mercredi 28 octobre 2020
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Justice (Photo Matthieu GUYOT/Essor)
(Photo/MG/Essor).

Espionnage chez Renault : la DCRI visée par une plainte pour faux

L’avocat d’un ex-reponsable sécurité de Renault a indiqué mercredi avoir déposé plainte contre la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) pour “faux en écritures publiques” auprès du tribunal de Nanterre, confirmant une information du site M6info. “Le but de ces faux était de montrer que mon client fréquentait des voyous”, avance Me Jean-Paul Baduel, avocat de Dominique Gevrey, mis en examen dans l’affaire de faux espionnage chez le constructeur français.

M. Gevrey est soupçonné d’avoir contribué à une escroquerie au renseignement en faisant accuser à tort d’espionnage industriel trois cadres de Renault, qui avaient été licenciés avant d’être innocentés. Une demi-douzaine de documents concentrés principalement dans un procès-verbal rédigé en août 2011 et concernant des écoutes téléphoniques des connaissances de M. Gevrey sont pointés du doigts par l’avocat. “Il y a des curieuses attributions de casiers judiciaires parfois plutôt remplis”, observe ironiquement Me Baduel.

Deux fonctionnaires, l’un travaillant au ministère de Finances et l’autre lié au ministère de la Culture, sont ainsi prétendument les auteurs de “menaces et atteintes aux personnes” pour le premier ou encore “port d’armes illégal” pour le second. Toutefois, leur casier judiciaire ne porte pas mention de ces infractions, selon l’avocat. Un troisième homme, Patrick Monange, syndicaliste FO chez Renault, se voit également attribuer une infraction, incompatible avec les fonctions prud’hommales qu’il exerce, indique Me Baduel. “En tant que conseiller prudhommal, je ne pouvais pas avoir de casier judiciaire (…) c’est une attaque à mon intégrité personnelle et syndicale”, confirme le secrétaire FO, joint par M6Info.

Me Baduel poursuit l’évocation d’imprécisions concernant d’autres connaissances de M. Gevrey, ainsi qu’un procès-verbal comportant des problèmes de date. “Soit ils sont particulièrement mauvais à la DCRI, mais je n’arrive pas à y croire, soit ces éléments ont sciemment été mis dans la procédure”, s’insurge-t-il. Trois officiers de Police judiciaire et un agent de Police judiciaire sont ainsi concernés par le dépôt de plainte.

Le faux en écriture publique est passible de dix ans de prisons et 150.000 euros d’amende, quinze ans et 225.000 d’amende si le faux est commis par une personne dépositaire de l’autorité publique.

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