mardi 2 juin 2020
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Face à la multiplication d'actes malveillants à l'encontre des soignants, la Gendarmerie a mis en place des dispositifs pour prendre soin des personnels de santé. (Illustration / L'Essor)
Face à la multiplication d'actes malveillants à l'encontre des soignants, la Gendarmerie a mis en place des dispositifs pour prendre soin des personnels de santé. (Illustration / L'Essor)

Comment la Gendarmerie se mobilise pour protéger les personnels soignants

Applaudis tous les soirs à 20h par des millions de français, les personnels soignants restent en première ligne dans la guerre contre la pandémie de coronavirus. Ils sont pourtant la cible de malfaiteurs. Pour y faire face, les gendarmes se mobilisent, à l’image de ces initiatives dans le Cher et dans l’Hérault.

Vols, agressions, menaces, escroqueries… si l’on pouvait présumer du fait que les personnels soignants puissent être relativement épargnés, en raison du caractère résolument altruiste de leur profession, la réalité semble malheureusement bien différente. En effet, le nombre d’atteintes recensées à leur encontre est en forte hausse ces dernières semaines.

Un dispositif dédié aux soignants

Dans le Cher, les gendarmes ont mis en place depuis la fin du mois de mars l’opération tranquillité-soignants. Ouverte à l’ensemble des personnels de santé, cette opération vise à protéger leur domicile d’atteintes alors qu’ils travaillent. “Nous l’avons préparé en lien avec les hôpitaux, ordres et syndicats de personnels de santé du département, dit à L’Essor le chef d’escadron Mathieu Douis, officier adjoint de commandement du groupement de Gendarmerie du Cher. Il s’agit en fait d’une extension de l’opération tranquillité vacances.”

Comme les habitants qui quittent leur domicile pour partir en vacances, les personnels soignants sont invités à s’inscrire. Pour cela, ils doivent remplir un formulaire. Ils y indiquent leurs dates et horaires de travail. Les gendarmes peuvent ainsi effectuer des vérifications ciblées lors de leurs patrouilles, permettant notamment d’éviter les cambriolages. Un SMS parvient d’ailleurs automatiquement aux bénéficiaires pour les informer du passage des militaires.

En plus de ce dispositif, les personnels de santé ont la possibilité de demander leur inscription au module de sécurité des interventions et de protection (SIP). De cette manière, ils sont référencés dans une base de données opérationnelle pour une durée déterminée. En cas d’appel au 17, les opérateurs de la Gendarmerie connaitront déjà leur identité, leurs coordonnées et les risques particuliers qu’ils peuvent connaître. Il est ainsi possible de déclencher plus rapidement l’intervention.

Lire aussi: Le coup de chapeau d’un gendarme aux soignants

Coup de pouce aux infirmiers et aux médecins dans l’Hérault

En Occitanie, en plus des enseignants et des commerçants, les infirmiers bénéficient également d’une attention particulière des gendarmes. Dans un communiqué commun diffusé ce mercredi 22 avril, le groupement de Gendarmerie de l’Hérault et le conseil de l’Ordre des infirmiers du département annoncent leur union “pour le développement d’actions concrètes“. Plusieurs dispositifs ont ainsi vu le jour. À commencer par une aide et des conseils de prévention délivrés aux personnels infirmiers. Objectif: qu’ils soient moins vulnérables et plus vigilants.

“Nous avons publié sur le site internet de l’Ordre des infirmiers et diffusé via le réseau, des documents expliquant ce qu’est une plainte, comment en déposer, ou encore des conseils pratiques à appliquer leur de leur déplacement, détaille à L’Essor le colonel Christophe Brochier, adjoint au commandement du groupement de Gendarmerie de l’Hérault. Par exemple, enlever le caducée de leur pare-brise, ou ne pas laisser de gel hydroalcoolique ou des masques visibles dans le véhicule.”

“L’objet d’actes et des menaces minables”

D’ailleurs, au-delà des infirmiers, les actions mises en place par les gendarmes héraultais concernent également les médecins et l’ensemble de ceux qui travaillent dans le milieu de la santé.  Plusieurs d’entre eux ont effectivement été la cible d’agressions ou de vols au cours des dernières semaines. “Certains font aussi l’objet d’actes et de menaces minables”, déplore le colonel Brochier, évoquant le cas d’une infirmière forcée à quitter le logement qu’elle louait à Montarnaud, sous la pression de ses propriétaires… Ces derniers comparaitront d’ailleurs en justice en juin. “Nous n’avons heureusement enregistré que peu de cas.”

Les gendarmes héraultais avertissent par ailleurs qu’ils mobiliseront tous les moyens d’investigation nécessaires pour que ces actes ne restent pas impunis. En fonction de la gravité des actes et de la ramification des entreprises criminelles, ils pourront engager les unités de recherches locales et régionales, voir même nationales comme l’Oclaesp.

Les soignants et personnels de santé bénéficient d'un accueil prioritaire dans les unités de Gendarmerie, comme ici à la brigade de Capestang, dans l'Hérault. (Photo : Facebook GGD34)
Les soignants et personnels de santé bénéficient d’un accueil prioritaire dans les unités de Gendarmerie, comme ici à la brigade de Capestang, dans l’Hérault. (Photo : Facebook GGD34)

Un accueil prioritaire dans les brigades

Si malgré tout ils venaient à être victime d’actes malveillants, ils pourront toutefois venir déposer plainte. Pour ce faire, ils bénéficient désormais d’une priorité d’accueil dans les brigades. Ce, afin de faciliter le recueil de leurs plaintes. En outre, le dispositif de pré-plainte en ligne, d’ordinaire réservé aux atteintes aux biens, leur est ouvert plus largement. “Nous nous organisons également pour que les gendarmes puissent –lorsque cela est possible– venir directement chez les personnels de santé victime, ou sur leur lieu de travail, afin de leur faire signer leur plainte.

Enfin, ils précisent que “d’autres actions pourront être envisagées” suivant l’évolution de la situation. “Pour les aider à faire face aux menaces et agressions verbales auxquelles ils sont régulièrement confrontés, nous pourrons organiser des sessions de formation à la gestion des conflits avec des gendarmes négociateurs, comme nous le faisons déjà avec l’Éducation nationale”. Car au-delà de la crise, l’objectif est bien de créer du lien durable avec les personnels de santé. “C’est l’essence même de l’ADN du gendarme, conclue le colonel Brochier. Être un acteur au cœur du territoire.”

LP

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4 Commentaires

  1. Retraité

    Dans un autre registre du soutien, à noter les informations très utiles et continuellement mises à jour, sur le site internet du Centre National de Ressources et de Résilience (CN2R) :

    http://cn2r.fr/recommandations-epidemie-covid-19/
    http://cn2r.fr/aider-ceux-qui-aident/

    A noter également la présence sur tweeter du CN2R :
    https://twitter.com/cn2r_france?lang=fr

  2. Dédé

    Les gendarmes maritimes aussi ont fait livreurs de protections pour les soignants:
    https://www.colsbleus.fr/articles/12085

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