lundi 21 septembre 2020
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Décès de Charles Gonard, Compagnon de la Libération

Charles Gonard, Compagnon de la Libération est décédé dimanche à Vence (Alpes-Maritimes) à l’âge de 94 ans, quelques jours avant le 76è anniversaire de l’appel du général de Gaulle. Il était le chef du commando qui avait exécuté le chantre de la Collaboration Emile Henriot à son domicile, le 28 juin 1944, rue de Solferino à Paris.

Après son décès, il ne reste plus que quinze membres vivants de cet ordre prestigieux, créé par le général de Gaulle et qui a compté au total 1.038 décorés.

Charles Gonard, auteur de coups de mains et d’opérations de sabotage en France occupée, était l’un des deux derniers survivants des Compagnons de la     Libération de la Résistance intérieure avec Louis Cortot, 92 ans.

Il était né le 11 octobre 1921 à Paris où son père, polytechnicien, est ingénieur des mines.

Lycéen au moment de la déclaration de guerre en septembre 1939, il souhaite s’engager en octobre mais une pleurésie l’en empêche. A peine remis, il tente de partir pour l’Angleterre à la suite de l’Appel du général de Gaulle, le 19 juin 1944, mais les mauvaises communications l’empêchent d’arriver à temps pour embarquer.

Revenu à Lyon après l’évacuation de la ville par les Allemands, il forme un noyau gaulliste au sein de son lycée.

Parti à Marseille pour préparer l’École coloniale et sa première année de droit, il prend contact, en novembre 1941, avec le mouvement de résistance Combat et devient agent de liaison chargé de la propagande et de la diffusion (tracts, journaux clandestins).

En octobre 1942, à Paris, où il poursuit ses études, il contacte tour à tour plusieurs petits groupes de résistance, dont le Front national universitaire et ceux de la Résistance (CDLR).

Quelques mois plus tard, il échoue dans une nouvelle tentative pour rejoindre les Forces françaises libres par l’Espagne.

Après plusieurs autres tentatives infructueuses, Charles Gonard, alias Morlot, est mis en contact avec Serge Ravanel (Compagnon de la Libération, décédé en 2009), organisateur des groupes francs des Mouvements unis de Résistance (MUR).

Il est alors envoyé à Marseille pour y organiser les groupes francs. Il monte des groupes, sur les six départements de la région, qui réalisent de nombreuses opérations dont il organise et dirige personnellement les plus importantes.

Ces groupes réaliseront des opérations contre les usines de Saint-Auban, de Peille et de l’Argentières, la destruction des principaux relais de lignes à haute tension des Hautes-Alpes et Basses-Alpes, des coupures de voies dans le Vaucluse, l’interception d’un train militaire allemand, des sabotages de locomotives à Veynes et Avignon, des exécutions de traîtres, l’attaque de la Gestapo de Gap, et la préparation de la destruction des autoclaves de l’usine de Gardanne qui produisait de l’aluminium pour l’armée allemande.

En février 1944, Charles Gonard quitte Marseille pour Paris où il est chargé de former les groupes francs nationaux des FFI qui dépendent du COMAC et de l’État-major national. Parmi leurs opérations, il dirige personnellement la destruction par incendie du fichier Service du travail obligatoire (STO) de Versailles ainsi que l’attaque à la grenade du repaire de la bande collaborationniste de François Spirito, au café Printania rue Fontaine; il est également à l’origine, le 12 juin 1944, de l’évasion de Jean-Pierre Lévy (Compagnon de la Libération, décédé en 1996) chef de Franc-Tireur, emprisonné à Fresnes. C’est l’opération dont il était resté le plus fier. Deux semaines, plus tard Charles Gonard est à la tête du commando qui exécute Philippe Henriot, secrétaire d’État à l’Information et à la Propagande du gouvernement Laval.

Le troisième jour de l’insurrection parisienne, il est blessé en attaquant un convoi de camions allemands. Charles Gonard termine la guerre avec le grade de lieutenant-colonel FFI.

Après un séjour de plus de deux ans en Indochine, comme capitaine de réserve d’infanterie coloniale, il entre dans l’industrie, tour à tour à Strasbourg, à Paris, puis pendant 28 ans au Maroc.

Il était commandeur de la Légion d’honneur et détenteur de la   Croix de Guerre 39/45 avec cinq citations et de la Médaille de la Résistance avec rosette.

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