vendredi 25 septembre 2020
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Yves Daruvar, Compagnon de la Libération dans son fauteuil lors d'une cérémonie aux Invalides le 25 juin 2015

Le dernier carré des Compagnons de la Libération

Depuis le décès le 17 septembre de Fred Moore, 97 ans, dernier chancelier de l’Ordre de la Libération, ils ne sont plus que dix. Dix très vieux messieurs – le plus jeune a 95 ans – à porter le titre prestigieux de Compagnon de la Libération. Trois sont pensionnaires de l’Institution nationale des Invalides à Paris.

L'Ordre de la Libération comporte un seul grade.
L’Ordre de la Libération comporte un seul grade.

Ils sont les dix derniers à pouvoir épingler  au revers de leur veste, l’insigne de l’Ordre de la Libération : un glaive surchargé d’une croix de Lorraine accroché à un ruban vert et noir, le vert symbolisant l’espérance et le noir le deuil.

Ils sont les dix derniers représentants d’une geste prestigieuse qui a compté 1.038 hommes et femmes, tués au combat ou fusillés,  combattants de l’ombre en France occupée, soldats à Bir Hakeim, aviateurs sur le front russe, artilleurs lors de la libération de Paris, spahis dans les derniers jours de la guerre au nid d’aigle d’Hitler à Berchtesgaden.

 

De gauche à droite : Fred Moore (décédé le 17 septembre 2017), chancelier d’honneur de l’Ordre de la Libération avec son calot rouge de spahi, avec Anne Hidalgo, maire de Paris, ville Compagnon de la libération, assis Daniel Cordier avec son panama, en chaise roulante, Claude Raoul-Duval et Hubert Germain. Photo prise le 18 juin 2017 lors de la cérémonie de l’Appel du 18 juin.

 

Le vendredi 22 septembre, le président de la République Emmanuel Macron a rendu hommage aux Invalides à Fred Moore, dont la « vie militaire s’est confondue avec l’histoire de France, une histoire qui s’écrit toujours à hauteur d’homme ». Comme celle de ces dix derniers Compagnons. Voici un aperçu de ces dix héros.

Focus sur les dix derniers Compagnons

Guy CHARMOT : 103 ans le 9 octobre 2017 ; rallie la France Libre en septembre 1940 au Cameroun ; médecin au bataillon de marche numéro 4 ; Syrie, Ethiopie, Libye, Tunisie, Italie, Provence. Signe particulier : doyen d’âge des Compagnons survivants.

Daniel CORDIER : 97 ans ; rallie la France Libre le 28 juin 1940 à Londres ; service « action » du Bureau central de renseignements et d’action (BCRA, services secrets de la France Libre) ; secrétaire de Jean Moulin du 1er août 1942 au 21 juin 1943. Signe particulier : marchand de tableaux d’art contemporain réputé après la guerre, il a donné 500 œuvres au Musée Georges-Pompidou.

Yves DE DARUVAR : 96 ans ; rejoint la France Libre le 1er juillet 1940 à Londres ; régiment de marche du Tchad ; Fezzan, Tripolitaine, Tunisie, Normandie, libération de Paris. Signe particulier : s’oppose au général de Gaulle en 1963 sur l’avenir des Comores.

Victor DESMET : 97 ans ; rejoint la France Libre en Palestine en juin 1940 ; 13ème demi brigade de la Légion étrangère puis armée belge en 1941; Libye, Erythrée, Syrie. Signe particulier : L’un des tout premiers à avoir reçu la Croix de la Libération des mains du général de Gaulle en Palestine en mai 1941.

Constant ENGELS : 97 ans ; engagé fin juin à Londres dans la France Libre ; 1er régiment d’artillerie coloniale ; Gabon, Erythrée, Syrie, Libye. Signe particulier : blessé à Bir Hakeim le 7 juin 1942.

Hubert GERMAIN : 97 ans ; rallie la France Libre à Londres fin juin 1940 ; 13ème demi brigade  de la Légion étrangère ; Syrie ; Libye ; Egypte ; Italie, Provence, Vosges, Alsace. Signe particulier : dernier officier vivant de la Légion étrangère à Bir Hakeim.

Jacques HEBERT : 97 ans ; rallie la France Libre à Londres fin juin 1940 ; 501ème régiment de chars de combat ; Gabon, Syrie, Libye, libération de Paris, Vosges, Alsace, Berchtesgaden. Signe particulier ; maire de Cherbourg de 1959 à 1977.

Claude RAOUL-DUVAL : 97 ans ; rejoint la France Libre à Londres fin juin 1940 ; groupe de chasse Alsace ; abattu le 17 avril au dessus du Havre. Signe particulier : dernier aviateur survivant des Compagnons de la Libération.

Edgar Tupet-Thome, le 25 juin 2015 aux Invalides

Pierre SIMONET : 95 ans ; engagé dans la France Libre le 1er juillet 1940 à Londres; 1er régiment d’artillerie coloniale ; Syrie, Libye, Bir Hakeim ; Tunisie, Italie, Provence, Alsace. Signe particulier : benjamin d’âge des Compagnons survivants.

Edgard TUPET-THOMET : 97 ans ; BCRA, 3ème régiment de chasseurs parachutistes ; résistance intérieure, un des quatre premiers engagés militaires secrets des FFL en France ; Bretagne, Jura, Hollande. Signe particulier : dernier Compagnon vivant des parachutistes de la France libre.

Les 1.038 Compagnons

Parmi ces 1.036 Compagnons, 271 ont été nommés à titre posthume et 65, déjà Compagnons, sont morts au combat ou en service commandé avant la fin de la guerre. Un peu plus de 700 ont survécu à la guerre. Ils étaient encore 70 il y a dix ans.

L’ordre avait été crée en novembre 1940 à Brazzaville par le chef de la France Libre, le général de Gaulle, seul grand maître de l’ordre. Le chef de la France libre avait rouvert l’ordre à deux reprises à titre exceptionnel pour Winston Churchill (1958) et le roi d’Angleterre George V (1960), portant le nombre des Compagnons à 1.038.

Etudiants, militaires, fils de grande famille, ouvriers, ingénieurs, paysans, écrivains, diplomates, prêtres, tirailleurs marocains ou africains : les Compagnons de la Libération  représentent l’ensemble de la société civile et militaire de la  France Libre et de la Résistance intérieure.

Après son décès, le dernier des Compagnons sera inhumé dans la crypte du Mémorial de la France combattante au Mont-Valérien, dans l’ouest parisien,  avec seize hommes et femmes, résistants et Français Libres, morts pendant la Seconde guerre mondiale. Il y rejoindra deux autres Compagnons de la Libération : Berty Albrecht, morte à la prison de Fresnes en mai 1943 et Alfred Touny,  «colonel Guérin » dans la Résistance, fusillé à Arras en avril 1944.

Pierre-Marie GIRAUD

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Un commentaire

  1. Reste un probl me r gler. Le dernier compagnon doit tre enterr au mont Val rien. Un caveau lui est d j r serv . Mais les compagnons ne se battent pas plus que a pour cette place d honneur.

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