jeudi 21 mars 2019
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Photo d'illustration (S.D/L'Essor).

La fusillade de Strasbourg, un nouvel exemple de l’intérêt de la mission Sentinelle

La fusillade du marché de Noël de Strasbourg vient de remettre en lumière le rôle des militaires de la mission Sentinelle. Mardi 11 décembre, ce sont eux qui ont arrêté le périple meurtrier dans les rues de la Grande Île de Strasbourg. Alors qu’il a déjà fait de nombreuses victimes, le tireur croise quatre militaires du 152e régiment d’infanterie de Colmar, en mission Sentinelle. “Il a tiré en direction des militaires, qui l’ont blessé au bras dans leur tir de riposte” avec leur fusil d’assaut, a expliqué Rémy Heitz, le procureur de Paris, lors d’une conférence de presse. Une balle de l’assaillant se logera dans le Famas d’un des “Diables rouges”, le surnom des soldats du régiment.

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Sans les soldats de Sentinelle, le bilan -2 morts, un blessé en état de mort cérébrale et six blessés en urgence absolue- aurait donc plus être encore plus lourd. La présence de militaires s’est révélée cruciale: selon Le Parisien, la compagnie et demie de CRS (cent policiers) mise à disposition du préfet pour le maintien de l’ordre dans la ville et pour le marché de Noël a dû être engagée pour encadrer le mouvement des lycéens.

Des militaires déjà décisifs

Ce n’est pas la première fois que les soldats de Sentinelle se montrent décisifs. En octobre 2017, un militaire avait abattu de deux balles de Famas un homme ayant mortellement poignardé deux cousines sur le parvis de la gare Saint-Charles, à Marseille. La même année, en mars, un homme avait tenté, sans succès, de s’emparer de l’arme d’un soldat patrouillant dans l’aéroport d’Orly en région parisienne. Sur les quatre dernières années – l’opération intérieure Sentinelle a débuté en 2015 -, ces militaires ont ouvert le feu à cinq reprises, selon un décompte du ministère des Armées. A contrario, la décision de ne pas engager de soldats au Bataclan en novembre 2015 avait été très controversée.

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“Les militaires de Sentinelle n’interviennent pas tous les jours, mais ils sont bien préparés en cas d’intervention”, souligne le ministère des Armées. En quatre ans, cette opération a évolué. Les gardes statiques n’ont désormais plus court. Les 7.000 soldats, qui s’entraînent deux semaines avant chaque déploiement, se répartissent entre deux missions essentielles. Les patrouilles classiques dans les sites sensibles (aéroports, gares, lieux de culte) et les missions ponctuelles, comme la Fête des lumières à Lyon, ou placés en alerte. Enfin, à ces militaires s’ajoute les 3.000 soldats de la réserve stratégique du président de la République. Malgré ces changements, l’opération reste contestée. Ses détracteurs estiment qu’elle épuise les troupes, diminue leur temps de formation et éloigne les soldats de leur cœur de métier.

Gabriel Thierry (avec Pierre-Marie Giraud).

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