mardi 1 décembre 2020
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La ZAD, en 2012 (Crédit photo Non à l'aéroport Notre-Dame-des-Landes).
La ZAD, en 2012 (Crédit photo/Non à l'aéroport Notre-Dame-des-Landes).

Notre-Dame-des-Landes : l’annonce de l’exécutif désormais imminente

L’ultime consultation s’achève, la décision approche: l’exécutif doit dévoiler sous peu son choix de construire ou d’abandonner le très controversé projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, avec en corollaire l’équation tout aussi complexe de l’évacuation de la “Zad” dans le bocage de Loire-Atlantique.

Le gouvernement a promis une décision “entre le 15 et le 30 janvier” et refuse d’être plus précis au sujet du choix le plus délicat de son début d’année. Mais l’annonce devrait intervenir dès cette semaine, sans doute mercredi, affirment plusieurs sources, selon lesquelles l’abandon du projet d’aéroport tient la corde. L’Elysée a prévenu des parlementaires qu'”il y aurait fumée blanche cette semaine, peut-être en fin de semaine“, rapporte l’une d’entre elles.

Qu’importent quelques jours dans un si long feuilleton: né au fin fond des années 60, relancé en 2000, attribué à Vinci par appel d’offres en 2010, l’aéroport “du Grand Ouest” a traversé un demi-siècle pour finalement devenir le symbole des atermoiements du quinquennat Hollande.

Malgré la victoire du “oui” (à 55,17%) au référendum consultatif organisé en Loire-Atlantique en juin 2016, l’exécutif socialiste avait renoncé à expulser les “zadistes“, ces opposants qui occupent illégalement les terres du projet. Plutôt favorable à l’aéroport et au respect de cette consultation, Emmanuel Macron avait toutefois proposé durant la campagne présidentielle une médiation pour tenter de sortir de l’impasse.

Le rapport remis le 13 décembre par les médiateurs nommés par Edouard Philippe est venu changer la donne: tant Notre-Dame-des-Landes que l’extension de l’actuel aéroport nantais de Nantes-Atlantique sont décrits comme des options “raisonnablement envisageables“.

Une conclusion, vivement contestée par les pro-“NDDL“, qui a remis en selle la seconde possibilité. Si l’exécutif n’a rien laissé filtrer lors de la consultation menée ces derniers jours par Edouard Philippe à Matignon puis lors d’une visite surprise à Notre-Dame-des-Landes samedi, “la décision va vers un réaménagement de Nantes-Atlantique rapide et l’évacuation de la ZAD“, assure un parlementaire. Une autre source assure à l’AFP que l’exécutif se dirige vers l’abandon du projet.

“Les plus radicaux” évacués

Cette vaste “zone d’aménagement différée” de 1.600 hectares, rebaptisée “zone à défendre” par les opposants, est actuellement occupée par 150 à 200 personnes, qui selon les autorités en ont fait un “camp retranché” avec une centaine de “militants extrémistes” prêts à en découdre. Qu’ils soient pour ou contre l’aéroport, la quasi-totalité des élus défendent son évacuation, six ans après le fiasco de l’opération “César“.

Mais l’opération, qui mobiliserait au minimum 2.000 gendarmes mobiles, s’annonce beaucoup plus aisée si l’aéroport est abandonné.

La “Zad” sera “en tout cas évacuée des éléments les plus radicaux“, a affirmé mardi le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, sur France 2.

C’est un classique de l’État d’essayer de diviser les mouvements (…) Ca fait croire qu’il y aurait une sélection possible à l’intérieur du mouvement, avec les radicaux et les non radicaux. Ca ne marche pas comme ça. On est tous ici pour défendre la ZAD“, a réagi un des occupants, qui organisaient un point presse mardi matin.

Soutenue par des ONG comme Greenpeace, une poignée, comme l’eurodéputé José Bové ou le député LREM Matthieu Orphelin plaident pour renoncer à une “évacuation violente” et aller vers un “nouvel avenir” similaire à l’expérience du Larzac dans les années 70.

Le ministre de l’Intérieur n’a pas fermé la porte: “ce que nous voulons, c’est lui (la Zad, ndr) donner un autre avenir. Il y a toute une série de gens qui ont des projets sur la Zad, donc qui sont prêts le cas échéant à pouvoir faire autre chose“, a ajouté M. Collomb, laissant là encore entendre que l’aéroport ne serait pas construit.

Du côté de l’opposition, la présidente LR de la région Ile-de-France, Valérie Pécresse, a demandé qu’en cas d’abandon, un nouveau référendum soit organisé, cette fois sur l’extension de Nantes-Atlantique. “Seul un référendum peut défaire ce qu’un référendum a fait“, selon elle.

AFP 

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