dimanche 17 février 2019
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Alexandre Benalla, un collaborateur apprécié des gendarmes de l’Elysée

Un “excellent professionnel” pour le général Eric Bio-Farina, le commandant militaire de l’Elysée, une personne “dévouée, disponible, et très efficace dans son travail”, pour le colonel Lionel Lavergne, le chef du Groupe de sécurité de la présidence de la république (GSPR)… Les deux officiers de Gendarmerie à la tête de la sécurité de l’Elysée ont dressé, devant les députés de la commission des Lois, ce mercredi 25 juillet, un portrait flatteur d’Alexandre Benalla, l’adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron suspecté d’avoir frappé des manifestants le 1er-Mai.

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Dans deux auditions distinctes, les deux officiers ont détaillé leurs relations avec ce jeune homme pris aujourd’hui dans la tourmente. Alexandre Benalla, expliquent-ils, participait à l’organisation des déplacements officiels et à la coordination des différents services intéressés. Il avait également un rôle dans l’organisation des déplacements non-officiels du président et dans la gestion des invitations pour le 14-Juillet.

Pas d’autorité sur les services de sécurité

Le colonel Lionel Lavergne (Capture d'écran Assemblée nationale).
Le colonel Lionel Lavergne (Capture d’écran Assemblée nationale).

Alexandre Benalla n’avait aucune autorité sur les services de sécurité, mais pouvait dans ses fonctions donner des consignes faisant évoluer le dispositif de sécurité“, signale Lionel Lavergne, le patron du GSPR, en charge de la protection du président lors de ses déplacements. De même, Alexandre Benalla n’avait pas non plus pour rôle de coordonner le commandement militaire et le GSPR, poursuit-il. L’arrêté de la préfecture de police de Paris autorisant le jeune homme à porter une arme crédite pourtant l’intéressé, comme l’a révélé Le Point, d’une mission “de coordination de la sécurité entre les forces militaires et le GSPR”.

“Nous n’avons pas besoin de quelqu’un pour nous parler”, explique à ce sujet le colonel Lionel Lavergne. Mais, ajoute-t-il, “nous avons eu besoin, sous le pilotage du directeur de cabinet, de quelqu’un pour faire l’interface entre le cabinet et les services”, réfutant ainsi l’hypothèse d’une officine ou d’une police parallèle à l’Elysée. La presse s’interroge en effet sur le rôle exact du chargé de mission au Palais, lui prêtant parfois une influence certaine.

Le général de gendarmerie Eric Bio-Farina (capture d'écran Assemblée nationale).
Le général de gendarmerie Eric Bio-Farina (capture d’écran Assemblée nationale).

“Ce qu’Alexandre Benalla faisait, il le faisait bien, et vite, souligne Eric Bio-Farina. Il avait 26 ans, sans doute quelques défauts propres à la jeunesse, une forme d’enthousiasme, de la fougue, qui pouvait paraître parfois débridée.” Mais, ajoute le commandant militaire, responsable de la protection des bâtiments de l’Elysée, “tout le monde appréciait à la présidence ses services”. Et malgré le jeune âge du protégé d’Emmanuel Macron, le général précise que le chargé de mission “avait une grande connaissance des problématiques de sécurité” acquise “sans doute” au cours de ses études et de son expérience professionnelle.

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Réactif et cordial

Alexandre Benalla “était très réactif et pour nous un très bon interlocuteur dans l’organisation des déplacements du président de la République, indique également le colonel Lionel Lavergne. Il a toujours eu des rapports très cordiaux avec les personnels sous mon autorité, et je n’ai jamais eu de retours faisant état de comportement déplacé ou été craint de certains personnels du GSPR.”

Le témoignage du chef de cette structure de 76 personnels, gendarmes et policiers, renforcée depuis un an, est à l’opposé de celui d’Yves Lefèbvre. Le secrétaire général du syndicat Unité-SGP Police FO assurait au micro de BFM-TV qu’Alexandre Benalla, surnommé “Rambo”, “faisait régner la terreur” par des “insultes et de menaces” au sein du GSPR.

Les deux militaires vont enfin côtoyer Alexandre Benalla dans le cadre de la réforme de la sécurité de l’Elysée. Un chantier sensible, dont peu d’éléments ont été dévoilés, qui, explique Lionel Lavergne, s’inscrit dans un “projet plus global de transformation des services de l’Elysée”. Ce dossier a été lancé à la mi-avril par le directeur de cabinet d’Emmanuel Macron lui-même, Patrick Strzoda. Et dans certains groupes de travail mis en place, on retrouve Alexandre Benalla.

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Réforme de la sécurité : pas au stade de l’organigramme

Les deux officiers ont tous deux réfuté toute prise de contrôle du jeune chargé de mission, adjoint au chef de cabinet sur le volet sécurité de cette réforme stratégique. “Nous n’étions pas au stade de l’organigramme et des nominations de la nouvelle structure”, explique le général Bio-Farina, le pilote de cette réforme. “Il n’a jamais été envisagé qu’Alexandre Benalla ait une fonction particulière dans cette structure”, complète son copilote, dans ce projet, le colonel Lionel Lavergne.

La Cour des comptes (Crédit photo: TouN
La Cour des comptes (Crédit photo: TouN

Hasard du calendrier, la Cour des comptes a rendu public le 24 juillet son contrôle des comptes de l’Elysée. Les magistrats de la rue Cambon relèvent que la structuration des services intervenant dans le champ de la sécurité, de la communication et de la logistique, et de la gestion des événements et des déplacements sont considérés comme des “chantiers prioritaires”.

“Ce projet de réorganisation des services offre des potentialités multiples pour améliorer l’efficacité des services de la présidence et l’efficience de leur gestion”, saluent-ils. Les personnels employés par le commandement militaire (241 agents), qui bénéficie du soutien logistique de la Garde républicaine, et par le GSPR (77 personnes), rattaché au service de la protection du ministère de l’Intérieur, représentent environ un tiers des effectifs des services de l’Elysée.

Gabriel Thierry

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5 Commentaires

  1. Quel etait le cursus pro de ce Benalla pour etre si plesbicite?
    Personne ne repond…apparemment c etait inne chez lui!
    De qui se moque t on parmi ces hautes instances

    La aussi, il y aurait du menage a faire!!

  2. Daniel Chollet

    Je préférerais l’Armée dont fait partie la Gendarmerie quand on l’appelait la Grande Muette

  3. flashlook

    il est clair que mr” A B “a voulu chercher a s’ étoffer un CV le crédibiliser en associant l l image de la GENDARMERIE NATIONALE à son nom , mais pour cela il fallait passer comme tous gendarmes par une école de sous officiers ou d officiers mr ” A B ” n en avait aucunement l intention
    alors existait une solution ” la réserve ” qui lui permettait de s ‘ immiscer et d obtenir le fameux “” GENDARMERIE NATIONALE ” du bas de l échelle par ses capacités intellectuelles lumineuses il s est soudain trouvé propulsé au sommet de l échelle des grades de cette arme vénérable et a seulement 26 ans ; et encore il aurait être nommé général 5 étoiles , bon ok là ca aurait fait un peu bizarre je vous l accorde

  4. flashlook

    franchement ,on ne pouvait s ‘attendre à autre déclaration et point de vue de la part d ‘officiers affectés a l élysée , sur mr ” A B “” que mr macron président a déclaré être fier d avoir embauché
    quand on veut conserver son poste , on ne va pas contre le grand – chef au risque d être viré soi même et muté par exemple aux Kerguelen ,, ,

  5. Unmibh

    Ces commentaires flatteurs me laissent pantois ! On pourrait penser que personne n’ose mettre en jeu son avenir , voudrait conserver sa place , commentaire sans gout , sans saveur , sans odeur . Aucun engagement mais peut être aussi que Mr BENALLA était plus génial sans formation à 26 ans qu’un personnel passé par les écoles , l’OPJ ou EOGN . Les génies existent au pays d’ALADIN .

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