lundi 26 octobre 2020
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Gérard Collomb, interrogé par la commission des Lois sur l'affaire Alexandre Benalla (Capture d'écran Assemblée nationale)
Gérard Collomb, interrogé par la commission des Lois sur l'affaire Alexandre Benalla (Capture d'écran Assemblée nationale)

Affaire Alexandre Benalla : Gérard Collomb désigne des fusibles (vidéo)

Son audition était très attendue. Interrogé ce lundi matin 23 juillet par la commission des Lois de l’Assemblée nationale, Gérard Collomb a répondu pied à pied aux questions des députés. Pris dans la tourmente de cette polémique qui secoue la présidence d’Emmanuel Macron, le ministre de l’Intérieur s’est expliqué sur son action et sa connaissance des faits reprochés à Alexandre Benalla, ce chargé de mission de l’Elysée suspecté d’avoir violenté des manifestants en dehors de tout cadre légal.

Lire aussi sur L’Essor : Alexandre Benalla, un réserviste opérationnel passé de brigadier à lieutenant-colonel : explications

Fragilisé par cette affaire, le ministre de l’Intérieur s’est attaché à transmettre la patate chaude. Tout d’abord auprès du cabinet du président de la République, dirigé par le préfet Patrick Strzoda. “Monsieur Benalla ne faisant pas partie des effectifs placés sous mon autorité, j’ai considéré que les faits signalés étaient pris en compte au niveau adapté et donc, je ne me suis plus occupé de ce sujet”, explique-t-il. “Je considère que c’est à ceux qui sont en responsabilité dans leurs administrations, au plus près du terrain, de recueillir les éléments permettant de justifier la transmission d’un signalement au titre de l’article 40″, poursuit-il.

Deuxième fusible pointé par le ministre de l’Intérieur, la préfecture de police de Paris, déjà bien affectée par cette crise. Les trois policiers de cette institution, des membres de la haute hiérarchie,  ont en effet été mis en examen pour avoir transmis des images de vidéosurveillance à Alexandre Benalla. Le ministre de l’Intérieur confie ainsi que si la Place Beauvau a refusé par trois fois un port d’arme au chargé de mission, c’est finalement la préfecture de police de Paris qui accède à la demande de l’homme de l’ombre d’Emmanuel Macron.

Le recrutement dans la réserve en question

Enfin, selon Gérard Collomb, c’est sur la proposition de Richard Lizurey qu’Alexandre Benalla est devenu lieutenant-colonel au titre de spécialiste dans la réserve au titre de la “sécurité des installations”. Et non sur proposition d’un tiers, comme soupçonné par la presse. L’Elysée est en effet suspecté d’avoir favorisé la belle promotion du chargé de mission.

Le directeur général auditionné mercredi par le sénat

L’audition du directeur général de la Gendarmerie par les députés semble probable: l’ancien gendarme, le député Jean-Louis Masson (LR, Var), indique à L’Essor qu’il demandera ce rendez-vous (son interview dans la vidéo ci-dessus). Le directeur général de la Gendarmerie a en tous cas déjà une audition programmée à son agenda, mercredi matin prochain au Sénat.

“Personne ne peut croire [que Richard Lizurey ait proposé de lui-même Alexandre Benalla comme lieutenant-colonel de réserve]. On pourrait le croire s’il avait vraiment une compétence spécialisée, particulière, unique, et ce n’est pas son cas ! Il a juste quelques connaissances en sécurité privée et franchement, la Gendarmerie a parmi ses personnels suffisamment d’experts pour se passer de ses services. (…) Le responsable de la Gendarmerie, le ministre de l’Intérieur, a dit que ce n’était pas lui. Si ce n’est pas lui, cela doit être le premier personnage de l’Etat. Cela doit être une intervention de l’Elysée, c’est comme cela que je l’ai ressenti et mes collègues aussi.”

Le député Jean-Louis Masson à L’Essor

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Le ministre de l’Intérieur a d’ailleurs donné quelques précisions sur l’engagement dans la réserve d’Alexandre Benalla. Ce dernier a été recruté le 25 juin 2009, et a exercé comme réserviste pendant six ans dans l’Eure, pour finir brigadier de réserve. “Il a été radié à sa demande en 2017, puis recruté dans la réserve spécialisée comme lieutenant-colonel, explique Gérard Collomb. Il ne s’agit pas d’un avancement mais d’un nouveau statut, et le bénéfice de ce grade conféré se limite à l’exercice de la mission”.

Interrogé par le député Eric Ciotti (LR, Alpes-Maritimes), Gérard Collomb a enfin balayé l’éventualité d’une prise de contrôle par Alexandre Benalla de la sécurité de l’Elysée après la refonte du dispositif, une réflexion portée par le colonel Lionel Lavergne, le gendarme dirigeant le GSPR, et le commandement militaire. La fusion de ces deux entités relève “purement d’un enjeu de rationalisation des ressources, souligne le ministre de l’Intérieur. Il n’a jamais été question qu’Alexandre Benalla en prenne la direction.”

Gabriel Thierry

 

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Un commentaire

  1. Desprez

    En donnant ce grade contre l’avis de la Gendarmerie, notre président montre son ignorance du monde des Hommes de Courage.

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