jeudi 24 septembre 2020
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Cours généraux, marche au pas, habillement, connaissance des grades,...L'Ecole de Gendarmerie vise à parfaire toutes ces connaissances théoriques et pratiques. Crédit : M.Guyot/Essor.
Cours généraux, marche au pas, habillement, connaissance des grades,...L'école de Gendarmerie vise à acquérir toutes ces connaissances théoriques et pratiques avant l'affectation des élèves en brigades. (Photo d'illustration/ M.Guyot/Essor).

Forces de l’ordre : un rapport valide la création de près de 9.000 postes depuis 2013

Au cœur d’un âpre débat entre gouvernement et opposition, les effectifs dans la police et la gendarmerie auront augmenté entre 2013 et la fin 2017 de près de 9.000 postes, selon un rapport qui tombe à pic pour défendre le bilan sécuritaire de François Hollande.

Rédigé conjointement par l’inspection générale de l’administration (IGA) et celle des finances (IGF), le rapport affirme que “ce sont 8.837 emplois supplémentaires qui auront été créés au 31 décembre 2017, conformément à la somme des engagements pris pendant le quinquennat“.

Bruno Le Roux, ministre de l'Intérieur (photo d'illustration (M.G L'Essor).
Bruno Le Roux, ministre de l’Intérieur (Photo d’illustration/M.G L’Essor).

Le nombre d’emplois créés, tant pour la police que pour la gendarmerie, a constamment été contesté par l’opposition ces dernières années afin de masquer les effets destructeurs de leur politique. Ces chiffres démontrent de quel côté se trouve le sens des responsabilités en matière de sécurité et coupent court aux polémiques“, s’est félicité le ministre de l’Intérieur, Bruno Le Roux, ajoutant que “l’année 2017 sera celle où la vague de recrutements, réalisée en 2016, produira ses effets sur le terrain“.

En novembre 2016, l’ex-ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, avait annoncé le lancement de ce rapport d’inspection destiné à contrer “la manipulation et le mensonge” de l’opposition qui conteste régulièrement la réalité des 9.000 créations d’emplois de gendarmes et policiers entre 2012 et 2017, à l’image du député LR des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti. “Les effectifs de sécurité sont loin d’avoir augmenté comme on le dit. La Cour des comptes a révélé qu’à la fin 2015, il y avait 875 policiers et gendarmes de moins qu’en 2011. Les 9.000 effectifs de plus annoncés sur cinq ans sont un mensonge grossier“, avait ainsi fustigé le député, dans une interview au Figaro.

+3.188 emplois pour la gendarmerie entre 2013 et 2017

Selon le rapport des deux inspections, les soldes nets cumulés des schémas d’emplois s’élèvent à +5.649 équivalents temps plein (ETP) pour la police nationale, entre 2013 et 2017 et +3.188 pour la gendarmerie au cours de la même période.

Pour l’ensemble des forces de sécurité, 6.551 postes ont été créés entre 2013 et 2016 et 2.286 créations de postes sont prévues au budget 2017, soit un total de 8.837 ETP.

Selon l’entourage du ministre, les effectifs recrutés sont principalement affectés “là où il y en a besoin“, en région parisienne et plus particulièrement à Paris et dans les départements de la petite couronne. “L’année 2017, désormais entamée, sera a minima marquée par les effets pleins des recrutements importants réalisés en 2016 et par les nouvelles entrées prévues par la loi de finances initiale“, indique le rapport.

Plans de renfort

Selon le document, les plans de renfort (plan de lutte antiterrorisme [PLAT], pacte de sécurité [PDS] et plan de lutte contre l’immigration clandestine [PLIC]) entre 2015 et 2017, “ont prioritairement bénéficié aux services spécialisés (renseignement, police judiciaire, immigration)“.

Ainsi près de 1.000 ETP ont été créés dans les services de renseignement, notamment au sein de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), du service central du renseignement territorial (RT) et de la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris. “La mise en oeuvre des plans de renfort s’appuie à la fois sur des mutations +profilées+ au sein des forces de sécurité et sur des recrutements au sein des écoles“, note le rapport.

De la théorie à la pratique pour les élèves de la deuxième promotion. Ici, une vérification en règle du déchargement de l'arme à l'aide d'un "tube à sable". Crédit : M.Guyot/Essor.
A l’Ecole de gendarmerie de Dijon (Photo d’illustration/ M.Guyot/Essor).

Les auteurs du rapport saluent également “la mobilisation exceptionnelle” des appareils de recrutement et de formation de la police nationale et de la gendarmerie. Cet effort a notamment été rendu possible par une réduction de la durée de formation “en école” en gendarmerie comme en police où elle est passée de 12 à environ 10 mois.

Les effectifs en école de formation sont passés de 13.000 en 2013 à 25.000 en 2016. Face au “défi” du recrutement, les deux forces de sécurité sont allées prioritairement chercher dans les viviers des adjoints de sécurité (ADS) pour la police et les adjoints volontaires pour la gendarmerie.

Il reste encore à faire“, indique un haut-fonctionnaire qui espère un “consensus républicain” sur la question des effectifs pour le prochain quinquennat. La plupart des candidats ont déjà acté a minima une sanctuarisation des moyens des forces de sécurité, voire une nouvelle campagne de recrutements massifs.

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