lundi 14 octobre 2019
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Yves de Daruvar avec deux camarades (Photo Michel Pourny)

Décès de Yves de Daruvar, Compagnon de la Libération

Yves de Daruvar ( Photo Ordre de la Libération)

Yves de Daruvar, Compagnon de la Libération, est décédé ce lundi à l’hôpital militaire de Percy (Clamart), à l’âge de 97 ans.

Pensionnaire de l’Institution nationale des Invalides depuis janvier 2006, il était l’un des six derniers survivants de cet ordre prestigieux, créé en novembre 1940 par le général de Gaulle, le chef de la France Libre.

Yves de Daruvar était le dernier Compagnon de la Libération vivant à avoir combattu au sein de la 2e DB du général Leclerc.

Issu d’une vieille famille de la noblesse hongroise, selon le site de l’Ordre de la Libération, Yves de Daruvar est né le 31 mars 1921 à Istanbul où son père, ancien officier de l’armée austro-hongroise, s’était installé. Sa mère, de nationalité iranienne, est d’origine autrichienne et française.

Après le divorce de ses parents à la fin des années vingt, Yves de Daruvar émigre en France avec sa sœur et sa mère, qui devient secrétaire à l’ambassade d’Iran à Paris. Il suit des études secondaires au lycée Janson-de-Sailly puis à Louis-le-Grand. Il francise alors son nom (Daruvari) en Daruvar et troque son prénom hongrois (Imre) en Yves pour le prénom français Yves.

Il prépare le concours de l’Ecole coloniale lorsque la guerre éclate en septembre 1939.

Bien que n’étant pas Français, il obtient l’autorisation de passer le concours de l’Ecole nationale de la France d’Outre-Mer où il sera reçu en octobre 1940. En il tente vainement de s’engager auprès de la gendarmerie de son domicile en juin 1940.

Les gendarmes lui conseillent alors de rejoindre Bordeaux où le gouvernement s’est replié. Il s’y rend à vélo, quittant la capitale le 12 juin 1940. Arrivé à Bordeaux trois jours plus tard, il part pour le Sud-Ouest pensant gagner le Maroc pour s’y engager.

Refusant la défaite, Yves de Daruvar parvient à embarquer clandestinement à Saint-Jean-de-Luz, le 21 juin 1940, sur le Batory, bateau rapatriant des troupes polonaises en Angleterre. Arrivé à Plymouth le 23 juin, il se rend à Londres. Là, à l’Olympia Hall où étaient regroupés les futurs Français Libres, il s’engage dans les Forces françaises Libres le 1er juillet 1940.

Affecté au Bataillon de chasseurs de Camberley, il y entre le 10 décembre 1940 au peloton d’élèves aspirants. Promu aspirant, il quitte l’Angleterre et débarque à Pointe-Noire au Congo en juin 1941.

Affecté à Largeau (Tchad), à la 1ère Compagnie de découverte et de combat (2e peloton) du Régiment de Tirailleurs sénégalais du Tchad (RTST), il participe à la première campagne du Fezzan (février-mars 1942), région de la Libye actuelle, sous les ordres du général Leclerc.

Yves de Daruvar se distingue lors de la 2e campagne du Fezzan, avec le Groupe Nomade du Tibesti, notamment dans la prise de la position fortifiée de Gatroun, tenue par les Italiens.

Il prend part aux campagnes de Tripolitaine et de Tunisie en 1943, où il conduit une patrouille de nuit à grande distance vers l’Oued El Hallouf. Il est blessé deux fois par des éclats d’obus au Djebel Garci à la tête le 21 avril 1943, et très grièvement à la face et aux jambes quatre jours plus tard.

Hospitalisé en Egypte à Héliopolis, il interrompt son traitement chirurgical pour être présent au moment de la campagne de France. Il rejoint le Régiment de marche du Tchad (RMT) récemment formé, à Temara au Maroc le 8 avril 1944 et part pour l’Angleterre avec l’ensemble de la 2e Division blindée du général Leclerc comme officier d’ordonnance du colonel Louis Dio.

Yves de Daruvar débarque en Normandie début août 1944 avec l’état-major de la Division. Demandant à reprendre une activité combattante, il est placé à la tête d’une section et combat en Normandie. Après la libération de Paris, à la tête de la 1ère section de la 10e compagnie du RMT, il s’illustre par son audace et son calme à Andelot (Haute-Marne) où, malgré de fortes résistances ennemies, il entraîne ses hommes, traverse la ville et fait de nombreux prisonniers.

Grièvement blessé aux jambes le 17 septembre 1944 à Châtel-sur-Moselle, il ne peut achever la campagne.

Naturalisé français en novembre 1944, le lieutenant Yves de Daruvar reprend ses études à l’Ecole coloniale d’où il sort major. Démobilisé en février 1946, il obtient une bourse pour étudier aux Etats-Unis pendant six mois.

Ensuite, de 1947 à 1950, il est chef de circonscription administrative à Madagascar puis, sous les ordres du gouverneur Pierre Messmer, successivement en Mauritanie (1952-1954), en Côte d’Ivoire (1955-1956) et au Cameroun (1957-1958).

Yves de Daruvar est ensuite directeur par intérim de l’Office du Tourisme de l’AOF à Dakar (1958-1959) puis secrétaire général de la Côte française des Somalies (1959-1962).

Haut-commissaire de la République aux Comores (juillet 1962- janvier 1963),il s’oppose au général de Gaulle sur l’avenir de l’archipel. Il termine sa carrière au Commissariat à l’Energie atomique (1963-1981).

Membre du Conseil de l’Ordre de la Libération par décret du 5 janvier 2007, il était notamment grand’croix de la Légion d’honneur et croix de guerre 39/45 avec 4 citations.

Il avait publié en 1945 “De Londres à la Tunisie, carnet de route de la France Libre” (éditions Charles Lavauzelle).

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