mercredi 30 septembre 2020
Accueil / Société / Commission d’enquête post-attentats : bilan satisfaisant
Assemblée nationale
L'Assemblée nationale (Photo d'illustration L'Essor).

Commission d’enquête post-attentats : bilan satisfaisant

Instauration au pas de charge du renseignement pénitentiaire, meilleure prise en charge des victimes, mais refus d’une agence nationale du renseignement : des députés ont dépeint mardi un bilan satisfaisant de l’action de exécutif quinze mois après les attentats de novembre 2015.

Si on avait une note à mettre, je mettrais : +bien mais peut mieux faire+“, a souri le député Georges Fenech lors d’une conférence de presse. Le député LR a présidé une commission d’enquête parlementaire sur les attentats de 2015, qui a rendu ses conclusions en juillet dernier. Sept mois plus tard, il est rapporteur d’une mission de suivi chargée d’évaluer la mise en oeuvre des propositions alors faites. “J’allais dire la même chose : +Peut mieux faire+“, a renchéri Sébastien Pietrasanta, rapporteur de la mission de suivi comme de la commission d’enquête.

Alors que quarante propositions avaient été formulées par cette structure l’été dernier dans le cadre de la lutte antiterroriste ou la prise en charge des victimes, vingt ont été mises en oeuvre, sont en cours de mise en oeuvre, ou sont “au cœur de la réflexion” du gouvernement, a détaillé le député PS.

essorpacacapacitésantiterrosistes2
Pour cette démonstration des capacités antiterroristes, le PSIG Sabre de Brignoles a été engagé avec l’antenne GIGN d’Orange et le peloton d’intervention de l’escadron 22/6 d’Hyères. (Photo d’illustration/Jean-Pierre Amet pour “L’Essor”).

La commission avait appelé à la modification du protocole d’intervention des personnels de secours, pour qu’ils puissent intervenir dans des lieux encore non sécurisés, ce qui a été fait. Au Bataclan, où 90 personnes avaient péri, les blessés avaient dû attendre 2H20 que tous les assaillants soient neutralisés. Les parlementaires avaient également recommandé la formation des équipes de secours à la médecine de guerre, ou le déploiement au niveau national d’un système informatique de suivi des victimes. Deux mesures en cours de réalisation, se satisfont-ils.

Autre progrès : des forces “intermédiaires” d’intervention, telles que les Pelotons de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (PSIG) ou les Brigades anticriminalité (BAC) de la police, sont désormais équipées de boucliers et d’armes longues, ce qui est “une avancée considérable“, selon Georges Fenech.

Le renseignement encore à la peine

Si la BAC du Val-de-Marne, la première à arriver au Bataclan le 13 novembre 2015, avait eu ces armes, ses hommes auraient pu intervenir, quand “30 minutes” ont alors été perdues pour attendre l’arrivée des forces lourdement équipées de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Paris, a-t-il noté. “Mais nous sommes absolument convaincus qu’il fallait aller bien au-delà dans la réforme des services de renseignement“, a-t-il affirmé. Même si le renseignement pénitentiaire a été monté au pas de charge ces derniers mois, ce qui constitue selon lui une “grande satisfaction“.

Alors que la commission d’enquête prônait la création d’une agence nationale du renseignement, placée directement sous l’autorité du Premier ministre – sur le modèle américain du Centre national antiterroriste créé après le 11 septembre 2001 -, et qu’elle demandait la formation d’un pôle du renseignement territorial, aujourd’hui éparpillé entre plusieurs agences, rien n’a été effectué en ce sens. “Pourtant, il faut mettre le paquet sur le renseignement territorial, qui aujourd’hui reste le parent pauvre“, a remarqué Sébastien Pietrasanta.

A titre d’exemple, les frontières entre services de renseignement avaient permis la levée de la surveillance de Saïd Kouachi dès lors qu’il avait quitté Paris pour Reims. Il avait alors disparu des radars, pour ne réapparaître que le 7 janvier 2015 en attaquant Charlie Hebdo. Autre questionnement lourd, celui relatif à l’état d’urgence et à l’opération Sentinelle, deux dispositifs dont la commission avait remis en question l’efficacité dans la lutte antiterroriste. “C’est toujours délicat pour un gouvernement d’arrêter Sentinelle, comme il est difficile d’arrêter l’état d’urgence. Qui prendra le risque de donner le sentiment de baisser le niveau de garde et de vigilance?“, s’est interrogé Georges Fenech.

Mais il faudra bien un jour ou l’autre qu’on prenne cette décision.” Sébastien Pietrasanta, lui, en a appelé au “consensus républicain” pour sortir de dispositifs “longs, coûteux et dont les ressources humaines pourraient être mieux employées“. “Il faudra avoir le courage politique après les échéances électorales, gauche et droite, de se mettre d’accord“, a-t-il lancé, et “éviter les procès d’intention” et les accusations mutuelles de “désarmer” la France.

Crowdfunding campaign banner

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *