lundi 28 septembre 2020
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Véhicules de gendarmerie et de police ( photo G.T l'Essor)

Les moyens matériels des forces de sécurité encore trop faibles selon un rapport sénatorial

Philippe Dominati (Photo L’Essor / décembre 2015).

L’effort sur les moyens matériels dans le projet de budget 2018 en police et gendarmerie est “toujours trop faible pour dissiper le risque de +paupérisation+“, s’inquiète un rapport sénatorial dévoilé par Le Figaro et dont l’AFP a eu connaissance lundi.

Dans ce rapport présenté le 15 novembre devant la commission des finances du Sénat, le sénateur (LR) Philippe Dominati estime que la politique d’augmentation des effectifs dans les deux forces engagée sous le précédent quinquennat et poursuivie par l’actuel gouvernement, “ne permet pas de garantir la capacité opérationnelle des policiers et gendarmes“.

Quelque 8.837 équivalents temps plein (ETP) ont été créés dans la police et la gendarmerie entre les 31 décembre 2013 et 2017, avant qu’Emmanuel Macron ne s’engage à créer 10.000 postes dans les deux forces au cours de la période 2018/2022.

Selon Philippe Dominati, les recrutements se font “au détriment” des dépenses d’investissement et de fonctionnement dans le total des crédits qui doivent augmenter de 1,34%, selon le projet de budget 2018 de la mission “sécurités“.

Sans en critiquer le principe compte tenu de la situation sécuritaire liée à la menace terroriste, Philippe Dominati considère que les hausses d’effectifs déséquilibrent le budget de la police et de la gendarmerie puisque la “part des dépenses de personnel au sein des deux programmes a atteint un niveau critique de 86,77 % en 2017“, quasi-stable pour 2018.

Ainsi, en dépit d’une “légère hausse” des dépenses de fonctionnement et d’investissement, le sénateur considère que les marges de manœuvre budgétaires de la gendarmerie sont “toujours très limitées“.

Pour la police, si le sénateur relève “une forte augmentation” des dépenses de fonctionnement des bâtiments, il épingle l’insuffisance de la formation continue, des crédits d’équipement – notamment l’accès aux munitions – ou encore “l’augmentation continue de l’âge moyen des véhicules” passé de 4 ans et 10 mois en 2010 à 6 ans et 9 mois en 2017.

Dans son rapport, Philippe Dominati se montre en outre dubitatif sur la mise en place de la police de sécurité du quotidien qui “ne s’accompagne d’aucun volet budgétaire et devrait donc s’appuyer sur les moyens existants”. Il insiste enfin sur “l’absolue nécessité d’éradiquer les tâches indues, qui mobilisent l’équivalent de plus de 6.000 équivalent temps plein travaillés“.

Le sénateur évoque aussi les  “tâches indues qui continuent à peser lourdement sur les forces de l’ordre : les extractions judiciaires sont toujours réalisées par les policiers ou les gendarmes. Depuis trois ans, on nous parle de transferts d’emplois mais les magistrats continuent à réquisitionner les forces de l’ordre, ce qui représente 16 000 ETPT. D’autres tâches indues sont à la charge des forces de l’ordre : procurations, personnel administratif…”

Les crédits de la mission “Sécurités” seront examinés par le Sénat en séance publique le 5 décembre.

Avec AFP

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