vendredi 7 août 2020
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Affaire Ajimi : la condamnation des policiers confirmée en appel

La cour d’appel d’Aix-en-Provence a confirmé lundi la condamnation de trois policiers à 6, 18 et 24 mois de prison avec sursis pour leur implication dans la mort en 2008 à Grasse d’un jeune homme, Hakim Ajimi, lors d’une interpellation musclée. Deux policiers de la brigade anticriminalité (Bac) de Grasse (Alpes-Maritimes) ont écopé de 18 et 24 mois de prison avec sursis, un policier municipal a quant à lui été condamné à six mois avec sursis.

La cour d’appel a toutefois confirmé la condamnation en l’assortissant d’une “substitution des motifs”. Les nouveaux motifs devraient être connus mardi. La cour a également élargi le nombre de personnes pouvant bénéficier de dommages-intérêts aux oncles et tantes du jeune homme décédé.

“On est soulagé. Au moins, on sait qu’ils sont coupables, même si ce sont des coupables protégés”, a déclaré à la sortie de l’audience Boubaker Ajimi, le père d’Hakim Ajimi. L’avocat des policiers, Me Joël Blumenkranz, a indiqué pour sa part que ses clients allaient “envisager un pourvoi en cassation”. “Mes clients sont effondrés, ils espéraient sincèrement être relaxés”, a ajouté l’avocat.

Hakim Ajimi était mort asphyxié le 9 mai 2008 lors de son interpellation, les deux policiers auxquels il résistait ayant comprimé sa cage thoracique et pratiqué une clé d’étranglement autour de son cou avec trop de force et durant trop longtemps, selon les rapports d’expertise médicale. Le 24 février 2012, les deux policiers de la Bac avaient été reconnus coupables d’homicide involontaire et le policier municipal de non-assistance à personne en danger par le tribunal correctionnel de Grasse.

“Ils ne comprennent pas pourquoi ils ont été condamnés”, a déclaré lundi Me Blumenkranz. “Il est établi que la cause du décès est la compression thoracique mais ce geste est totalement réglementaire, il est enseigné à l’école de police”, a-t-il insisté. “On continuera le combat pour faire interdire cette technique d’étranglement, peut-être en allant devant la Cour européenne des Droits de l’Homme”, a pour sa part conclu Boubaker Ajimi.

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