mercredi 30 septembre 2020
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Un policier d'Aulnay- sous- Bois a été finalement mis en examen pour viol et ses trois collègues pour violences volontaires avec arme par personnes dépositaires de l'autorité publique". Ils étaient soupçonnés de viol tous les quatre lors de leur placement en garde à vue puis le parquet avait requalifié les faits.

Quatre policiers d’Aulnay-sous-Bois mis en examen pour viol et violences volontaires

police nationale
Voiture de la Police nationale à Nice ( Photo d’illustration D.C ).

Un policier d’Aulnay- sous- Bois a été finalement mis en examen pour viol et ses trois collègues pour violences volontaires avec arme par personnes dépositaires de l’autorité publique”.  Ils étaient soupçonnés de viol tous les quatre lors de leur placement en garde à vue puis le parquet avait requalifié les faits.

Les quatre fonctionnaires ont été placés sous contrôle judiciaire et trois d’entre eux se sont vus interdire d’exercer l’activité de fonctionnaire de police, indique le parquet dans un communiqué, sans plus de précision. Ils ont été suspendus.

Ils sont accusés d’avoir blessé un jeune homme de 22 ans à coups de matraque jeudi lors d’une interpellation qui a “choqué” la Cité des 3.000 à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). La victime est gravement blessée au niveau de la zone rectale et a déclaré que l’un des policiers lui avait introduit volontairement sa matraque dans l’anus. La scène de l’interpellation, filmée par la vidéosurveillance de la police municipale et des témoins, montre notamment un policier “porter un coup de matraque horizontal au niveau des fesses” du jeune homme, après que son “pantalon a glissé tout seul”, selon cette source. Jeudi, vers 17H00, ce jeune habitant d’Aulnay avait fait l’objet d’une “interpellation musclée” après qu’une opération de “contrôle” a dégénéré, selon une source proche de l’enquête.

Gravement blessé au niveau de la zone rectale, le jeune homme était toujours hospitalisé dimanche, après avoir été opéré. Il déclaré que l’un des policiers lui avait introduit volontairement sa matraque dans l’anus.

Lors de son hospitalisation jeudi à l’hôpital Robert-Ballanger d’Aulnay, un médecin a notamment diagnostiqué “une plaie longitudinale du canal anal” et une “section du muscle sphinctérien”, et lui a prescrit 60 jours d’incapacité totale de travail (ITT), selon la source proche de l’enquête. De source proche du dossier, le ministre de l’Intérieur Bruno Le Roux a proposé de recevoir la famille de la victime dimanche place Beauvau mais cette dernière a décliné.

Jeune homme sans histoire

Dimanche, avant la décision du juge de retenir la qualification de “viol” pour l’un des fonctionnaires, le maire LR de la commune, Bruno Beschizza, ancien officier de police et leader syndical de “Synergie” avait dénoncé face à la presse la requalification des accusations de “viol” en “violences”. “Elle est vécue comme un détournement de vérité”, a-t-il déclaré. Le ministre de l’Intérieur a souhaité samedi dans un communiqué “que toute la lumière soit faite sur les accusations d’une extrême gravité portées à l’encontre de ces fonctionnaires”, prévenant que des “sanctions” seraient prises “s’il était avéré que les règles déontologiques, éthiques et de droit n’ont pas été scrupuleusement respectées”. Samedi soir, vers 21H00, de brefs incidents ont éclaté dans la vaste cité des 3.000, où une voiture a été brûlée et une tentative d’incendie constatée sur un bus. Des abribus ont également été cassés, et le quartier plongé dans l’obscurité après le sabotage de l’éclairage public, a constaté une journaliste de l’AFP. Une compagnie de CRS a été appelée en renfort dans le quartier, selon une source policière. “C’est un vrai choc, comme on n’en a jamais connu à Aulnay. Théo (le jeune homme blessé) est un citoyen français engagé dans la vie de son quartier, c’est une famille exemplaire”, a dit à l’AFP Hadama Traoré, qui a grandi aux “3.000” et vient de fonder un mouvement citoyen, “La révolution est en marche”. Pour le député PS de Seine-Saint-Denis, Daniel Goldberg, qui a rendu visite samedi à la famille du jeune homme, “dévastée”, “rien ne justifie qu’un jeune homme de 22 ans sans histoire soit ainsi violenté”. “Je ne pense pas que ça se serait déroulé de la même manière si on avait été place de l’Opéra à Paris”, dit-il. Pour l’élu, cette affaire repose “une question lancinante : celle des motifs et des techniques d’interpellation”. Début janvier, six mois de prison avec sursis avaient été requis dans une autre affaire contre un policier municipal de Drancy (Seine-Saint-Denis), accusé d’avoir violenté avec sa matraque un homme de 27 ans lors d’une interpellation mouvementée en 2015. Le certificat médical établi cette nuit-là avait attesté d’une “pénétration”. Le tribunal doit rendre sa décision le 20 février.

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