lundi 21 septembre 2020
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Didier Sonnois, ancien commandant d'une unité de recherche de la Gendarmerie maritime, présente à des étudiants l'analyse d'une scène de crime. (Photo: ©Forensic Consulting France)
Didier Sonnois, ancien commandant d'une unité de recherche de la Gendarmerie maritime, présente à des étudiants l'analyse d'une scène de crime. (Photo: ©Forensic Consulting France)

Deux anciens gendarmes lancent la première formation supérieure en criminalistique

Pour la première fois en France, une formation supérieure en criminalistique ouvrira ses portes en août 2020 à Lorient sur le Campus Saint Joseph-La Salle. Initiée par deux anciens gendarmes, elle permettra d’obtenir un diplôme de niveau Bac+3 en sciences forensiques.

Unique en France

Forensic, ce terme anglophone connu des amateurs de séries policières, est pour l’occasion francisé. Le nouveau Bachelor en sciences forensiques sera donc proposé à partir de la rentrée 2020 à Lorient. Dès la fin du mois d’août, 25 étudiants intégreront cette formation unique en France. Thierry Lezeau, à l’initiative de cette formation, insiste sur ce point. “Des modules de formation spécifiques sont déjà proposés dans certaines écoles et universités en France. Mais il n’existe pas à ce jour de formation généraliste abordant l’intégralité du spectre de la criminalistique.”

Un ancien gendarme aux manettes

Depuis plusieurs années, l’idée trottait dans la tête de Thierry Lezeau. Lorsqu’il quitte la Gendarmerie en 2012, l’ancien directeur de l’enseignement criminalistique au centre national de formation à la police judiciaire (CNFPJ) fonde Forensic Consulting France, une société spécialisée dans la formation, le conseil et l’audit en criminalistique. Didier Sonnois, également ancien gendarme à la tête de la brigade de recherches de la Gendarmerie maritime de Marseille, le rejoint en 2015.

Lire aussi: Les anciens experts de la Gendarmerie se dévoilent

C’est à ce moment que naît l’idée. Les anciens gendarmes prennent contact avec l’université de Nantes. Thierry Lezeau y intervient déjà depuis plusieurs années, afin de développer une formation en criminalistique. Le projet intéresse, mais des difficultés pratiques et administratives bloquent sa mise en place. Même résultat quelques mois plus tard à l’université de Rennes. C’est finalement un concours de circonstances qui offre aux experts l’opportunité qu’ils attendaient. “Le directeur du lycée Saint Joseph-La Salle de Lorient nous a contacté pour  une reconstitution de scène de crime dans le cadre du cursus scolaire des élèves d’un diplôme professionnel sur les métiers de la sécurité, se rappelle Thierry Lezeau. Je lui ai alors parlé de ce projet de formation en sciences forensiques qu’il a accueilli très favorablement.”

Avec un parc de 11 hectares et des laboratoires, l’établissement dispose des infrastructures adéquates, pour la partie théorique de l’enseignement et pour les mises en situation pratiques.

Sous le regard expert des anciens gendarmes, des étudiants analysent une scène de crime. (Photo: ©Forensic Consulting France)
Sous le regard expert des anciens gendarmes, des étudiants analysent une scène de crime. (Photo: ©Forensic Consulting France)

Former les experts de demain

Articulée en quatre modules, cette nouvelle formation totalise 830 heures d’enseignements théoriques et pratiques sur un an. Notions juridiques, médecine légale, balistique, accidentologie ou recherche des causes d’incendie, l’objectif est de former les experts de demain. La plaquette d’information vante ainsi le fait que le Bachelor “permet d’obtenir une véritable compétence dans les domaines de l’investigation sur une scène d’infraction”.

Si l’objectif premier de ce diplôme est de préparer aux concours du ministère de l’Intérieur dans les domaines de la police technique et scientifique, d’autres débouchées sont aussi possibles. Notamment l’expertise dans de multiples domaines: magistrature, avocats, assurances, pharmacologie, ….

De Lorient à Cergy-Pontoise

En plus de l’équipe enseignante, des professionnels du secteur interviendront également. Des contacts ont d’ailleurs été établis avec l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN). En outre, une période d’immersion professionnelle d’environ un mois est prévue en fin de cursus.

Sanctionné d’un diplôme d’État de niveau II validé par l’université de Cergy-Pontoise, le Bachelor en sciences forensiques proposé par le Campus Saint Joseph-La Salle est ouvert aux étudiants titulaires d’un Bac+2 et justifiant de 120 crédits européens. Les professionnels souhaitant se reconvertir ou se former dans le domaine de la criminalistique sont également les bienvenus.

Si l’essai est concluant, ce qui semble déjà être le cas vu le nombre important de dossiers de candidature, une déclinaison de la formation devrait être proposée d’ici deux ans à l’université de Cergy-Pontoise. Non loin de l’IRCGN.

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2 Commentaires

  1. Le Guen

    Bonjour,
    Très bien mais où trouve-t-on les informations concernant une hypothétique inscription. Merci de la réponse que vous pourriez apporter.
    Recevez , je vous prie , mes salutations

  2. niout

    Très belle initiative qui mettra en valeur les compétences et le dynamisme de la Gendarmerie. Cependant n’est ce pas aussi une porte ouverte à la “concurrence”….!
    Est ce que diffuser notre grande expérience dans le domaine de la criminalistique ne peut pas crée pas un appel d’air pour de nouvelles sociétés spécialisées dans le même domaine. Elles recruteront avec ces mêmes compétences des personnels que vous aurez formés et offriront des contre-expertises qui alourdiront des dossiers et peut être permettront la mise en évidence d’hypothèse possible qui créeront des vices de procédures et… Je m’emballe surement…!

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