Quelques jours après les attentats, “je lui ai posé la question: +Est-ce que tu as à voir avec ça?+ Il m’a répondu +Non. Vu les événements, je me mets au vert+”, avait raconté Hermant.
Samir L., mis en examen dans l’affaire de Lille, se trouvait en garde à vue mercredi, comme d’autres trafiquants présumés en lien avec Claude Hermant et eux aussi cités dans cette affaire de trafic d’armes.

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