L'Essor

Ce commentaire d’un colonel de Gendarmerie sur le maintien de l’ordre qui passe mal dans la Police

Le colonel Michaël Di Meo (capture d'écran BFMTV).

C’est un bref commentaire qui a déjà fait beaucoup de bruit. BFMTV se penche ce lundi 8 avril sur le maintien de l’ordre face aux Gilets jaunes. Un extrait, diffusé dans la journée, a aussitôt fait polémique avant même la diffusion intégrale du reportage. On y voit un colonel de Gendarmerie, Michaël Di Meo, le commandant du groupement II/1 de gendarmerie mobile de Maisons-Alfort (Île-de-France), réagir à une séquence vidéo filmée le 1er décembre 2018, lors de l’acte 3 des Gilets jaunes.

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Ce jour-là, la capitale sombre dans le chaos et le pillage. La chaîne d’information en continu montre une séquence tournée dans un restaurant Burger King avenue de Wagram. On y voit des CRS délogeant avec la force des personnes réfugiées dans le commerce. “C’est de la violence policière”, commente à chaud le colonel Di Meo, interviewé depuis plus d’une heure quand on lui remet dans les mains l’ordinateur portable montrant la vidéo. “Malheureusement, quand les manifestants parlent de violences policières, je suis obligé d’aller dans leur sens“, poursuit-il. Des témoins, dont des photographes de presse présents sur place, dénonceront plus tard des violences illégitimes.

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Un spécialiste

Spécialiste du maintien de l’ordre, le colonel Michaël Di Meo est diplômé de l’Ecole militaire interarmes (EMIA). Il commande désormais le groupement II/1 de gendarmerie mobile de Maisons-Alfort. A ce titre, il a donc suivi les manœuvres des gendarmes mobiles dans la capitale pendant les manifestations des Gilets jaunes cet hiver. L’officier dirigeait précédemment le groupement II/2 de gendarmerie mobile de Mont-de-Marsan et avait supervisé des stages au Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) de Saint-Astier (Dordogne). Il est “un grand professionnel du maintien de l’ordre dans toutes ses dimensions – doctrinal, déontologique et tactique, résume le général (2S) Bertrand Cavallier. Sous son commandement opérationnel, les unités ont toujours démontré une efficience remarquable et une très grande maîtrise.”

Un CV éloquent qui n’a pas empêché les réactions indignées venues de la Police. Le directeur général de la Police nationale Eric Morvan a regretté sur twitter l’utilisation du terme de “violences policières” qui “suggère un système sciemment organisé”. “C’est évidemment faux, poursuit le chef de la Police. J’appelle certains commentateurs, fussent-ils gendarmes, à respecter le temps des enquêtes.” Dans un communiqué au titre évocateur, “La balance“, le syndicat de police Synergie officiers, a lui demandé au ministre de l’Intérieur de “rappeler à l’ordre la Gendarmerie qui n’est pas la directrice de conscience des policiers”. “Cette stratégie de dénigrement n’est pas nouvelle mais elle devient systématique en l’absence de réaction des plus hautes autorités”, ajoute le syndicat. “Attention à ne pas faire un faux procès au colonel Di Meo qui a toujours travaillé en très bonne symbiose avec les autres forces de l’ordre, tempère Bertrand Cavallier. Il n’y a aucune volonté de stigmatiser qui que ce soit.” Un débat à retrouver ce soir sur BFMTV. Le reportage sera en effet suivi d’un échange entre représentants des syndicats de police et, pour les gendarmes, Bertrand Cavallier.

G.T.

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