mardi 1 décembre 2020
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Photo d'illustration (L'Essor).

Un des policiers mis en examen dans l’affaire Théo de nouveau mis en cause : l’IGPN saisie

Le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a saisi mardi l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) après de nouvelles accusations de violences visant un des policiers mis en examen pour l’interpellation brutale de Théo, le 2 février, à Aulnay-sous-Bois.

Dans un témoignage recueilli par L’Obs, Mohamed K., un ami de Théo, raconte avoir été passé à tabac une semaine avant ce dernier dans la même commune de Seine-Saint-Denis, par des policiers dont l’un a participé au viol présumé de Théo lors de son interpellation.

“Ce sont des accusations graves portées sur le même fonctionnaire, qui méritent que l’on fasse évidemment toute la lumière. Immédiatement informé, le ministre a saisi l’IGPN”, a déclaré le porte-parole du ministère Pierre-Henry Brandet.  “Je ne veux rien laisser passer mais je ne fais pas d’amalgame. Quand il y a des comportements qui doivent être sanctionnés, ils le sont”, a dit Bruno Le Roux en déplacement à Sarcelles.

Le 26 janvier, Mohamed K., 22 ans, livreur, rentre tôt du travail pour “aller aux Assedic”. Alors qu’il sort acheter du pain, il voit “un petit de la cité courir, avec derrière lui un homme de grande taille, vêtu d’un manteau à capuche avec de la fourrure.” “Il a fait une balayette au petit à cinq mètres de moi, je suis intervenu, j’ai demandé ce qui se passait”. C’est alors que l’homme à la capuche, qui ne porte par de brassard, lui dit qu’il est policier.

24 heures en garde à vue pour outrage et rébellion

Mohamed K. décide alors de poursuivre son chemin, raconte-t-il à L’Obs. Mais un peu plus loin, il croise deux policiers dont l’homme à la capuche, qui lui lancent “Viens là, toi aussi on va te fouiller”, raconte-t-il. Un des agents le pousse alors vers l’entrée d’un bâtiment d’où sort un troisième policier, bien connu dans le quartier, selon lui. “C’est le même que celui qui a pénétré Théo avec sa matraque, tout le monde l’appelle +Barbe Rousse+”, déclare le jeune homme.

Une fois dans l’immeuble, le contrôle s’envenime: coups de pied, de poing, insultes, “sale noir”, “salope”. Mohamed K. dit saigner “parce qu’ils m’ouvrent le crâne”. “+Barbe Rousse+ me cogne avec sa matraque”, alors qu’un autre policier le menace avec son Taser, poursuit-il. Les faits durent entre 30 à 40 minutes, dans son souvenir. Menotté, plaqué au sol, il est ensuite conduit dans un camion de police, mené dans un commissariat et placé en garde à vue pour “outrage et rébellion”.

Admis au service médico-judiciaire de l’hôpital Jean-Verdier à Bondy, il se voit délivrer cinq jours d’ITT (Interruption temporaire de travail). Après 24 heures en garde à vue, Mohamed K. se réveille les yeux “si gonflés par les coups reçus” qu’il n’y voyait plus rien. Sa famille, prévenue par un ami, a appelé plusieurs fois le commissariat pour prendre de ses nouvelles : “Il leur a été répondu que j’allais sortir.” Les policiers à l’origine de l’interpellation de Mohamed K. ont porté plainte contre le jeune livreur, qui ne nie pas avoir tenté de se défendre “parce qu’ils me frappaient.”

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