vendredi 10 juillet 2020
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Photo d'illustration (L'Essor).

Un Chinois tué dimanche à Paris : la famille conteste la version des policiers

Version actualisée 

La police a arrêté 35 personnes lundi soir à la suite d’une manifestation destinée à protester contre la mort dimanche d’un Chinois tué lors d’une intervention policière. La famille conteste totalement la version des policiers suite à la mort du père de famille.

Ce décès a provoqué des heurts et l’indignation de la communauté chinoise de la capitale, et une protestation de Pékin, demandant à Paris de protéger ses ressortissants. La Chine a demandé mardi à la France de garantir “la sécurité et les droits” de ses ressortissants et “exigé” que Paris fasse “toute la lumière sur cette affaire“. La sécurité des ressortissants chinois est “une priorité des autorités françaises“, a répondu le ministère français des Affaires étrangères.

Le préfet de police Michel Cadot a proposé de recevoir des membres de la communauté chinoise 17H30. Mardi, à la mi journée, une vingtaine de personnes de cette communauté étaient rassemblées devant le commissariat du 19e arrondissement, près du quartier où l’homme a été tué.

Trente-cinq personnes ont été interpellées

Trente-cinq personnes ont été arrêtées” lors du rassemblement d’environ 150 personnes “membres de la communauté asiatique” devant le commissariat du 19e arrondissement lundi soir, selon la préfecture de police de Paris (PP). Vingt-six personnes ont été arrêtées pour participation à un groupement en vue de commettre des violences, trois pour violences sur agent de la force publique et dégradation d’un véhicule de police par engin incendiaire et six pour jets de projectiles, a rapporté la PP.

Trois policiers de la compagnie de sécurisation et d’intervention (CSI 75) ont été blessés légèrement. Un véhicule de police a été endommagé par un engin incendiaire, ainsi que trois automobiles appartenant à des particuliers.

Version contestée

Dès l’ouverture de la porte“, un homme s’est précipité pour agresser l’un des fonctionnaires, a expliqué une source policière, évoquant “un différend familial“. L’homme “a planté les ciseaux dans le thorax du policier, les ciseaux ont ripé sur son gilet de protection et le fonctionnaire a été blessé à l’aisselle“, a précisé une autre source policière. L’un de ses collègues a alors ouvert le feu, pour le protéger, blessant mortellement le quinquagénaire.

La famille du défunt “conteste totalement la version des faits, il n’a blessé personne“, a déclaré l’avocat des proches de la victime, Calvin Job. Ce soir-là, “un voisin a appelé la police en disant qu’il y avait des cris“, mais il n’y a eu “aucun différend familial“, a-t-il ajouté. L’homme, qui se trouvait avec ses quatre enfants âgés de 15 à 21 ans était “en train de tailler des poissons avec des ciseaux“, selon lui. Les “enfants étaient dans l’appartement mais aucun n’a été témoin des faits“, a souligné une source proche de l’enquête.

Pour Me Calvin Job, “les conditions d’une bavure policière sont réunies“. “Au regard des éléments objectifs du dossier, nous envisageons de porter plainte“, a-t-il déclaré, se posant notamment “la question de la proportionnalité” du tir policier effectué selon lui “sans sommation“.

Les policiers ont ouvert de force la porte de l’appartement, ce qui l’a propulsé vers l’arrière“, selon l’avocat. Le père de famille n’a “porté aucun coup” et “ne s’est pas précipité” sur les policiers, dont l’un aurait “tiré sans sommation“, dans la zone du thorax, a-t-il affirmé.

Selon lui, l’homme “parlait très peu le français“. Il avait séjourné à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police (I3P) en février 2012 après un précédent appel des voisins pour trouble de voisinage, mais “il n’avait pas d’antécédents psychiatriques majeurs“. Les voisins avaient alors appelé parce que l’homme jetait du matériel informatique par la fenêtre, selon une source proche du dossier. La famille de la victime devait être entendue mardi après-midi par l’inspection générale de la police nationale (IGPN), selon l’avocat.

Le 2e district de police judiciaire et l’IGPN ont été saisis des enquêtes.

 

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