samedi 15 mai 2021
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L’affaire Adama Traoré est devenue le symbole des violences policières. Une victoire médiatique pour la partie civile, en peine sur le plan judiciaire (Photo : Filckr).
L’affaire Adama Traoré est devenue le symbole des violences policières. Une victoire médiatique pour la partie civile, en peine sur le plan judiciaire (Photo : Filckr).

Affaire Traoré: la dernière expertise médicale plutôt favorable à la famille

Enième rebondissement dans l’interminable affaire Adama Traoré. Quatre médecins belges rendent une expertise plutôt favorable à la famille du jeune homme de 24 ans, mort le 19 juillet 2016 après son interpellation par des gendarmes de Persan (Val d’Oise).

Treizième rapport

Selon leur rapport, il est décédé d’un “coup de chaleur“, qui n’aurait “probablement” pas été mortel sans l’interpellation des gendarmes. Et, dans “une plus faible mesure“, de ses antécédents médicaux défavorables. L’expertise, dévoilée par l’Obs, leur avait été demandée en juillet 2020 par les juges d’instruction parisiens chargés de l’enquête. Cette demande faisait suite au dépôt par la famille Traoré de rapports médicaux. Des rapports contredisant les experts de la justice mettant hors de cause les gendarmes. Pour la famille, le décès d’Adama Traoré est du à un plaquage ventral des gendarmes, contesté, provoquant une asphyxie.

Lire aussi: Affaire Traoré: une nouvelle expertise médicale demandée par les juges

L’expertise des médecins belges constitue le treizième rapport ou expertise médicaux livré en quatre ans et demi dans cette affaire. Aucun des gendarmes, intervenus le 19 juillet 2016, n’est à ce stade de l’enquête mis en examen.

“Des médecins belges incompétents”

Dès l’annonce de cette treizième expertise, Me Yassine Bouzrou, l’avocat de la famille Traoré, avait critiqué le choix des quatre médecins belges. “Après avoir sélectionné des médecins français incompétents, les juges d’instruction sont allés chercher des médecins belges incompétents”. Ajoutant: “aucun des médecins n’est véritablement spécialiste des pathologies en cause dans le dossier”. Mais à la lecture du rapport de ces médecins belges, Me Bouzrou ne les met plus en cause. Il assure en effet: “c’est donc la troisième expertise médicale qui met en cause les gendarmes“. Il ajoute que cette dernière que celle-ci conforte les deux rapports – qui ne sont pourtant pas des expertises – commandés par la famille.

Quant aux avocats des militaires, ils estiment que “les gestes règlementaires opérés par les trois gendarmes l’ont été au regard de la rébellion d’Adama Traoré”. Pour Mes Rodolphe Bosselut, Pascal Rouiller et Sandra Chirac Kollarik, ces trois gendarmes “étaient dans l’ignorance la plus complète des antécédents médicaux de cet homme”.

PMG

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5 Commentaires

  1. F.

    Etrange, moi je ne lis pas comme cela.

    En fait ce serait la fuite en avant dans la course poursuite et donc le refus d’obtempérer en se cachant (en plus !) sous une couverture qui semble avoir provoqué la surchauffe corporelle…..

    Sans ce comportement illégal en plus, sans doute le décès n’aurait pas eu lieu.

    Mauvais signal cet article il me semble car cette interprétation déresponsabilise les refus d’obtempérer et de respecter les Forces de l’Ordre. Le comble….

    Attention aux interprétations…..

    Au fait qui paie avocats et expertises ? Parce que beaucoup de contribuables dont je suis n’auraient pas les moyens financiers de payer tout cela…. et bien souvent, ne pourraient bénéficier des services de la Justice malgré leur comportement tout à fait respectable et constructif pour la Société.

  2. Desbois

    Ouais……….. Le but d’une enquête est de chercher et de trouver la vérité et non pas SA vérité. Beaucoup de choses à dire sur cette malheureuse affaire où un homme a perdu la vie et ou 3 militaires se trouvent accusés de tout.
    Pour ma part, je soutiens ces 3 gendarmes qui ont fait leur travail.

  3. Le Lann

    Sceptique sur les résultats d’une « expertise médico-légale réalisée quatre ans après les faits, je ne saisis pas très bien comment déterminer sur les restes mortuaires, si une exhumation a eu lieu, les causes du décès, par ailleurs je trouve extrêmement curieux que l’on fasse appel à des médecins belges.
    Il y a quelques mois un professeur de médecine interne, donc sans qualification en médecine légale, avançait lui aussi des arguments en faveur d’une faute des gendarmes, tout cela pue, « on »veut accabler les gendarmes, j’en ai assez de ces « informations » contre cette arme que j’ai servi, et appréciée pendant cinq années.
    Dr Jacques Le Lann
    Médecin en chef (H)
    Ancien médecin chef de la légion Bretagne, puis du groupement de Nouvelle Calédonie.

  4. Hirondelle

    La médiatisation des faits situe deux autopsies les 20 et 26 juillet 2016 et l’inhumation de Adama Traoré au Mali, le 20 du mois suivant.
    Consécutivement le rôle des médecins belges a consisté à fournir leur avis à partir d’une analyse rigoureuse et scientifique des éléments tirés du dossier d’instruction, dans le cadre d’une désignation répondant aux règles d’une expertise ordonnée par un magistrat instructeur.
    Pour sa part, Le Monde a publié le 17.07.1920 (https://www.youtube.com/watch?v=1l_bgcUKO40) une vidéo modélisant le déroulement de l’intervention, depuis celle des gendarmes jusqu’à celle des sapeurs pompiers à la gendarmerie de Persan, sur la base de procès-verbaux de l’enquête.
    Elle n’offre pas de données tant sur la température extérieure ce jour-là, apparemment de l’ordre de 36°, que sur l’état physique des différents acteurs.
    A minima, elle fait ressortir le niveau de l’effort déployé par Adama Traoré dans sa fuite sur 300 à 350 m, en 53 secondes, avant une interpellation et maîtrise au sol pour menottage par un gendarme seul.
    L’intervention fortuite (?) d’un tiers lui permet de s’enfuir et de parcourir ensuite 240 m en 16 minutes jusqu’au domicile d’une personne, lieu de la seconde interpellation.
    Un délai de parcours, 3 fois supérieur au temps moyen de marche nécessaire selon les données de Google Maps. qui peut s’expliquer, en partie ou totalement, par la nécessité de dissimuler des menottes aux yeux du public.
    A cette personne, il déclarerait qu’il allait mourir et dans la cour de la gendarmerie son frère Bagui énoncerait que son frère était malade.

    • Le Lann

      Pourquoi être aller demander à des médecins belges ?
      J’ai vu des militaires souffrir de coup de chaleur qui surviennent dans un milieu très chaud et très humides à Abidjan au 43 éme Bima.
      Curieux et rare d’avoir un coup de chaleur lors d’un effort aussi faible que celui relaté.

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