vendredi 19 juillet 2019
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Le rassemblement des Gilets jaunes le samedi 1er décembre (Crédit photo: capture d'écran Euronews).
Le rassemblement des Gilets jaunes le samedi 1er décembre (Crédit photo: capture d'écran Euronews).

“Gilets jaunes”: premières condamnations après la manifestation du 1er décembre

139 personnes déférées au parquet de Paris, 111 gardes à vue prolongées et cinq audiences pour les comparutions immédiates. Après les scènes de violence et de pillage ce samedi 1er décembre, à Paris, la justice avait à cœur de montrer sa diligence. Mais alors que de nombreux policiers et gendarmes ont été blessés ce samedi, le bilan des interpellations est mitigé.

Ainsi, dans la 23-1e chambre correctionnelle, sept personnes sont jugées en comparution immédiates. Toutes, sauf une, ont été arrêtées en amont de la manifestation. C’est à la fois le signe de la capacité des forces de police d’arriver à mener à bien des filtrages préventifs en amont d’une manifestation. Mais cela montre également en creux toute la difficulté d’appréhender les auteurs de violences lors d’une manifestation.

“Pour se protéger”

Riad, un artisan de 42 ans venu de Toulon, a été arrêté vers 10h50 près de l’avenue des Ternes, dans le 17e arrondissement de la capitale. Il s’apprêtait à partir à la manifestation équipé de pied en cap, avec grenouillères, plastron et casque de moto. “Cela fait un peu tortue-ninja”, observe la présidente, la magistrate Isabelle Prévost-Desprez. “C’était pour me protéger”, assure l’ancien quartier-maître dans la Marine nationale, maçon à son compte depuis 2008.

Dans le coffre de la voiture qui l’a déposé près de l’avenue des Ternes, la police retrouvera un marteau. Impossible pour autant d’établir que ce maçon aux cheveux bouclés, dont la femme est enceinte, comptait bien utiliser cette arme de catégorie D. Le ministère public demande six mois d’emprisonnement avec sursis – elle obtiendra quatre mois avec sursis et l’interdiction de séjourner à Paris durant huit mois.

Maxime est parti lui de la banlieue sud avec quatre amis. Ce sont des trentenaires, “bien insérés socialement et professionnellement”, comme le relève la substitut du procureur Aude Groualle. Ces ouvriers, employés pour quatre d’entre eux chez l’industriel de l’aéronautique Safran, affichent des salaires d’environ 2250 euros. Mais ils peinent à boucler les fins de mois à force de jongler entre pensions pour les enfants et crédits à la consommation.

Des pétards pour “mettre un peu d’ambiance

Ce samedi, ils sont interpellés avenue des Ternes vers 10h30 alors qu’ils se partagent leur équipement. La police retrouvera sur eux de nombreux masques respiratoires, de plongée et des pétards. “On voulait les utiliser pour mettre un peu d’ambiance dans la rue, comme au 14-Juillet”, expliquera benoîtement Billy, un solide gaillard tatoué.

Les cinq hommes l’assurent : ils ne savaient pas que la manifestation avait déjà dégénéré. “Je me suis renseigné avant de partir, ils disaient que nous avions le droit de manifester sur les Champs-Elysées”, indiquera ainsi l’un d’entre eux. Ils écoperont de peines d’emprisonnement avec du sursis, sauf Geoffroy (trois mois ferme), en pleurs, déjà condamné pour un délit routier.

Steven a quant à lui été arrêté dans la soirée. Ce jeune homme originaire de la Nièvre est interpellé en possession d’un casque de vélo près de la rue du Faubourg-Saint-Honoré. Un objet ramassé, dit-il, à deux cent mètres du magasin pillé. “Pour moi, ce n’était pas un vol, admet-il, mais évidemment, ce n’était pas à moi.” Le jeune maçon est condamné à trois mois de prison avec sursis.

Gabriel Thierry

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