lundi 28 septembre 2020
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(Photo illustration SD/ Essor)

Aulnay : saisie de l’IGPN après de nouvelles accusations de violences policières

Le parquet de Bobigny a saisi mercredi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) après le témoignage d’un agent municipal qui dit avoir subi une violente interpellation à Aulnay-sous-Bois, trois jours avant celle de Théo, victime dans la même ville d’un viol présumé par un policier.

La saisine intervient après la publication mercredi dans Libération du témoignage de Djamel, père de famille de 34 ans, qui affirme avoir été insulté et frappé le 30 janvier par trois policiers de la brigade anticriminalité (BAC) d’Aulnay-Sous-Bois, en Seine-Saint-Denis.

Il est au volant quand une voiture lui coupe la route, selon son récit. L’animateur “pile” et se retrouve à faire barrage à un véhicule de police banalisé, où se trouvent quatre agents de la BAC lancés dans une course-poursuite. “Bouge de là, fils de pute“, lui lance l’un d’entre eux. L’animateur demande des excuses, le ton monte. Il sort de son véhicule, tout comme deux policiers.

Selon une vidéo filmée par un témoin et consultée par Libération, l’animateur est alors saisi au niveau du cou. “Celui qui m’étranglait a serré très fort pendant environ une trentaine de secondes. J’ai cru que j’allais mourir, je n’arrivais plus du tout à respirer“, dit-il. Il est ensuite menotté et placé dans le véhicule des policiers. “Je leur ai expliqué que je travaille à la ville (…), que je vais en parler au maire“, raconte-t-il. Les policiers le relâchent. Son médecin lui prescrit cinq jours d’ITT (interruption temporaire de travail). Il se rend ensuite au commissariat d’Aulnay pour porter plainte, ce qu’on lui refuse. Idem à celui de Villepinte, selon ses déclarations. L’animateur dit n’avoir pu se rendre à l’IGPN par la suite “pour des raisons personnelles“.

Son interpellation a eu lieu à quelques mètres de celle de Théo, jeune homme noir de 22 ans, victime d’un viol présumé au moyen d’une matraque le 2 février lors d’un contrôle d’identité. Quatre fonctionnaires ont été mis en examen pour ces faits, dont l’un pour viol. Le témoignage de Djamel survient aussi après celui de Mohamed K. qui a raconté le 14 février dans la presse avoir été passé à tabac une semaine avant l’interpellation de Théo. A la suite de son témoignage, qui met en cause plusieurs policiers impliqués dans l’interpellation de Théo, le ministère de l’Intérieur et le parquet de Bobigny ont saisi l’IGPN.

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