mercredi 22 mai 2019
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Détection de la menace terroriste : 100% internet

S’ils se sont fait remarquer de leurs voisins en accrochant sur un toit une bannière en arabe, les deux jeunes gens arrêtés jeudi à Marignane par la Police antiterroriste avaient été, comme quasiment tous les autres suspects dans ce genre d’affaire, repérés sur internet.

En novembre 2012, plus d’un an avant de faire flotter au-dessus d’un pavillon un drapeau frappé de la chahada, la profession de foi des musulmans, les deux jeunes gens de 18 et 20 ans, “sans doute un peu illuminés” selon une source policière, s’étaient déjà fait remarquer par les services de Police et de renseignements qui surveillent étroitement le réseau mondial. Face à l’éclatement des réseaux jihadistes, après les succès des services internationaux dans leur lutte contre les réseaux et filières qui ont structuré pendant des années l’islamisme radical, l’accent a été mis, partout dans le monde, sur une surveillance intensive d’internet.

“Toutes nos affaires sont montées sur internet. Cent pour cent de nos affaires proviennent de la surveillance d’internet”, expliquait, le 14 février devant une commission de l’Assemblée nationale, le juge antiterroriste Marc Trévidic. “Tous nos jeunes sont embrigadés par internet. Le poids des images, le beau moudjahid avec sa kalachnikov, le goût des armes, et hop !”, a-t-il ajouté. “Quasiment la totalité de nos affaires viennent de gens qui ont été détectés et des éléments de preuve trouvés sur internet”. “Internet a dilué la menace dans la société, il n’y a plus besoin d’y avoir un imam qui prêche dans une mosquée salafiste. Mais comment lutte-t-on contre internet ?”, a demandé le magistrat.

C’est en postant des “mises en scènes jihadistes”, où ils posaient sur des photos, armes à la main, sur leur profil Facebook, que les deux jeunes gens de Marignane ont été repérés, avant d’envoyer des messages et de se renseigner, sur des sites jihadistes, sur la fabrication d’explosifs. La surveillance n’est pas toujours aussi facile, mais les services de Police et de renseignements ont embauché des experts et se sont dotés au fil des ans d’outils informatiques performants, capables de casser même des logiciels de cryptage sophistiqués.

Il serait relativement facile d’interdire ou de brouiller les sites radicaux les plus utilisés, mais les enquêteurs préfèrent souvent les maintenir ouverts afin de repérer, grâce aux numéros IP de leurs ordinateurs, ceux qu’ils attirent puis de placer sous surveillance ceux qui semblent les plus dangereux. “Les services de renseignements n’ont pas envie de se couper de cet outil de surveillance, qui leur permet de remonter de belles affaires”, explique Marc Trévidic. “Mais cet outil de surveillance est aussi l’outil de diffusion de la propagande, on est un peu pris entre ces deux logiques”.

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