lundi 28 septembre 2020
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Décès de l’un des derniers survivants de la bataille de Bir Hakeim

Jean-Mathieu Boris, l’un des tout derniers officiers survivants de la bataille de Bir Hakeim dans le désert libyen en mai-juin 1942, est décédé lundi à l’âge de 95 ans, a annoncé sa famille vendredi.

Il était commandeur de la Légion d’honneur et Croix de guerre avec quatre citations. Les derniers officiers encore en vie à avoir participé à cette bataille décisive sur le plan stratégique, se comptent sur les doigts d’une main. Parmi eux, figure Hubert Germain, 96 ans, Compagnon de la Libération.

Il n’avait jamais parlé de sa guerre à ses petits-enfants

Jean-Mathieu Boris avait  participé en octobre 2012 à la cérémonie du 70ème anniversaire d’El Alamein. Il avait publié au même moment « Combattant de la France Libre » (Perrin), un ouvrage qui avait reçu le prix d’Estienne d’Orves en 2014.

Il disait avoir écrit ce livre à l’origine pour ses petits-enfants car il ne leur avait jamais parlé de sa guerre. Un livre émouvant et drôle qui décrit le Londres des jeunes « Free French », ses aventures amoureuses avec des Anglaises, dont deux seront tuées dans des bombardements allemands. Il raconte aussi le sable et les cailloux de Bir Hakeim, la boue et la neige dans les Vosges à la tête d’un peloton des Commandos de France.

Né le 25 janvier 1921 à Paris, Jean-Mathieu Boris avait rejoint la France Libre à Londres en juillet 1940 à l’âge de 19 ans, abandonnant sa préparation au concours d’entrée à Polytechnique. Tout jeune aspirant, il s’était retrouvé dans l’artillerie de la 1ère division française libre (DFL) à Bir Hakeim en mai-juin 1942.

A Bir Hakeim, le 27 mai 1942, les chars italiens de la division Ariete attaquent l’est du camp retranché. En moins de trois heures, 32 chars sont détruits. Le lieutenant-colonel Pasquale Prestisimone, fait prisonnier après être sorti indemne de trois chars détruits, est amené devant l’aspirant Boris.  « Je remarque, se souvient Jean-Mathieu Boris qu’il porte les barrettes de la Légion d’honneur et de la Croix de guerre 14-18 obtenues en France en 1917. Pendant quelques jours, il fera le quatrième joueur au bridge avant d’être évacué vers un camp de prisonniers ».

 La bataille de Bir Hakeim surnommée le « Valmy de la France Libre »

Succès militaire, qui a peut-être sauvé l’Egypte avant que les Britanniques ne remportent la bataille-clé d’El Alamein en novembre 1942, la bataille de Bir Hakeim – surnommée le « Valmy de la France Libre » – fut aussi un combat politique gagné par le général de Gaulle pour faire reconnaître la France Libre comme puissance combattante.

Printemps 1942. Les Japonais contrôlent le Sud-Est asiatique. Les blindés allemands foncent vers le Caucase. En Libye, l’Afrikakorps de Rommel et les divisions blindées italiennes visent Alexandrie (Egypte) et Le Caire.

Les Britanniques organisent un front dans le désert libyen qui va de la Méditerranée et Tobrouk, principale base britannique à l’ouest de l’Egypte, à Bir Hakeim.

La position de Bir Hakeim, 16 km2 de cailloux et de sable, autour des ruines d’un fort turc, est confiée à la 1ère DFL commandée par le général Marie-Pierre Koenig. Il dispose de 3 723 soldats, une force hétéroclite regroupée sous l’emblème de la croix de Lorraine. En face, 32 000 soldats allemands et italiens. Koenig déploie son dispositif en hérisson par points d’appui, avec canons de 75 mm transformés en canons antichars, entourés de champs de mines, véhicules embossés et emplacements de combat enterrés.

Le 27 mai, Rommel lance la division blindée italienne Ariete à l’assaut pendant que les Allemands progressent vers Tobrouk. En une heure, les canons de 75 mm détruisent une trentaine de chars. Pendant deux semaines, les Français tiennent sous les bombardements incessants de l’artillerie et des stukas allemands et les tentatives des groupes d’assaut d’élite de Rommel. Dans la nuit du 10 au 11 juin, Koenig tente une sortie à travers les lignes allemandes pour rejoindre les Britanniques. L’opération réussit au prix d’un lourd bilan. 140 Français Libres seront tués,  230 blessés et 800 faits prisonniers.

La résistance de la 1ère DFL parviendra à retarder sensiblement Rommel.

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