dimanche 27 septembre 2020
Accueil / Société / Corse : une “Task force” de renseignement et des enquêtes communes
C'est une nouvelle articulation de la lutte contre le grand banditisme en Corse qu'a présentée Michèle Alliot-Marie samedi à Ajaccio: la "task force" de renseignement opérationnel serait consacrée aux affaires judiciaires, essentiellement axée sur le terrorisme et la grande criminalité, et composée de policiers et de gendarmes.

Corse : une “Task force” de renseignement et des enquêtes communes

C’est une nouvelle articulation de la lutte contre le grand banditisme en Corse qu’a présentée Michèle Alliot-Marie samedi à Ajaccio: la “task force” de renseignement opérationnel serait consacrée aux affaires judiciaires, essentiellement axée sur le terrorisme et la grande criminalité, et composée de policiers et de gendarmes.

Création d’une “task force” de renseignement et d’équipes communes d’enquête police-gendarmerie: une nouvelle articulation de la lutte contre le grand banditisme en Corse a été présentée samedi à Ajaccio, à l’issue du déplacement de la ministre de l’Intérieur dans l’île. Michèle Alliot-Marie a fixé comme  priorité  aux policiers et gendarmes de Corse de renforcer la lutte contre la grande criminalité, et leur a donné son accord pour ce nouveau dispositif, a-t-elle annoncé au sortir d’une réunion avec les responsables insulaires des forces de l’ordre.

En 2008, les actes de terrorisme ont diminué de moitié en Corse mais la violence criminelle a fortement augmenté, avec notamment un triplement du nombre d’homicides volontaires sur fond de règlement de comptes (21 contre 7 en 2007), selon un bilan du procureur général de Bastia Paul Michel. “Une +task force+ de renseignement opérationnel sur les affaires judiciaires, pour la Corse, essentiellement axée sur le terrorisme et la grande criminalité, composée de policiers et de gendarmes” va être créée, et elle “revêtira un caractère permanent”, ont expliqué à l’AFP les deux directions générales (DG). Ponctuelles, en revanche, des “équipes communes d’enquête” seront constituées, après “un assassinat, des crimes sériels (viols, braquages à géographie variable) ou encore pour retrouver une personne en fuite en Corse”, a-t-on poursuivi de même source.

Elles seraient composées à parité de “policiers et de gendarmes, implantés à la PJ et dirigés par un gendarme, ou implantés à la section de recherche et dirigés par un policier, puis dissoutes une fois l’affaire résolue”, selon la police et la gendarmerie. Selon les besoins, “un volet financier qui s’ajouterait à l’aspect criminel ou (…) des spécialistes des offices centraux de la police judiciaire”, pourraient les compléter, explique, sous couvert de l’anonymat, un haut fonctionnaire en poste en Corse. Des fonctionnaires de la préfecture de police de Paris (PP) pourraient aussi s’y intégrer. En effet, souligne la même source, “le milieu corse exerce ses activités criminelles essentiellement à l’extérieur de l’île, à Paris, sur le continent, à l’étranger, mais c’est +au pays+ qu’il investit, blanchit ses profits”.

Les magistrats devront être d’accord pour confier une enquête non pas à un service mais à une telle équipe. En effet, “actuellement, en France, au contraire d’autres pays tel que le Canada, on fait de la co-saisine (saisir d’une même affaire deux services différents qui vont travailler chacun chez lui), mais on ne se mélange pas”, rappellent les directions générales de la gendarmerie et de la police.

Au niveau de la justice, la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille centralise les plus gros dossiers de criminalité organisée pour la Corse. S’il ne s’agit pas de systématiser ces équipes communes, “il y a des situations qui s’y prêtent, d’autres pas”, elles forment en revanche une “technique très efficace”, affirment les directions générales. Ces équipes pourraient être un “symbole de la coopération et de l’arrivée de la gendarmerie au ministère de l’Intérieur”, ajoutent-elles, soulignant qu’en Corse les relations entre policiers et gendarmes sont déjà “bonnes” sous l’égide du coordonnateur des forces de sécurité Gilles Leclair.

Crowdfunding campaign banner

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *