mercredi 28 octobre 2020
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Attaque du RER D en gare de Grigny : seize interpellations

La Police a interpellé mercredi seize personnes, dont treize mineurs, suspectées d’avoir participé à l’agression d’usagers du RER D, le 16 mars, lors d’une attaque qui n’avait pas fait de blessé mais relancé la polémique sur l’insécurité des transports en région parisienne.

Environ 190 policiers, dont une équipe du RAID (unité d’élite de la Police), ont pénétré vers 6 heures dans la gigantesque copropriété de Grigny 2, située tout près de la gare RER de Grigny-Centre (Essonne) où, le 16 mars vers 22H30, plusieurs passagers du RER D avaient été rançonnés par une vingtaine d’individus qui les avaient forcés à remettre leurs portables, portefeuilles et sacs à mains.

Lors de l’opération de Police, qui visait vingt personnes, seize jeunes âgés de 14 à 18 ans ont été interpellés, a déclaré lors d’un point-presse le directeur départemental de la sécurité publique de l’Essonne Luc-Didier Mazoyer, précisant que la quasi-totalité habitait cette cité sensible classée zone de sécurité prioritaire (ZSP).

Des sources policière et judiciaire avaient fait état plus tôt d’une interpellation à Montreuil (Seine-Saint-Denis). “Grâce aux vidéos et aux témoignages, nous avons été capables d’identifier un certain nombre de personnes que nous suivions depuis plusieurs semaines et que nous savions capables de commettre de tels méfaits”, s’est félicité M. Mazoyer. Les interpellations se sont déroulées “sans incident majeur”, a-t-il ajouté.

Les suspects ont été placés en garde à vue dans les locaux de la sûreté départementale de l’Essonne, chargée de l’enquête. Selon le procureur d’Evry, Eric Lallement, certains d’entre eux sont également soupçonnés d’avoir participé à deux autres attaques de moindre ampleur perpétrées les 13 et 15 mars, toujours sur le RER D. Des éléments utiles à l’enquête ont été saisis au domicile des suspects, notamment des ordinateurs, des téléphones portables ou des vêtements susceptibles d’appartenir aux usagers dépouillés de leurs biens, a-t-il ajouté. “pas le far west” L’agression dans le RER, qui n’avait duré que quelques minutes et n’avait pas fait de blessé, avait beaucoup impressionné, relançant une polémique alimentée par la droite sur l’insécurité dans les transports d’Ile-de-France.

Le maire PCF de la ville, Philippe Rio, a fait part de son soulagement après les interpellations, dénonçant un “acte grave mais imbécile”. “Grigny ce n’est pas le far west, mais ce n’est pas non plus le pays des bisounours”, a-t-il expliqué. M. Rio demande une sanction “appropriée”, mais souligne surtout “la faute morale de ces jeunes ” qui va renforcer, selon lui, la “discrimination à l’adresse” dont sont victimes les habitants de Grigny. “Leur acte jette le discrédit sur une majorité silencieuse qui ne demande qu’à vivre tranquillement”, estime-t-il.

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, qui s’est rendu à Evry dans l’après-midi pour saluer le travail des policiers, s’est félicité de ces arrestations. “Ces faits ne devaient pas rester impunis”, a-t-il dit. Les interpellés sont “des individus dangereux malgré leur jeune âge” et “appartiennent à des bandes qui défient l’ordre républicain”, a-t-il affirmé, ajoutant faire “confiance à la justice”. “L’ordre républicain doit s’imposer, il doit y avoir un choc en retour” face à de tels actes, a-t-il déclaré.

La peine maximale pour de tels faits, vols avec violence commis en réunion dans un moyen de transport, est de dix ans de prison.

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