vendredi 25 septembre 2020
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Paysage corse (Photo d'illustration L'Essor).

Corte : violents affrontements entre jeunes nationalistes et gendarmes

De violents affrontements, qui ont fait deux blessés légers, ont opposé mercredi à Corte  une centaine de jeunes nationalistes corses à des gendarmes mobiles à la fin d’une manifestation indépendantiste.

Encagoulés et gantés, les militants ont commencé vers 16H00, après l’appel à la dispersion de la manifestation, à lancer des pierres et des cocktails Molotov sur un barrage de gendarmes proche de l’hôtel de ville et de la sous-préfecture sur le cours Paoli, l’artère centrale de Corte. Les militaires, en tenue anti-émeute et protégés par des boucliers en plexiglas, ont riposté par de tirs nourris de grenades lacrymogènes.

Deux gendarmes légèrement blessés 

Deux fourgons de gendarmerie positionnés sur le barrage et atteints par des bouteilles incendiaires ont commencé à prendre feu, mais celui-ci a pu être éteint par des gendarmes. Les militaires ont alors chargé les manifestants sans parvenir à procéder à des interpellations.

Le procureur adjoint de Bastia Jean-Luc Lennon se trouvait parmi les gendarmes, dont deux d’entre eux ont été légèrement blessés, selon l’un de leurs chefs, durant les affrontements. Intervenant par petits groupes très mobiles, les jeunes nationalistes ont ensuite harcelé les gendarmes en les insultant durant près de deux heures.

Ils ont brûlé un amas de pneus sur le cours Paoli, puis dressé une barricade de palettes et bennes à ordures à laquelle ils ont mis le feu. Ces obstacles ont été dégagés sans incident par les pompiers. Les vitres blindées d’une agence bancaire du cours Paoli ont été défoncée par quelques manifestants utilisant des outils de chantier et une table métallique de café.

“Complicité de la police”

Le calme est revenu vers 18H00 mais une centaine de gendarmes mobiles étaient toujours déployés dans le centre-ville. La manifestation s’était déroulée sans incident en début d’après-midi au centre la capitale historique et universitaire de la Corse, à l’appel de l’organisation Ghjuventù Indipendentista (GI, Jeunesse indépendantiste). Aux cris de “Etat français, assassin”, “Notre terre n’est pas à vendre”, “Indépendance” et “FLN” (pour Front de libération nationale), quelque 400 jeunes, selon l’ensemble des observateurs, avaient descendu le cours Paoli.

Ils voulaient dénoncer les “discriminations” dont sont victimes, selon eux, les Corses et réclamer de droit de vivre dans l’île. “La situation n’a que trop duré. Nous devons prendre en main notre destin. Le peuple corse vivra!”, a lancé lors de la dissolution le porte-parole de GI, Petru-Anto Vesperini, face au barrage de gendarmes mobiles.

Durant la manifestation M. Vesperini a dénoncé “l’arrivée de 5.000 Français chaque année en Corse, tandis que l’on nous pousse à partir”. Il a aussi stigmatisé “les condamnations à des années de prison pour la moindre rébellion, tandis qu’on laisse les “dealers” agir en toute impunité et la voyoucratie s’installer avec la complicité de la police”.

Évoquant l’annonce en juin dernier par le Front de libération nationale de la Corse (FLNC) d’un retrait progressif de l’action clandestine afin de favoriser l’adoption des réformes adoptées par l’Assemblée de Corse, M. Vesperini a accusé l’État de “s’entêter en poursuivant une politique désastreuse et en rejetant ces réformes”.

Celles-ci concernent notamment la co-officialité de la langue corse, l’adoption d’un statut de résident pour casser la spirale de la spéculation foncière et immobilière et la flambée des prix, la fiscalité et la mention de la spécificité corse dans la constitution française. Les manifestants ont aussi dénoncé de récentes interdictions de déployer des drapeaux corses, blanc à tête de Maure, lors d’un match de football de L1 à Nice.

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