vendredi 25 septembre 2020
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Un gendarme et un policier à l'entrée du ministère de l'Intérieur (MG/L'Essor).
Un gendarme et un policier à l'entrée du ministère de l'Intérieur (MG/L'Essor).

Pourquoi la fusion entre la Police et la Gendarmerie n’a pas eu lieu

Frédéric Ocqueteau (Crédit photo: DR)

Ce n’est pour l’instant qu’une étude, avant la publication prévue d’un ouvrage plus conséquent. Le sociologue Frédéric Ocqueteau, spécialiste de la sécurité, s’est penché l’histoire « d’un essai non transformé »: la fusion de la Police et de la Gendarmerie. Depuis la décision de Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, en 2009, ces deux forces cohabitent dans la même maison Place Beauvau.

« Je vois bien des convergences historiques de plus en plus précises, relativise Frédéric Ocqueteau. Mais je n’ai jamais cru que les normes supranationales pousseront un système français profondément divisé entre ces deux forces à une convergence pour un jour avoir une force civile. »

Provocateur dans son titre, son travail n’en n’est pas moins éclairant. Dans ce document de 153 pages, publié en juillet 2017, le chercheur raconte comment, en étudiant la mise en place du code de déontologie commun en 2013, il en est venu à s’interroger sur le rapprochement des deux maisons. En questionnant le contexte « souterrain et public » de l’apparition du nouveau code de déontologie, Frédéric Ocqueteau, déjà auteur de nombreux articles sur la sécurité privée ou l’organisation policière, met en perspective le rapprochement progressif des deux forces.

« La réforme historique du rattachement de la Gendarmerie au ministère de l’Intérieur, voulue par le politique en 2009, a été largement facilitée par des réflexions et des dispositifs antérieurs constamment orientés vers une même pente : sauvegarder la logique du modèle dualiste institutionnalisé », remarque le sociologue.

Le rapprochement progressif des deux forces, rappelle également Frédéric Ocqueteau, est « une vieille histoire d’avancées et de reculs successifs sur trente ans : elle fut avant tout logistique, opérationnelle, institutionnelle ». Et le sociologue de souligner que « la dimension qui a résisté le plus longtemps au rapprochement fut indéniablement identitaire, un abcès de fixation sur la démarcation du vécu professionnel au sein des deux métiers ». « La résistance obstinée de la Gendarmerie explique les raisons pour lesquelles le spectre de sa fusion dans une police civile unique ne prendra pas racine en France avant longtemps », conclut Frédéric Ocqueteau.

Fusionner Police et Gendarmerie nationales? Sur l’histoire d’un essai non transformé

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