lundi 21 septembre 2020
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FIC 2014 : la lutte difficile contre les contenus illégaux sur internet

Images pédopornographiques, jeux illégaux en ligne, tweets racistes ou homophobes: les contenus illicites prospèrent sur internet mais malgré l’inquiétude qu’ils suscitent, les enquêteurs peinent à dissuader les cyber-délinquants. Un indice de cette propagation, le nombre en hausse des contenus illégaux recensés par la plateforme de signalement Pharos (www.internet-signalement.gouv.fr), qui est passé de 78.000 en 2010 à 123.987 en 2013.

Du sac Chanel aux drogues de synthèse, la Toile regorge de sites illégaux, qui vont jusqu’à garantir l’anonymat de l’acheteur grâce à des logiciels pour compliquer la tâche des enquêteurs. Le cyber-délinquant peut également se cacher sous les traits d’une connaissance pour ternir la réputation d’une camarade. “Dans le cas où l’auteur est connu, et a fortiori s’il est mineur, une convocation au commissariat suffit à arrêter le harcèlement et le fichier est retiré après médiation”, explique Jean-François Masselis, directeur d’un service intercommunal d’aide aux victimes et de médiation. “Encore faut-il que les victimes déposent plainte”, ajoute-t-il, en marge du Forum international de la cybersécurité (FIC).

“On ne va pas lancer une commission rogatoire à tout bout de champ”

“Le problème, c’est que les hébergeurs, souvent domiciliés à l’étranger, refusent de répondre aux réquisitions des enquêteurs et qu’on ne va pas lancer une commission rogatoire à tout bout de champ”, résume le colonel Eric Freyssinet, chef de la division de lutte contre la cybercriminalité de la Gendarmerie nationale.

De plus, une infraction en France ne l’est pas forcément dans un autre pays, à l’instar des propos racistes condamnés en France et autorisés aux États-Unis, où la liberté d’expression est totale. Le problème se pose aussi dans la lutte contre les drogues de synthèse qui ne sont pas classées comme stupéfiants partout. “Une coopération internationale est cruciale, avec en ligne de mire l’harmonisation des infractions”, estime Patrick Pégeot, chargé de mission à la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie.

“Il ne faut pas tout judiciariser”

Policiers, gendarmes et des autorités administratives comme l’Autorité de régulation des jeux en ligne obtiennent chaque année la fermeture de dizaines de sites hébergeant des contenus illégaux. Mais à chaque fermeture, la tête de l’hydre repousse. “Il ne faut pas tout judiciariser. Ce n’est pas aux gendarmes et aux policiers de régler le problème des contenus illicites, c’est un problème collectif”, estime le colonel Freyssinet.

Le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a d’ailleurs salué mardi les engagements pris par Twitter pour lutter contre les messages racistes. Selon lui, le réseau social s’est engagé à supprimer l’affichage des contenus prohibés par la France et à communiquer les données sur simple réquisition dans les affaires d’une particulière gravité.

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