mardi 13 avril 2021
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l'homme harcelait les gendarmes pour leur orientation sexuelle notamment sur Facebook (Photo: Flickr).
l'homme harcelait les gendarmes pour leur orientation sexuelle notamment sur Facebook (Photo: Flickr).

Evreux: prison ferme pour avoir harcelé des gendarmes en raison de leur orientation sexuelle

Au tribunal judiciaire d’Evreux, il a brillé par son absence. Jean-Mikaël V., un habitant de Louviers, dans l’Eure, était convoqué le 30 mars pour répondre à des faits d’usurpations d’identité et d’outrages à ses victimes en raison de leur orientation sexuelle.

Pendant plusieurs mois, ce cuisinier de 36 ans a harcelé par courrier postal ou en utilisant les réseaux sociaux près de 50 personnes, dont une immense majorité de gendarmes. Pas moins de 46 gendarmeries de l’Hexagone ont ainsi reçu des courriers homophobes et insultants. Exemple: “Alors là, préparez tous votre cul, bande de petits pédés“. Un texte envoyé avec des photos d’illustration pornographiques.

L’une des causes du suicide d’un gendarme en 2017

C’est en août 2015 qu’un gendarme réserviste de la brigade des Andelys porte plainte pour harcèlement sur Facebook. L’individu à l’origine de ces messages insultants sera même repéré un matin devant le domicile du réserviste avec des photos pornographiques qu’il projetait de mettre dans sa boîte aux lettres. L’affaire ira loin et se dénouera de manière dramatique. Selon les éléments décrits à l’audience par l’AFP, ce harcèlement en raison de l’orientation sexuelle sera l’une des causes en 2017 du suicide du mari du réserviste, alors militaire à la BA 105 d’Évreux.

Malgré sa prudence – 14 cartes SIM différentes utilisées – l’homme finira par être géolocalisé par les enquêteurs. Et c’est bien lui qui se cachait derrière les faux profils Facebook qui lui servaient à accomplir ses forfaits.

Lire aussi: Le sport associatif : l’autre engagement de certains gendarmes

Difficile d’en savoir davantage sur les motivations du prévenu qui ne s’est pas présenté à l’audience. Ce dernier s’est d’ailleurs soustrait à toutes les expertises psychiatriques. Un rapport d’un psychologue, lu au tribunal, évoque cependant de forts troubles narcissiques. L’auteur des faits, qui “se présente comme une victime”, présente des risques de récidives, précise le rapport. Le tribunal en tiendra compte. La partie civile, composée de deux hommes et deux femmes gendarmes réclamaient près 25.000 euros de dommages et intérêts. Le prévenu devra leur verser 16.000 euros. Il écope par ailleurs de deux ans de prison, dont une peine de dix-huit mois ferme. 

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Un commentaire

  1. Desbois

    La bonne lignée de l’individu courageux qui a agi de la sorte et qui ne se présente pas au tribunal ; retenons quand même une chose, c’est qu’il est cuisinier ; c’est utile en maison d’arrêt …il n’y a jamais assez de mains pour éplucher des pommes de terre….

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