vendredi 23 octobre 2020
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Contrôles alcool et stups dans les services de police : la colère des syndicats

La direction de la Police, afin de lutter contre le suicide, souhaite instaurer des contrôles inopinés d’alcool et d’usage de stupéfiants dans les services provoquant la colère de certains syndicats.

Ce projet d’arrêté, qui doit être présenté le 27 février lors d’un comité technique de la Police, prévoit notamment d’instaurer un “seuil minimum” d’alcoolémie à 0,10 mg par litre d’air expiré, taux auquel sont soumis les chauffeurs de bus. L’administration pourra également effectuer des contrôles d’usage de stupéfiants -ce qui n’existait pas auparavant-, et surtout, des contrôles inopinés d’alcoolémie pourront être opérés au sein des services.

Dans ce projet d’arrêté, la direction générale de la Police nationale (DGPN) rappelle qu’une étude de l’Inserm menée dans le cadre de la prévention au suicide au sein de la police, avait “mis en évidence le rôle des conduites addictives dans le passage à l’acte”, pour expliquer ces préconisations. Cette étude avait démontré que le taux de suicide chez les policiers était supérieur de 36% au reste de la population. La consommation d’alcool et de stupéfiants est évidemment strictement interdite au sein de la Police, mais les modalités de contrôle n’avaient jamais été clairement formulés.

“C’est scandaleux, c’est honteux!”, a réagi Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint du syndicat Alliance. “Une fois de plus, l’administration tente scandaleusement d’échapper à sa responsabilité en expliquant que le suicide serait de la seule responsabilité de l’agent. En ne réduisant le problème qu’à une seule discussion sur l’alcool et les stupéfiants, cela en dit long sur les intentions de l’administration à l’égard des agents.” “On n’est pas contre le fait que l’on puisse être contrôlé, il est évident qu’on ne peut ni être ivre ni être drogué en service. Mais il n’y a pas de problème particulier d’usage de stupéfiants et d’alcool dans la Police, c’est stigmatisant vis a à vis des policiers”, a dit pour sa part Nicolas Comte secrétaire général adjoint et porte-parole d’Unité-sgp police. “Ils se basent sur un rapport de l’Inserm sur la prévention du suicide, et sur la prévention des conduites addictives, mais là on est malheureusement dans un texte répressif et pas dans une démarche de médecine de prévention”.

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