L'Essor

Guadeloupe: un gendarme devant la cour d’assises pour le meurtre d’un Cagnois en 2018

Le palais de justice de Basse-Terre qui abrite la cour d'Appel de Basse-Terre, la cour d'assises de la Guadeloupe et le tribunal de Grande instance de Basse-terre Photo d'illustration (D.C/L'Essor).

Le procès du capitaine Romain D., ancien commandant de la brigade de Baie-Mahault, s’est ouvert hier devant la cour d’Assises de Basse-Terre, en Guadeloupe.

Ce jeune gendarme, âgé de 27 ans à l’époque des faits, doit répondre du meurtre de Yannick Locatelli, un Cagnois de 35 ans, soupçonné de cambriolages. Le 11 mars 2018, vers 21h, la victime a été criblée de balles près de son véhicule.

Ce soir-là, Romain D. et un de ses collègues planquent dans un véhicule banalisé près de la station-service de Dalciat, à Baie-Mahault. On leur a signalé qu’un suspect, auteur de plusieurs cambriolages dans le secteur, circule en voiture, une Peugeot 2008, avec une fausse plaque d’immatriculation. Après l’avoir repéré, l’officier prend la décision de l’appréhender lui-même sans attendre les renforts en train de se mettre en place aux abords de la station-service.

Recherché par les gendarmes de Guadeloupe

Selon le témoignage des militaires, la victime aurait refusé de se soumettre à leur contrôle et aurait foncé dans leur direction. Craignant pour sa vie, selon ses déclarations, Romain D.  a alors tiré à sept reprises avec son arme de service. Yannick Locatelli a succombé à deux tirs dans la poitrine. Recherché par le parquet de Grasse pour un trafic de stupéfiants, il s’était installé aux Antilles sous un faux nom. Les gendarmes de Guadeloupe le recherchaient pour plusieurs vols avec effraction commis à visage découvert.

Placé cinq jours en détention provisoire, Romain D. déclarera avoir agi en état de légitime défense, expliquant avoir visé le véhicule, jamais le malfaiteur. Une version des faits confirmée dans un premier temps par son collègue. Mais l’enquête, s’appuyant notamment sur des images d’une caméra de vidéosurveillance, va éclairer les circonstances du drame d’une manière différente. Selon Nice Matin, les images montrent en effet la Peugeot 2008 rouler en marche arrière alors que le gendarme vide son chargeur.

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Pendant les trois jours d’audience, la cour d’assises devra donc faire la lumière sur les deux thèses qui s’affrontent. Soit, la légitime défense selon l’accusé et l’homicide volontaire selon les parties civiles – les deux filles du défunt et sa veuve. Le deuxième militaire, qui est revenu sur son témoignage au cours de sa garde à vue, risque d’être un témoin clé au cours des débats. Le verdict est attendu mercredi.

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