mercredi 12 mai 2021
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Le lieu de la tuerie de Saint-Just, où sont mort trois gendarmes de la compagnie d'Ambert (Crédit photo: capture d'écran BFM TV).
Le lieu de la tuerie de Saint-Just, où sont mort trois gendarmes de la compagnie d'Ambert (Crédit photo: capture d'écran BFM TV).

Deux mois après, les blessures toujours vives des gendarmes d’Ambert

Deux mois après le drame de Saint-Just, l’enquête se poursuit, tandis que les gendarmes d’Ambert tentent avec courage de surmonter cette épreuve.

Les gendarmes d’Ambert, dans le Puy-de-Dôme, pansent toujours leurs plaies, plus de deux mois après la tuerie de Saint-Just. Ce 22 décembre, trois gendarmes, Arno, Cyrille et Rémi, laissaient leur vie, fauchés par un forcené. Avec un quatrième, quant à lui blessé, ils se rendaient au secours d’une femme menacée par son conjoint. Un drame qui a fortement ému. Selon nos informations, chaque jour, une poignée de cartes postales, souvent sans adresse d’expéditeur, arrivent à la compagnie pour soutenir les gendarmes dans cette épreuve. Dans ce département rural, l’épreuve, sans précédent dans la Gendarmerie depuis Fayaoué, a rapproché les militaires de la population.

Cyrille Morel, Rémi Dupuis et Arno Mavel, les trois gendarmes tués par un forcené à Saint-Just, dans le Puy-de-Dôme, mercredi 23 décembre 2020. (Photos: DR - Linkedin et Facebook)
Cyrille Morel, Rémi Dupuis et Arno Mavel, les trois gendarmes tués par un forcené à Saint-Just, dans le Puy-de-Dôme, mercredi 23 décembre 2020. (Photos: DR – Linkedin et Facebook – Montage L’Essor)

Lire aussi: Gendarmes tués à Saint-Just : un drame sans précédent depuis Fayaoué

“Tous les jours on pense à eux”, rappelle le patron des gendarmes d’Ambert

“Tous les jours on pense à eux, tous les jours on parle d’eux, ils nous aident à continuer notre mission journalière, notre mission au quotidien, pour être encore plus forts qu’avant”, résume Fabrice Touioui, le commandant de la compagnie de gendarmerie d’Ambert. “Depuis cette tragédie nous avons, à deux reprises, sauvé des personnes: un skieur qui était perdu dans la montagne de nuit et un forcené qui souhaitait mettre fin à ses jours. Et nous avons sauvé ces deux personnes, poursuit le patron des gendarmes d’Ambert au micro de France Bleu. Ces deux sauvetages constituent aussi un remède pour nous.”

Très touchés, les gendarmes d’Albert ont cependant tenu à poursuivre leur travail. Ainsi, aucun militaire n’a souhaité demander d’arrêt maladie. “Le travail c’est ce qui les fait avancer, ils se retrouvent en groupe, ils sont vraiment une équipe très, très soudée, souligne Fabrice Touioui. Les familles également, et ça leur permet d’avancer dans le bon sens. Il faut être extrêmement vigilants.”

Lire aussi: Arno, Rémi et Cyrille: qui sont les trois gendarmes tués par le forcené du Puy-de-Dôme?

L’enquête pénale, suivie par le parquet de Clermont-Ferrand, est toujours en cours. Une conférence de presse devrait avoir lieu la semaine prochaine pour faire le point sur l’enquête. L’auteur de la tuerie ayant été retrouvé mort dans son véhicule, les gendarmes de la section de recherches de Clermont-Ferrand recherchent désormais d’éventuels complices. Ils regarderont de près la question des armes. Frederik Limol était équipé d’un fusil d’assaut AR-15, doté d’une lunette à vision nocturne. Selon Le Monde, il avait obtenu en 2017 un avis favorable de son club de tir pour acquérir des armes de catégories B. Soit trois pistolets Glock et deux fusils AR-15.

Le retour d’expérience dévoilé

La Gendarmerie a, elle, déjà commencé à tirer les leçons du drame. Si la réforme de la professionnalisation des Psig est déjà connue –une réponse au manque d’équipement et de formation des premiers intervenants pointé en interne–, un site d’information local, Lengadoc-info.com, a également dévoilé les grandes lignes du rapport de la cellule nationale de retour d’expérience. Une image tirée du rapport, une carte utilisée par l’Arme, laisse à penser que le document à diffusion restreinte a bien fuité en dehors de la Gendarmerie. Contactée, la direction générale n’a pas répondu à nos questions sur l’authenticité de ce document.

Lire aussi: Le général Rodriguez veut professionnaliser les Psig

Selon Lengadoc-info.com, le rapport de retour d’expérience préconise également un meilleur accès au fichier des détenteurs d’armes à feu (sportives ou de chasse). Et ce afin d’évaluer la potentialité des risques d’une intervention. De même, la Gendarmerie souhaitait surveiller de plus près la mouvance survivaliste. “De nouvelles formes de violence et de radicalité se sont développées, en particulier autour du survivalisme, qui se nourrit des théories complotistes, expliquerait le rapport. Ses adeptes sont organisés notamment, autour de la création d’un lieu de retraite clandestin ou défendable, favorisant le stockage de nourriture et d’équipements divers, mais aussi, d’armes de défense ou de chasse, de stocks de munitions et s’équipent de matériels militaires performants. Ils comptent de plus en plus d’adeptes, s’implantent surtout dans des zones rurales reculées de nos territoires.”

Pas de réseau téléphonique

Un autre point devrait enfin, selon nos informations, être regardé de près par les gendarmes. A Saint-Just, les premiers gendarmes se sont retrouvés bien en peine avec le réseau téléphonique. Seules leurs vénérables radios Gendarmerie leur permettaient de communiquer efficacement. Un point important pour les équipes sur le terrain qui a été remonté à l’attention de la direction générale. Et qui est tout sauf anodin, alors que le marché de la téléphonie du futur est en cours d’étude au ministère de l’Intérieur.

Lire aussi: L’Intérieur lance la compétition pour la 4G des gendarmes

GT

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Un commentaire

  1. Desbois

    Une grosse pensée aux familles endeuillées d’Arno, Rémi et Cyrille.
    Grosse pensée au militaire blessé.
    Pensée à tous leurs collègues et amis proches.
    Ce drame n’est pas prêt d’être oublié.
    Cela montre encore une fois (hélas) que tous les Gendarmes et Policiers qui interviennent chaque jour se trouvent toujours être des cibles, même pour une intervention que l’on pourrait éventuellement considérer comme banale. Et c’est le quotidien de ces Hommes et Femmes que l’on salue bien souvent quand un drame arrive.
    Ne l’oublions pas.
    N’oublions pas ces 4 militaires qui se sont donnés pour leur Arme, pour la protection du concitoyen, pour leur pays !
    Chapeau bas et respect.

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