vendredi 19 avril 2019
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Drône
Photo d'illustration (Crédit photo: GT/L'Essor).

Salon Milipol de la sécurité intérieure des états : à l’ère des drones, des robots et des algorithmes

Drones, robots, vidéosurveillance intelligente : la technologie est de plus en plus présente dans tous les métiers de la sécurité intérieure. Ce n’est pas une surprise : la vingtième édition du salon Milipol, la grande foire aux équipements de sécurité intérieure, qui s’est ouverte ce mardi 21 novembre à Villepinte (Seine-Saint-Denis), n’est pas avare en nouveautés high-tech. « L’Essor » a sélectionné cinq nouveaux produits qui pourraient changer le travail des forces de sécurité intérieure, et donc des gendarmes, dans les années à venir.

1. Un drone IMSI Catcher

drone ismi catcher
Le drone ISMI Catcher mis au point par Risk & Co (Crédit photo: GT/ L’Essor).

C’est un projet qui va intéresser d’abord les services de renseignement. Mais demain, son utilisation pourrait s’élargir aux services d’enquête judiciaire, voire même au secours à personnes. La société française d’ingénierie Risk & Co vient de mettre au point un drone intégrant un IMSI Catcher.

Cet équipement de surveillance simulant une fausse antenne relais pour téléphones portables est  utilisé pour intercepter le trafic des communications mobiles, récupérer des informations à distance ou pister les mouvements des utilisateurs des terminaux.

« Nous avions fait le constat, sur différents engagements, que les vingt à trente derniers kilomètres étaient difficiles à franchir », explique un cadre de l’entreprise. Terrains peu praticables ou nécessité de ne pas être vu : le couplage sur un drone, ici un DT26M de la marque Delair, doit faciliter la surveillance discrète. L’entreprise a réalisé une première présentation opérationnelle en octobre 2017. Ce petit bijou du renseignement, d’une valeur estimée à plusieurs centaines de milliers d’euros, a déjà suscité plusieurs marques d’intérêt.

2. Le robot de surveillance

TBC
Renato Cudicio, le président de TBC-France (Crédit photo: GT/ L’Essor).

Surveiller un entrepôt ou un ministère, cela demande du personnel. Souvent trop, que ce soit en période de restrictions budgétaires ou de redéfinition des priorités des forces de l’ordre. Si les systèmes de contrôle d’accès ont déjà permis de réduire l’investissement en personnel, plusieurs sociétés proposent depuis quelques années des robots innovants chargés de réaliser des patrouilles. L’entreprise EOS Innovation, rachetée par le groupe Parrot, a ainsi déployé son robot E-Vigilante, par exemple. Un nouvel acteur, TBC-France, filiale de TBC-World Group, veut également s’imposer sur ce marché estimé à quelques milliers de robots en France. Tout d’abord en distribuant le robot autonome d’extérieur de la société californienne SMP Robotics, mais aussi en proposant son homologue « Jack », conçu et assemblé lui en France. Actuellement en test dans les locaux de l’entreprise, cette nouvelle machine va bientôt être déployée en conditions réelles à des fins d’expérimentation sur des sites de prospects. Son point fort ? Il diminue le nombre de levées de doute parfois fastidieuses à effectuer dans les grands sites équipés de protection périmétrique. « En cas d’alarme, cela coûte cher d’envoyer un personnel faire la levée de doute, alors que dans 95 % des cas il n’y a pas d’incident », souligne Renato Cudicio, le président de TBC-France. S’il ne perçoit pas de salaire, le robot autonome a tout de même un coût, évalué à 5.000 euros par mois.

3. Des algorithmes pour la vidéosurveillance

Jean-Marie Bailly, le président de la start-up Aquilae, est un dirigeant heureux. Son entreprise, qui affiche seulement quelques mois d’existence, après cinq ans d’incubation, vient d’être primée par le salon Milipol. Le travail de cette PME basée à Troyes (Aube) sur la détection d’incidents à travers un réseau de surveillance offre en effet de belles perspectives. Avec ses dix ingénieurs, l’entreprise a mis au point des algorithmes permettant d’identifier, sur un réseau de caméras de vidéosurveillance déjà existant, différents incidents tels que la présence d’un colis abandonné, une bagarre ou une personne à terre. Sa technologie a été testée à Paris et à Marseille en mai, avec succès : le taux des alarmes sans objet est resté inférieur à celui exigé par le ministère de l’Intérieur dans le cadre de ce test. Concrètement, l’entreprise branche sur la caméra un système informatique qui va analyser le flux vidéo et détecter les anomalies configurées, soit en temps réel, soit après coup. « Nos caméras sont comme des sentinelles, elles permettent une aide à la décision immédiate », résume Jean-Marie Bailly. Testé chez un concessionnaire de Troyes, ce dispositif – son coût est estimé à un tiers du coût global de l’installation de vidéosurveillance – a déjà permis l’interpellation en flagrant délit de voleurs d’automobiles. Branché a posteriori sur une banque d’images, il peut également être configuré pour retrouver un événement précis. De l’or pour les services judiciaires parfois astreints à de longues et pénibles heures de visionnage lors d’enquêtes.

4. Des véhicules flambant neufs

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Le véhicule léger tactique développé par Renault Trucks Defense (Crédit photo: GT/ L’Essor).

Après l’armée de Terre, Renault Trucks Defense (Groupe Volvo) vise désormais la sécurité intérieure. L’entreprise vient de dévoiler au salon Milipol sa nouvelle gamme de véhicules légers tactiques. « Ce sont des véhicules simples, robustes, et préparés à des applications de sécurité », explique Emmanuel Levacher, le président de la société. L’entreprise a déjà enregistré une commande importante (3.700 unités) de l’armée de Terre qui en a fait son nouveau véhicule de liaison, en remplacement de la fameuse « Peugeot P4 ». Il sera utilisé notamment par les soldats de Sentinelle. « Nous pensons, moyennant quelques adaptations, qu’il pourrait être également un bon véhicule polyvalent pour les forces de Police ou de Gendarmerie, pour des missions de transport, de surveillance, de liaison », poursuit Emmanuel Levacher. Il peut enfin être blindé ou durci. De quoi intéresser la Gendarmerie pour certaines missions nécessitant un blindage.

5. Un laboratoire mobile pour l’expertise ADN

La société Tracip compte bien faire essaimer le savoir-faire de la gendarmerie dans le monde entier. Depuis janvier, cette entreprise basée près de Nancy (Lorraine) commercialise un nouveau laboratoire mobile mis au point par la gendarmerie. Ce camion, dédié à l’établissement de profils génétiques, se révèle être un outil indispensable en cas de catastrophe naturelle, de tuerie de masse ou d’un acte terroriste. En France, il a ainsi été utilisé pour la première fois après le crash de la Germanwings ou lors de l’attentat de Nice. Tracip, également connue des gendarmes pour son expertise dans l’investigation numérique, compte pour le moment plusieurs dizaines de pays intéressés par cette technologie développée par l’IRCGN. Et pour cause: le laboratoire mobile utilise une méthode d’analyse de l’ADN plus rapide (les premiers résultats s’obtiennent en deux heures et demie contre six heures pour la méthode standard) et moins coûteuse (30 euros contre environ 250 euros). De très bons résultats obtenus grâce à un écouvillon, cette sorte de petit bâtonnet qui permet de recueillir l’ADN. Celui développé par la Gendarmerie inclut un premier lot de substances chimiques qui permettent de démarrer le processus de cassage de la chaîne de l’ADN dès le recueil, faisant ainsi gagner un temps précieux. L’Institution vient d’annoncer, le 17 novembre 2017, la signature d’un partenariat avec l’industriel Copan pour le transfert et la production du brevet correspondant, GendSag.

Lire aussiADN – Le laboratoire mobile d’analyses génétiques de la gendarmerie s’exporte
Gabriel THIERRY.

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