jeudi 29 octobre 2020
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Déjà 37 meurtres cette année : “record” national pour la Guadeloupe

Avec 37 meurtres depuis le début de l’année pour une population d’environ 400.000 habitants, la Guadeloupe détient un triste record national, qui lui vaut des comparaisons avec la Corse et Marseille…et une visite du ministre de l’Intérieur en octobre.

En juin dernier, Jean-Marc Ayrault, alerté par les forces de l’ordre et les élus, avait annoncé l’affectation provisoire de 75 gendarmes mobiles ainsi que des policiers supplémentaires dans la zone de sécurité prioritaire  couvrant des quartiers de Pointe-à-Pitre et des Abymes.

Il y avait urgence: 44 homicides, assassinats ou décès résultant de violences volontaires ont été recensés en 2011, 36 en 2012 et déjà 37 cette année, selon les chiffres officiels. La plupart sont le fait de la criminalité crapuleuse des règlements de comptes entre petits dealers de marijuana et de crack mais une douzaine relèvent de la violence gratuite, intraconjugale, intrafamiliale ou intra-amicale, “sans intention de donner la mort”, observe Frédéric Peyran, directeur départemental de la Sécurité publique.

“On tue et après on se rend compte qu’il est trop tard quand les effets des drogues et de l’alcool se sont dissipés: la plupart des meurtres le sont pour des peccadilles”, affirme  Dimitry Zandronis, réalisateur guadeloupéen qui s’est vu confier par le Conseil général la réalisation de spots télévisés contre les violences faites aux femmes. Guy Etienne,  procureur de la République de Pointe-à-Pitre souligne “l’État est dans l’incapacité de mettre un policier derrière chaque individu, surtout à 5 heures du matin quand se produit ce genre de drame”.

“En ce moment, c’est silence on tue!”

“Je suis en colère, tout comme j’ai honte, aujourd’hui, de représenter la société guadeloupéenne”, avait tonné le magistrat en son Palais de Justice, au lendemain du 37ème meurtre commis dans l’île au petit matin du dimanche 1er septembre. “En ce moment, c’est silence on tue!”, avait-il dénoncé.

“Il faut que la société se saisisse de ce problème afin de faire comprendre à une certaine jeunesse que la violence est l’arme des faibles et que détenir une arme, c’est avoir la possibilité de s’en servir, a souligné le procureur.

Présence voyante des gendarmes

Le ministre des Outremer, Victorin Lurel, a annoncé jeudi que l’État allait relancer la campagne “déposez les armes” en Guadeloupe. Une première campagne avait été menée en février et mars dernier et avait permis de récupérer, en trois semaines, 89 armes et 459 munitions selon le ministère.

Les gendarmes nouvellement affectés multiplient les contrôles routiers, notamment pour rechercher des armes. Leur présence, voyante, semblerait avoir fait baisser le nombre de braquages pendant l’été, période plus critique avec des pics de criminalité attribués par la rumeur aux jeunes guadeloupéens de métropole venus en vacances.

Quant aux renforts de policiers, ils ont eu droit, lundi, à une cérémonie d’accueil largement médiatisée. Pour autant, l’inquiétude de Dimitry Zandronis ne diminue guère car pour lui, le mal est plus profond: “La société a échoué. C’est un échec des politiques, de l’Education nationale, des syndicalistes -LKP compris-, un échec des mass-médias, des indépendantistes”.

(D’après AFP)

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