mardi 22 septembre 2020
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Stylos à insuline modernes munis de leurs aiguilles et armés (Photo : travail personnel/Wikipedia).
Stylos à insuline modernes munis de leurs aiguilles et armés (Photo : travail personnel/Wikipedia).

Discrimination liée au diabète : le témoignage d’un ancien gendarme

Yoann, 30 ans, “a très mal vécu l’obligation de rendre son arme, de retirer son insigne de gendarme et de ne plus pouvoir sortir de la caserne sur les horaires de travail”. A l’occasion de la journée mondiale du diabète, le 14 novembre, Relaxnews a interrogé cet ancien militaire diabétique dont le témoignage jette une lumière crue sur les discriminations subies par les personnes atteintes par cette maladie qui se caractérise par une hyperglycémie chronique. Elle touche 4 millions de Français.

Déclaré inapte à exercer son travail

“À l’époque, j’étais gendarme motocycliste depuis dix ans. Après un séjour à l’hôpital, j’ai dû me rendre à une visite médicale auprès du médecin militaire (…). J’ai été déclaré inapte à exercer mon travail. À partir de là, on m’a retiré mon arme et mon véhicule et j’ai été confiné à la caserne. J’ai été mis au placard, je n’avais plus de perspectives d’évolution. Ma carrière était brisée”… Le jeune homme vient de faire connaissance avec le Sigycop. Ce règlement datant des années 50 interdit aux diabétiques d’exercer les métiers se rapportant à la protection de la personne.

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Ma hiérarchie, elle, était désolée pour moi. Elle ne pouvait pas faire grand-chose d’un gendarme désarmé. Ils ne voulaient pas se séparer de moi, mais ils n’avaient pas beaucoup de postes à me proposer. J’avais 29 ans, je ne me voyais pas passer toute ma vie au placard”, témoigne celui qui a depuis quitté la Gendarmerie pour devenir inspecteur du recouvrement à l’Ursaff. Une reconversion où il trouve son bonheur mais qui lui laisse un goût d’inachevé.

Diabète : la législation évolue dans d’autres pays

De fait, d’autres pays ont su faire évoluer leur législation, explique le HuffPost. Au Canada et en Grande-Bretagne par exemple, les diabétiques peuvent piloter des avions, à condition d’être toujours deux dans la cabine. En Espagne, l’armée, la police et les pompiers se sont ouverts à ces personnes. Selon le site Doctissimo, les patients bénéficient aujourd’hui de nouvelles technologies de surveillance et de soin, comme les pompes à insuline et la mesure en continu du glucose, qui permettent d’anticiper et de surmonter leurs crises d’hyperglicémie.

Rien de tel en France même si les choses bougent. Ainsi, la Fédération française des diabétiques a lancé le 17 octobre une pétition destinée à mettre fin aux discriminations professionnelles faites à l’encontre des diabétiques. Elle a récolté pour l’instant 24 000 signatures. 

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2 Commentaires

  1. Heller

    diabétique alors que j’étais gendarme mobile donc interdit de M.O mon capitaine m’a garde 2ans au dépôt puis muté en école ou j’ai terminé adjudant chef là maladie a brisé ma carrière de mobile mais quand on veut on peut

    • Yoann

      Quand on veut on peut, sous réserve qu’exercer avec de nombreuses contraintes professionnelles, de mutation, d’évolution de carrière s’accordent avec une vocation initiale à servir sur le terrain plutôt que dans une école où un secrétariat.
      Aucun jugement de ma part, seulement nous avons tous nos propres ambitions et besoins familiaux.

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