mardi 20 avril 2021
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Photo d'illustration (DC/L'Essor).
Photo d'illustration (DC/L'Essor).

Gendarmes tués à Saint-Just : un drame sans précédent depuis Fayaoué

Avec le décès de trois gendarmes tués par balles à Saint-Just dans le Puy-de-Dôme, la Gendarmerie a subi un drame d’une ampleur inédite depuis les années 80.

Quatre gendarmes tués à Ouvéa en 1988

“Il faut remonter à Ouvéa, qui a eu lieu dans des circonstance particulières”, rappelle le sociologue François Dieu. “Mais en sécurité publique, je n’ai pas souvenir d’un carnage pareil”.

Lire aussi : 29 ans après, pourquoi la tragédie d’Ouvéa ne doit jamais tomber dans l’oubli

A la fin des années 80, la Gendarmerie subit en effet la violente attaque de la brigade de Fayaoué, en Nouvelle-Calédonie. Le 22 avril 1988, un commando de 35 indépendantistes armés investit cette unité de l’île d’Ouvéa. Ils vont tuer quatre gendarmes et en blesser grièvement un cinquième. Le gendarme Edmond Dujardin, de la brigade de Fayaoué, ainsi que les gendarmes Daniel Leroy et Jean Zawadski, de l’escadron 2/5 de Villeneuve-d’Ascq, meurent le jour même. L’adjudant-chef Georges Moulié, de l’escadron d’Antibes, décède de ses blessures le 24 avril dans un hôpital de Sydney en Australie.

Le commando prend alors 27 gendarmes en otage et emporte leurs armes. 48 heures plus tard il relâche onze otages et emmène les 16 autres dans la grotte de Gossanah. Lors de leur libération, le 5 mai, 19 indépendantistes et deux soldats français sont tués.

Cinq morts, dont deux gendarmes en Bretagne en 1997

Plus proches de nous, seuls deux drames ont vu plusieurs gendarmes tués par des forcenés.

Le premier s’est déroulé en 1997 à Saint Didier, un village d’Ille-et-Vilaine. Un homme vient de blesser grièvement sa maîtresse et de tuer les parents et le frère de celle-ci. A leur arrivée, deux gendarmes de la brigade de Châteaubourg le voient avancer vers eux les mains nues. Soudain il se précipite vers un buisson où il récupère le fusil qu’il avait caché. Il tire et tue Didier Curot, 33 ans, et Thierry Esnault, 31 ans. Le forcené sera neutralisé par le commandant de la brigade, l’adjudant Gérard le Ber qui devra faire usage de son arme.

Deux femmes gendarmes tuées à Collobrières en 2012

Plus près de nous, le drame de Collobrières s’impose évidemment. Le 17 juin 2012, la maréchale des logis-cheffe Audrey Bertaut et l’adjudante Alicia Champlon tombent sous les balles d’un délinquant ultra violent.

Lire aussi: Tuerie de Collobrières, un chef face au drame

Les deux jeunes femmes, respectivement 35 et 28 ans, intervenaient sur un conflit de voisinage. Mais le responsable de ce différent, Abdallah Boumezaar, s’empare de l’arme de l’adjudante et lui tire une balle dans la tête. Il poursuit ensuite Alicia Champlon dans les rues de la commune avant de la tuer. La jeune femme recevra neuf balles dans le corps, certaines tirées à moins de vingt centimètres de distance.

Drames accidentels

Il arrive cependant que plusieurs gendarmes soient accidentellement tués dans l’exercice de leur mission.

Ainsi, le 25 janvier 2008, trois gendarmes de la brigade de Neufchâteau (Vosges), Philippe Régnier, Jérôme Bienfait et Bertrand Boyer, respectivement 22, 26 et 27 ans, poursuivent un fuyard au volant d’un véhicule volé. Celui-ci s’engage sur une voie ferrée malgré des barrières baissées. Un premier train le bloque. Les gendarmes tentent de lui venir en aide lorsqu’un train de fret survient. Il broie le véhicule du fuyard dont la carcasse fauche les militaires. Il n’y a aucun survivant.

Le dernier drame accidentel d’ampleur, date du 20 mai 2016, avec la mort de quatre gendarmes dans les Pyrénées lors du crash de leur hélicoptère. Les gendarmes participaient à une mission d’entraînement au secours en montagne dans le massif du Vignemale. L’hélicoptère récupérait cinq militaires déposés le matin même pour un entraînement. Après avoir embarqué deux d’entre eux, il avait décollé avant de s’engager dans un couloir étroit. Mais ses pales avaient alors heurté une paroi, avant de s’écraser 600 mètres plus bas, à environ 2.500 m d’altitude. Les quatre gendarmes, pères de familles et âgés de 43 à 49 ans, avaient tous péri.

Lire aussi: Pyrénées : l’accident d’hélicoptère de gendarmerie a été filmé

Parmi eux, deux membres d’équipage du détachement aérien de gendarmerie de Tarbes, le capitaine Jean Christophe Royer et le major Dominique Jamet, ainsi que deux secouristes du PGHM de Pierrefitte-Nestalas (Hautes-Pyrénées), l’adjudant-chef Christophe Cavaillès et l’adjudant-chef Lionel Loussalez-Artets.

MG

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3 Commentaires

  1. Hirondelle

    Il faut aussi rappeler le meurtre de deux gendarmes de la brigade de Chateaubourg (Ille et Vilaine) en août 1997. Ils intervenaient dans le cadre de violences intra familiales commises par un homme à l’encontre de sa maîtresse et de l’homicide des parents de cette dernière, comme de leur fils handicapé.

  2. Fred

    Qui se souvient d’Ouvea dans un monde qui zappe?
    https://youtu.be/-31MWllCbmY

    Le nickel provoque actuellement bien des remous, dont peu d’échos arrivent en métropole:
    https://www.capital.fr/economie-politique/nouvelle-caledonie-la-guerre-du-nickel-risque-de-couter-cher-au-contribuable-francais-1387124

    • Stéphane

      Prières pour nos héros partis trop tôt et dont nous n’oublierons jamais le sacrifice… Pensée à toutes les familles de gendarmes leur amis et collègues 🙏🙏🙏

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