vendredi 6 décembre 2019
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Photo d'illustration (Crédit photo: Thomas Bresson/Flickr).
Photo d'illustration (Crédit photo: Thomas Bresson/Flickr).

Gilets jaunes : la prise d’otages des Français comme outil politique (tribune)

Les gendarmes sont là pour maintenir l’ordre, et il le font. Encore 39 blessés dans leurs rangs après les journées des 17 et 18 novembre. Ils obéissent aux consignes du gouvernement, détaillées au plan opérationnel par leur directeur général. Qu’importe donc qu’ils aient ou non de la sympathie pour ce mouvement. Sans doute partagent-ils l’opinion de la majorité de leurs concitoyens, d’ailleurs…

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La liberté d’aller et de venir fait partie des principes élémentaires qui fondent nos libertés publiques. Or ce droit, solennellement posé par la déclaration des droits de 1789, est chaque jour bafoué. Dans notre pays, tout mécontentement – particulier, catégoriel, local… – risque de dégénérer en manifestation. Jusque là tout irait encore bien si ces manifestations, presque toujours, ne venaient pas bloquer les routes, les ponts, les péages, et en ville, l’espace public. Voire les transports publics ou les services publics… Quand les casseurs ne viennent pas en rajouter, avec leurs violences….

Les citoyens sont pris en otage de toute manifestation. Quand les gilets jaunes crient “Macron démission !”, des milliers d’automobilistes attendent, plus ou moins patiemment,. Et ces preneurs d’otages – syndicalistes, agriculteurs, taxis, poids lourds ou gilets jaunes – tablent sur le fait que ce genre de prise d’otage fonctionne très souvent : le patron “lâche”, le gouvernement “cède”, le pouvoir “recule”… Le pouvoir a certainement fait une faute en augmentant massivement toutes les taxes sur le produits pétroliers. La colère légitime des gilets jaunes doit être entendue. Mais c’est au Parlement d’en débattre. A qui d’autre ? Qu’un débat soit rapidement organisé à l’Assemblée nationale. Que chacun prenne ses responsabilités. Que le Premier ministre redemande la confiance des députés. Et qu’on en profite pour légiférer aussi sur les excès de la liberté de manifester, quand elle remet en cause la liberté pour autrui d’aller et de venir.

Alain Dumait

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Un commentaire

  1. Pascal

    Le problème étant que 25% des électeurs ne sont pas représentés à l’assemblée nationale. Il s’agit donc d’une fausse démocratie et tout le monde commence à s’en apercevoir.

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