jeudi 3 décembre 2020
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Décès de l’un des derniers parachutistes de la France Libre

Norbert Beyrard, l’un des derniers parachutistes de la France Libre et créateur de la première unité des forces spéciales du jeune Etat d’Israël, est décédé à Divonne-les-Bains le 13 février à l’âge de 91 ans.

Le site de l’Union nationale des parachutistes (UNP) a consacré une longue biographie à ce soldat d’élite qui fut également un inventeur qui déposa quelque 150 brevets dont celui du scanner médical à haute définition.

Norbert Benchemoul, juif français,  alias Norbert Beyrard naît le 16 juin 1925 à Palikao (aujourd’hui Righenif) en Algérie, à une centaine de km au sud-ouest d’Oran. En 1943 il rejoint les Forces Françaises Libres à l’âge de 18 ans. Après sa formation de parachutiste à Ringway (Angleterre), il est affecté au 3ème Special Air Service (SAS) et parachuté en Bourgogne en juillet 1944, après de le débarquement en Normandie, pour participer à des opérations de sabotage.

Son « stick » (section de combat) s’illustre dans la bataille de Sennecey-le-Grand (Saône-et-Loire) où une vingtaine de parachutistes SAS soutenus par le maquis de Corlay neutralisent un millier de soldats allemands en attaquant la garnison sur des jeeps armées de mitrailleuses.

En avril 1945, Norbert Beyrard, caporal,  est parachuté aux Pays-Bas avec son régiment, devenu le 3è régiment de chasseurs parachutistes (RCP). Les SAS doivent fixer les Allemands dans la ville d’Oranje. Grièvement blessé, fait  prisonnier, il s’évade quelques semaines plus tard. Pour ces faits d’armes,  il est décoré de la Légion d’honneur,  de la Médaille militaire, de la Médaille de la France Libre et la Croix du Lion de Bronze hollandaise avant d’être démobilisé. Fin du premier acte.

Il prépare alors à Paris le concours d’entrée à Polytechnique mais, dès 1946, des envoyés du Yichouv (juifs présents en Palestine avant la création de l’Etat d’Israël) lui demandent d’expertiser des armes achetées en Yougoslavie et transitant par la France. En avril 1948,  à la demande de la Haganah (armée secrète d’Israël), bien qu’il soit admis à l’X,  Norbert Beyrard accepte de mettre son expérience de la guerre au service de l’Etat juif qui va naître.

Il fait alors partie des Mahal, ces volontaires étrangers venus de tous les pays pour aider le jeune Etat. Il crée la première école de parachutistes d’Israël, ancêtre du « Sayaret Makal », l’unité qui deviendra célèbre en juillet 1976 pour la libération des otages d’un Airbus d’Air France à Entebbe (Ouganda) . Début 1949, il convainc l’état-major de sa doctrine d’emploi d’unités commandos. En juin 1949, capitaine de l’armée israélienne, il est décoré de la Médaille de l’Indépendance d’Israël. Fin du deuxième acte.

Revenu en France fin 1949,  Norbert Beyrard  reprend ses études et obtient un master en sciences et un doctorat en économie. Il déposera plus de 150 brevets, entre autres celui du scanner médical à haute définition.

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