lundi 23 juillet 2018
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Arrivée du ministre de l'Intérieur à l'Ecole militaire (Crédit photo: MG/L'Essor).
Arrivée du ministre de l'Intérieur à l'Ecole militaire (Crédit photo: MG/L'Essor).

PSQ : le contenu de l’enquête d’opinion auprès des policiers et gendarmes

Plus de moyens dans des quartiers difficiles et un “nouvel état d’esprit” qui se veut plus proche de la population: Gérard Collomb a dévoilé jeudi lors d’un grand show à l’Américaine la police de sécurité du quotidien (PSQ), réforme promise par le candidat Macron après la retentissante affaire Théo” et la grogne inédite dans la Police.

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Une grand-messe soigneusement orchestrée de plus de deux heures à l’École militaire, un jeu de questions-réponses animé par le nouveau porte parole, Frédéric de Lanouvelle, des intervenants pléthoriques triés sur le volet, des vidéos mettant en scène des policiers et des gendarmes très enthousiastes et récitant des “éléments de langage” consciencieusement appris : le ministre de l’Intérieur, symboliquement entouré de deux femmes, une colonelle et une commissaire, et des DGPN et DGGN ainsi que du préfet de police,  a soigné la forme pour présenter la PSQ, qu’il définit comme un “nouvel état d’esprit“, et même une “révolution”.

Une addition d’annonces et de promesses

Sur le fond toutefois, la police de sécurité du quotidien ne met pas en place de nouvelles brigades spécialisées, mais additionne les annonces et
promesses. Et recycle aussi pas mal de chantiers déjà ouverts. Des brigades de contact en Gendarmerie–  expérimentées dès février 2017-  à la création d’amendes forfaitaires pour certains délits (usage de cannabis notamment), en passant par la prévention des suicides chez les forces de l’ordre ou les “caméras-piéton” pour les contrôles d’identité.

Trente quartiers difficiles
bénéficieront de moyens supplémentaires

Au chapitre des nouveautés, Gérard Collomb a annoncé que, d’ici à janvier 2019, trente quartiers difficiles bénéficieront de “moyens supplémentaires” – un renfort de 15 à 30 policiers à chaque fois. Trente autres quartiers suivront d’ici 2020. Au total, 1.300 effectifs supplémentaires y seront affectés. “C’est la logique des zones de sécurité prioritaire (ZSP)” lancées sous Manuel Valls, commente l’un des participants au lancement de la réforme.

Ces quartiers de “reconquête républicaine” sont ciblés en zone police: entre autres, Trappes (Yvelines), Gros Saule à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), le Mirail à Toulouse, le Neuhoff à Strasbourg, les quartiers nord de Marseille ou Lille-Fives.

La maire de Lille, Martine Aubry a salué une réforme qui va “dans le bon sens”. Sa ville faisait partie de la centaine de communes (avec Aulnay-sous-Bois, Grenoble, Toulouse, etc.) qui s’étaient portées candidates à cette expérimentation, avec bien souvent l’espoir de glaner des effectifs supplémentaires via les 10.000 créations de postes annoncées au total sur le quinquennat.

250 brigades de contact d’ici fin 2018

En zone Gendarmerie, 20 départements (essentiellement en Auvergne-Rhône-Alpes et dans l’ouest de la France) disposeront de 500
renforts. Le ministre veut porter le nombre de “brigades de contact” à 250 unités d’ici la fin 2018: expérimentées depuis mars 2017 par la Gendarmerie, elles visent aussi à assurer une plus grande proximité avec la population.

Carte des brigades de contact et des groupes de contact

Proclamant la “fin de la politique du chiffre”, le ministre de l’Intérieur propose même “que ce soient les Français qui évaluent leur police, pas uniquement des séries statistiques”. Il évoque ainsi le recours à des enquêtes de satisfaction.

La PSQ, promesse de campagne d’Emmanuel Macron, est née dans le contexte brûlant de “l’affaire Théo” – le viol présumé à la matraque d’un jeune homme lors de son interpellation à Aulnay-sous-Bois – et du mouvement de grogne des policiers après une attaque au cocktail Molotov à Viry-Châtillon (Essonne) en octobre 2016.

Le directeur général, le général Lizurey s’est exprimé sur la PSQ sur RTL

En octobre dernier, le chef de l’Etat promettait une “nouvelle doctrine, qui constituera notre référence en matière de sécurité publique pour les années à venir”. Avec une volonté: ne pas ressusciter la police de proximité, cette “polprox” devenue le symbole de l’échec de la politique sécuritaire du gouvernement Jospin et un épouvantail pour la droite.

Les syndicats de police “dubitatifs”

Les syndicats de police ont réservé un accueil poli aux annonces ministérielles en demandant de passer de “la parole aux actes”.
“Le constat est bon. Les solutions sont bonnes mais on reste dubitatifs”, a affirmé Frédéric Lagache, numéro 2 du syndicat Alliance. “C’est un grand moment de communication mais il va falloir aller au-delà des annonces”, a estimé Christophe Rouget du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI-CFDT).

Les syndicats sont particulièrement attentifs au résultat final de la réforme de la procédure pénale, considérée à Beauvau comme un “levier de transformation” primordial de la PSQ.

Un projet de loi préparé par les ministères de l’Intérieur et de la Justice doit être présenté au printemps. Dans ce domaine, comme l’ont montré les résultats du questionnaire adressé aux 250.000 membres des forces de l’ordre lors de la concertation sur la police de sécurité du quotidien, les attentes pour une simplification sont très fortes.

Gendarmes et citoyens sera vigilant

Cela ne va pas changer grand chose pour nous, car nous savons faire et le contact et la proximité sont le coeur de notre métier”, réagit le maréchal des logis-chef Thierry Guerrero, président de l’APNM “Gendarmes et Citoyens” qui se dit néanmoins “vigilant” sur la mise en place et les moyens. “Nous allons attendre de voir” dit ce dernier.

Ce que dit l’enquête d’opinion auprès des policiers et gendarmes

Cette consultation conduite par Opinion Way , dont nous publions l’intégralité, a été menée auprès de 70 057 agents de la Police nationale et de la Gendarmerie nationale. En conclusion, de manière globale, “en réponse à toutes les problématiques évoquées, policiers et gendarmes, souhaitent le renforcement des moyens matériels et humains affectés aux forces de sécurité”.

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Un commentaire

  1. La pièce sous forme de déroulé est incompréhensible !

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