samedi 26 septembre 2020
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Photo d'illustration (M.GUYOT/ESSOR)
Photo d'illustration (M.GUYOT/ESSOR)

L’engagement des réservistes contre les traversées de la Manche par des migrants

Onze traversées empêchées, 149 migrants interceptés, six bateaux découverts en quatre semaines. Les renforts de réservistes, déployés sur le littoral du pas de Calais depuis le 29 septembre pour lutter contre les traversées illicites vers la Grande-Bretagne, donnent leurs premiers résultats. La Gendarmerie se mobilise depuis un an dans ce secteur de près de cent kilomètres sur trois départements (Somme, Pas-de-Calais, Nord). Mission : surveiller et intervenir pour contrer les tentatives de traversées clandestines de la Manche.

Des migrants entassés dans des petites embarcations

A raison de plusieurs milliers d’euros par personne, des passeurs entassent des hommes, des femmes et des enfants sur des petites embarcations: zodiacs, kayaks, bateaux de pêche. Eau froide, courants et vents forts, passages incessants de navires de commerce et autres super tankers de plusieurs dizaines de milliers de tonnes… Autant d’obstacles qui peuvent vite être mortels lors de la traversée du pas de Calais, le détroit plus fréquenté au monde. Quatre migrants ont ainsi péri noyés en 2019 en tentant de traverser la Manche.

Le phénomène, baptisé small boats par les Britanniques, a explosé cet été. Les passeurs délaissent en effet de plus le passage à bord de camions, depuis la région de Calais. Celle ci est devenue presque totalement étanche. La Marine nationale avait ainsi comptabilisé fin août 1.473 migrants qui ont tenté de traverser la Manche. Ils étaient 586 en 2018.

Selon la Gendarmerie, ces traversées et tentatives de traversées se manifestent “sur des plages horaires ou géographiques de plus en plus larges”. Le groupement du Pas-de-Calais a donc mis en place un dispositif de surveillance de son littoral, fort de 30 à 50 militaires par jour. Il a ainsi réalisé de nombreuses découvertes de matériels nautiques et intercepté des tentatives de traversées.

Lire aussi sur L’Essor: Migrants à Calais : Macron appelle forces de l’ordre et associations à la responsabilité

Lors de leur rencontre du 29 août 2019 à Paris, le ministre français de l’Intérieur Christophe Castaner et son homologue britannique Priti Patel sont convenus de renforcer les actions de lutte contre les traversées irrégulières de la Manche. Un plan qui s’ajoute aux 7 millions d’euros déjà engagés par les Britanniques.

Des réservistes financés par les Britanniques

Aujourd’hui une trentaine de réservistes s’affairent chaque jour à cette mission. Une zone qui couvre le littoral, de la Somme au département du Nord. De jour comme de nuit.

L’accord du 29 août s’est traduit par un plan d’action renforcé, entré en vigueur un mois plus tard, le 28 septembre 2019.  Il prévoit de lutter plus efficacement contre ces départs irréguliers et dangereux à travers la Manche, en déployant -sous un nouveau financement britannique- des réservistes supplémentaires pour renforcer la surveillance sur le littoral.

Ces réservistes s’intègrent donc dans un dispositif global aux côtés de 30 militaires d’active, de gendarmes de la brigade nautique (1 à 2 missions par semaine selon la météo), de missions de reconnaissances par drones (3 à 4 demi-journées par semaine), de survols par hélicoptère de la section aérienne gendarmerie d’Amiens de l’ensemble du littoral entre les départements du Nord et celui de la Somme (1 à 2 fois par semaine), de reconnaissances par motos tout-terrain (1 à 2 fois par semaine). S’ajoutent éventuellement une demi-douzaine de patrouilles de gendarmes mobiles lorsque les escadrons déplacés dans le Calaisis le peuvent.

630 jours de réserve

Chaque jour, des réservistes provenant des groupements de la Somme, du Pas-de-Calais et du Nord, forment des détachements de surveillance et d’intervention de la réserve (DSIR) autonomes. Le temps de leurs vacations, les réservistes sont placés sous le commandement opérationnel déconcentré des compagnies et accueillis par les brigades territoriales du littoral.

Ainsi, entre le 29 septembre et le 24 octobre, 233 patrouilles de 8 heures et 630 jours de réserve ont couvert 24 heures sur 24. Le bilan global de l’apport des réservistes à leurs camarades d’active a donc permis à la Gendarmerie d’afficher, en quatre semaines, un bilan conséquent: 11 tentatives d’embarquement interceptées, 149 migrants interpellés et 6 bateaux découverts.

Pierre-Marie Giraud

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