lundi 28 septembre 2020
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Le ministère de la justice (Photo d'illustration L'Essor).
Le ministère de la justice (Photo d'illustration L'Essor).

Écoutes judiciaires : pas de discussions sur un retour vers des prestataires privés

Le ministère de la Justice a fait savoir samedi qu’il n’y avait pas de “discussions en cours” pour un éventuel retour à des prestataires privés en matière d’écoutes judiciaires, malgré les critiques contre la PNIJ, la “super plateforme” devant centraliser les interceptions au niveau national.

“La question qui se pose est la généralisation progressive de la PNIJ”, la plateforme nationale des interceptions judiciaires, fait-on savoir à la Chancellerie. Le recours à des prestataires privés va donc “se retreindre peu à peu”, assure-t-on au ministère.

Le déploiement de la PNIJ, dont les dysfonctionnements sont sévèrement critiqués par les enquêteurs et les magistrats, a pris du retard.

Un décret passé entre Noël et Nouvel An reporte ainsi d’un an, au 31 décembre 2017, l’extinction du système appelé à laisser la place à la PNIJ. Selon la Chancellerie, le texte ne fait qu’acter le déploiement progressif de la plateforme, déjà annoncé. Le ministère assure aussi que la prévision d’une économie de 35 millions d’euros en 2017 sur les crédits consacrés aux interceptions judiciaires sera tenue, et estime que depuis son entrée en “plein fonctionnement” en juin dernier, la PNIJ a “déjà permis une économie de 12 millions d’euros”.

En novembre, deux syndicats majoritaires chez les cadres de la police (SCSI) et chez les magistrats (USM) avaient pourtant écrit au groupe Thales, opérateur de la PNIJ, pour protester contre les ratés du système, qualifié de “véritable fiasco”, notamment en raison de “bugs, coupures, pertes de données”. “C’est un immense gâchis et le fait de recourir de nouveau à l’ancien dispositif peut laisser penser que la PNIJ ne sera jamais opérationnelle”, regrettait encore samedi une source policière.

Le groupe Thales, interrogé par l’AFP, a fait valoir que “la montée du risque, en particulier terroriste” et “l’arrivée de nouvelles technologies de communication, qui entraîne une explosion du volume d’information à traiter” avaient fait évoluer “considérablement” les besoins auxquels la PNIJ fait face. L’entreprise estime qu’en l’état la plateforme “assure d’ores et déjà un service sans commune mesure avec les systèmes pré-existants, apportant en particulier” un “gain majeur d’efficacité”, “un contrôle du respect scrupuleux des procédures” et “une garantie de la protection des données individuelles et plus généralement du respect des libertés publiques jusqu’ici sans égal”.

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