lundi 28 septembre 2020
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Billet d’humeur – Redonner à la Gendarmerie sa place dans le renseignement territorial

Une nouvelle fois le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI, officiers de police) part en guerre contre la Gendarmerie dans des démarches d’intérêts particuliers.

Après des revendications, largement diffusées, relative au galonnage des commandants divisionnaires et échelons fonctionnels et sur l’usage des armes par les fonctionnaires de police, ce syndicat vient, dans une décision du tribunal administratif de Paris datée du 3 novembre 2016, d’obtenir l’annulation de la nomination de six officiers de gendarmerie dans le Service central du renseignement territorial (SCRT).

L’un d’eux, sur son lieu de travail, vient de faire l’objet d’une sommation interpellative par voie d’huissier et sommé de répondre à trois questions relatives à la décision du tribunal administratif de Paris. Force est de reconnaître, que cette situation est humiliante pour les personnes concernées et provoque des doutes et une incompréhension grandissante dans l’équité des rapports Police-Gendarmerie.

Dans un contexte opérationnel exigeant en raison de la situation actuelle où l’état d’urgence a été prorogé face au risque permanent d’attentats partout en France, l’absence de la gendarmerie dans la chaîne du renseignement est une grave erreur.

La gendarmerie, couvre 95 % du territoire. C’est une force militaire de proximité envers les citoyens qui depuis son origine à toujours fait du renseignement.

C’est dans un rapport de la Délégation parlementaire au renseignement que ce nouveau service a été remis en place, à l’échelon local, avec une mission autrefois dévolue aux RG, officiellement supprimés en 2008. Cette nouvelle structure fait suite au « manque de coordination » entre la DCRI et les SDIG lors de l’affaire Merah. Composée majoritairement de policiers et de gendarmes, le SCRT devrait atteindre 2.490 « policiers et gendarmes » en fin d’année 2017 répartis dans six Sections zonales de la recherche et de l’appui (SZRA), six Services zonaux du renseignement territorial (SZRT), 15 Services régionaux du renseignement territorial (SRRT), 78 Services départementaux du renseignement territorial (SDRT), 84 Antennes du renseignement territorial (ART) sur les lieux d‘implantation de certaines brigades de gendarmerie et dans les aéroports comptant plus de 4 millions de voyageurs par an. (1)

Le SCRT reprend en grande partie les missions des anciens RG et la recherche des renseignements dans les domaines de la vie institutionnelle, économique et sociale susceptibles d’entraîner des mouvements revendicatifs ou protestataires auxquels il faut ajouter le développement du cyber-renseignement, secteur dont la Gendarmerie fait déjà partie.

L’UNPRG demande une clarification concernant les attaques de certains syndicats de police et de redonner à la Gendarmerie la place qui lui convient dans la recherche du renseignement territorial.

Dans un éditorial d’Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement (CFR2), celui-ci précise qu’il est demandé aux membres du SCRT de faire remonter immédiatement toutes les informations qu’ils recueillent, sans même les recouper ni les synthétiser en ajoutant que cette méthode est en vigueur dans la Gendarmerie. Il regrette le manque de formation dans une école du renseignement au ministère de l’Intérieur alors que la gendarmerie a la possibilité de former des cadres à l’Ecole interarmées du renseignement et des études linguistiques (Erel) à Strasbourg. Pour lui, l’accroissement des moyens ne résout pas les problèmes et il met en garde contre une « guerre des services » préjudiciable à l’institution Gendarmerie, ce qui est le cas aujourd’hui.

Jean-Pierre VIROLET

Premier président national adjoint de l’UNPRG

(1) Source Wikipédia

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Un commentaire

  1. Mény

    Bonjour,
    Ancien gradé de gendarmerie, j’ai eu l’occasion , déjà dans les années 60, de constater que la police voulait toujours empiéter sur les prérogatives de la gendarmerie …et cela continue…en 2016. Navrant .

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