mercredi 28 octobre 2020
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Véhicule Gendarmerie (Photo M. Guyot/Essor)
Véhicule Gendarmerie (Photo M. Guyot/Essor)

Var : deux femmes gendarmes tuées par arme à feu, un suspect interpellé

Un suspect a été interpellé dans la nuit du dimanche 17 au  lundi 18 juin, après la mort par arme à feu dans la soirée de deux femmes gendarmes de 29 et 35 ans intervenues pour régler un différend dans le village de Collobrières dans le Var.

D’importants moyens ont été mobilisés pour retrouver le meurtrier, après ce drame qui constitue une première dans l’histoire de la gendarmerie. “Une personne correspondant au signalement” de l’homme recherché, a été interpellée, a indiqué dans la nuit à l’AFP le procureur de la République de Toulon, Xavier Tarabeux, depuis Collobrières.
“Toutes les vérifications doivent être faites” pour s’assurer qu’il s’agit de la personne en question, a-t-il ajouté, précisant simplement que l’interpellation avait eu lieu non loin de là. L’homme a été interpellé en compagnie de sa concubine, peu avant 03H00, a précisé une source proche du dossier.

Selon la gendarmerie, l’individu recherché est âgé de 25 ans, a le crâne rasé, mesure 1m80, pèse 90 kg et a des antécédents judiciaires. Les deux victimes étaient âgées de 29 et 35 ans. L’une d’elle avait pour compagnon un gendarme de Salon-de-Provence. L’autre était la mère de deux petites filles de 5 et 13 ans, ont indiqué la préfecture et les militaires.

Le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, doit se rendre lundi matin à Collobrières, un village de près de 2.000 âmes enclavé dans le massif des Maures. “C’est avec une infinie tristesse et une profonde émotion que Manuel Valls, le ministre de l’Intérieur, a appris le décès de deux gendarmes du groupement du Var, abattues lors d’une intervention sur la commune de Collobrières”, a indiqué le ministère dans la soirée.

C’est la “première fois dans l’histoire de la gendarmerie que deux femmes gendarmes sont tuées” dans une même opération, relevait une source proche du dossier. Selon les premiers éléments de l’enquête, les deux gendarmes en poste à la brigade territoriale de Pierrefeu (Var) intervenaient seules, vers 23H00, dans ce village niché dans l’arrière-pays de Hyères, pour tenter de mettre fin à un différend ayant débuté dans la journée, a indiqué une source proche du dossier. Un cambriolage intervenu dimanche après-midi serait au coeur du conflit.

La personne cambriolée, croyant découvrir l’auteur après l’avoir croisé dans la journée avec un sac lui appartenant, aurait prévenu les gendarmes, qui se seraient ainsi présentées au domicile de la personne incriminée. Celle-ci aurait alors assommé une des militaires, pris son arme avant de l’abattre dans son appartement, puis de poursuivre la seconde et de la tuer en pleine rue, sur une placette du village. “Le tireur semblait alcoolisé”, a précisé une autre source.

Dès lors le village a été totalement bouclé, pour permettre un quadrillage rue par rue, tandis qu’un hélicoptère équipé d’un projecteur survolait la zone, “J’ai demandé que tout le village mais aussi tout le département soit bouclé”, a expliqué le préfet du Var Paul Mourier, qui s’est rendu sur place, indiquant que le ministre de l’Intérieur avait été “immédiatement informé”.

Deux escadrons de gendarmerie mobile de Hyères ont été mobilisés au coeur de la nuit et un escadron de gendarmes mobiles transféré de Nîmes, soit plus de 300 hommes, selon la gendarmerie. Des hommes du peloton d’intervention interrégional de la gendarmerie ont été dépêchés sur place tandis qu’une équipe du GIGN a été déployée depuis la base de Satory.  Peu avant 04H00, il restait impossible d’entrer dans le village, totalement bouclé, a constaté un photographe de l’AFP.

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12 Commentaires

  1. Retraité de la Gendarmerie,ayant servi dans la Départementale et la Mobile.J’ai regardé arriver des “Gendarmettes” avec beaucoup de réserve et d’interrogation.Dans la Police Nationale les personnels Féminins sont rarement employés “seules” lors d’intervention non “SURES” ou sécurisées.
    Pourquoi ne pas franchir le pas et employer des personnels féminins en Mobile pour le Maintien de l’ordre . Ce ne sont que des questions “peut-être” !!!!

  2. Caroline

    A Mahnoune : (Moi même ancienne “gendarmette” comme vous dites), Pouvez vous laisser aujourd’hui vos considérations arriérées et machos au fond de votre pantalon. Vous n’auriez pas fait mieux et d’ailleurs vous n’en avez aucune idée et je crois que ce n’est pas le bon moment pour étaler votre science. Un peu de respect pour ces deux femmes qui ne pourront pas se défendre auprès d'”anciens” et de leurs remarques débiles. J’ai bossé avec des “anciens” comme vous moi aussi qui avait un ventre tellement rebondi à la bière que dans de pareilles circonstances, ils n’auraient même pas eu le temps de se retourner…

  3. retraite depois 03 ans

    j ai passé 12 ans dans le 06 en grosse unité j ai travaillé avec des femmes qui nous valaient largement.
    elles sont tombées en service sur une intervention banale
    ayons une pensée pour elles et leurs familles.

  4. camuset

    je crois Caroline que c’est la colère et la tristesse qui vous font répondre de la sorte oui j’ai beaucoup de respect pour ces deux malheureuses femmes je m’incline devant leur courage et je pense beaucoup aux familles.

  5. OK avec toi caroline
    major retraité depuis peu et ayant fini dans le Var mes condoléances à toutes
    les familles touchées.
    J’ai eu 4 gendarmes féminins dans ma dernière unité et je peux vous dire
    que nous étions nombreux a faire des patrouilles avec des femmes responsables dignes et efficaces plutôt qu’avec des pré-retraités professionnels
    encore condoléances à leurs famille

  6. olivier

    Je suis fonctionnaire de police et je tiens à m’associer à votre douleur .
    Je me sens aussi touché que vous et je présente mes plus sincères condoléances aux familles meurtries.

    Police /Gendarmerie même problèmes,même combats…

  7. cat

    La mort, le monde ne s’en soucie guère, il la mange à toutes les sauces et elle hante la rubrique des faits divers ! La mort fait vendre du papier et elle reste une notion que chacun tient à bonne distance tant qu’elle ne touche pas au plus intime de lui-même. La mort n’a de l’importance que lorsqu’elle nous touche de plein fouet, en dehors ce n’est que subjectivité.

    Aujourd’hui 2 femmes gendarmes ont été tuées, hier des Policiers ont été tués, demain d’autres à leur tour et pourtant ces informations noyées au milieu d’autres semblent d’une banalité affligeante, alors que ces morts là n’ont rien de banal tant elles sont effarantes et à l’image d’une société qui ne protège plus ceux qui sont garants de la préserver et qui, de plus en plus souvent, au prix de leur vie en paient le tribut.

    A l’instant même où ces quelques lignes s’écrivent, des familles sont en deuil, touchées de plein fouet et au plus près, ce rapt affreux que la mort seule nous fait subir ! En ce moment, des parents, des conjoints, des enfants pleurent leurs mères, leurs épouses, leurs filles.

    La mort est imparable et pire elle a toujours le dernier mot ! Elle ne donne aucune leçon si ce n’est de nous confronter à l’horreur, celle de la perte définitive.

    Il n’y a pas de mots, on peut tourner autour du sujet sans en trouver la sortie, 2 gendarmes tuées dans l’exercice de leurs fonctions, certains diront que ce sont les risques du métier, sans jamais comprendre qu’aucun de ceux qui ont embrassé cette profession par souci de justice, par sacerdoce, par passion, n’ont pas signé pour se faire tuer.

    L’opinion, le “on” parlera, commentera, s’indignera, banalisera au fond l’horreur à laquelle personne ne veut faire face, ainsi aucun ne se sentira réellement interpellé dans sa chair, seuls ceux qui vont devoir vivre leurs deuils en auront senti la morsure. La mort touche toujours l’autre, les autres, la mort est devenue d’une insignifiance quotidienne qui pourtant touche de manière récurrente les Forces de l’Ordre, sans que rien ne soit fait d’autre que de grands et beaux discours, les mêmes, toujours les mêmes ..

    Et puis dans quelques jours, chacun retournera à sa “soucieuse insouciance”, dans le déni de l’évènement, au fond ce n’est qu’un épi phénomène que seules les familles n’oublieront pas.

    Pensées attristées à Alicia Champion et Audrey Berthaut, et bien au delà tous mes regrets à leurs familles respectives, même si ces mots n’ont aucune portée, ni ne seront d’aucun secours.

  8. Colombani

    Je suis Avocat dans le Var et très choquée par le décès de ces deux jeunes femmes. Cependant j aimerais comprendre deux choses dans l’organisation du commandement de cette brigade : pourquoi intervenir à 23 hs alors qu’il ne s’ agit pas d’une enquête de flagrance? Pourquoi envoyez 2 jeunes femmes alors que l’identité et donc le passé judiciaire de cet homme est connu? J’ai le sentiment désagréable que l’on a pas pensé à la sécurité de ces gendarmes et qu’il y a une défaillance dans la hiérarchie ? Je voudrais tenter de comprendre cette organisation trop souvent opaque. Merci pour vos réponses.

  9. BERTRAND

    Une très grosse pensée pour les familles, même si les mots ne sont rien à côté de cette douleur. Egalement ancien de l’arme, j’ai eu la chance de travailler avec des personnels féminin. Comme chez les hommes j’ai croisé de très bons éléments comme de mauvais. Alors arrêtons de dire et refaire une intervention dont on ne connait pas les tenants de l’affaire. Pensons à nos deux camarades. Egalement retraités à nous de manifester notre colère et de demander une vraie justice pour nos blessés et nos morts. Aidons nos actifs à améliorer les conditions de travail et les conditions de vie. J’étais le premier lorsque j’étais en activité à dire “tu parles les retraités ne font rien hormis vendre leur petit ESSOR pour se faire une bouffe” Alors c’est à nous de les défendre.
    Pensée très forte à vous qui allez avoir brimades et réflexions d’une certaine couche de la population;

  10. Jean Robert

    Retraité des Compagnies Républicaines de Sécurité je veux ici saluer l’abnégation et le professionnalisme de toutes ces femmes et de tous ces hommes au service de la République. J’adresse mes très sincères condoléances aux proches des victimes,à ces petites filles qui ont perdu leur maman,à leur mari et compagnon.

  11. garcia

    Retraité major CB et CCB, toute ma carrière en brigades, je peux dire que cela a été ma hantise de voir des patrouilles masculines ou féminines intervenir face à des individus abrutis, alcoolisés ou drogués, car on ne sait jamais comment cela peut se finir.
    De nombreuses fois, je me rendais sur place en renfort ou je sollicitais le PSIG, le COG ou une autre patrouille pour sécuriser mais cela n’est pas toujours possible, faute de personnel dans l’action, et il faut bien intervenir suite à des appels. Que dirions nous, si les GD étaient intervenus en nombre, 1/2 ou 1 heure plus tard, en sécurité au risque de voir un civil se faire massacrer. Les questions vont se poser, la Gendarmerie doit probablement revoir ses modes d’intervention car le risque zéro n’existe pas dans ce métier mal reconnu par les autorités.
    Sincères condoléances à toutes les familles.

  12. A Maître Colombani.

    1°) Lorsque ces femmes gendarmes sont intervenues, elles partaient vérifier auprès d’une femme, voir si son sac à main correspondait à celui volé dans l’après-midi. Ces deux OPJ savaient parfaitement qu’elles se trouvaient en dehors des heures légales et qu’il n’était pas question de faire une perquis. Elle ne s’attendaient pas à trouver un homme et surtout une telle brute.

    2°) Mettre deux femmes en intervention nocturne, c’est très curieux. Commandant d’unité depuis 12 ans, ayant eu des femmes sous mon commandement, il m’est arrivé d’en mettre parfois avec des gendarmes auxiliaires ou des gendarmes adjoints mais ceux que je mettais avec elle, faisaient plus que tenir la route. personnellement je n’aurais pas mis deux femmes seules en patrouille de nuit, mais si l’effectif n’était pas ce qu’il est, en ce moment, leur patron aurait eu peut-être davantage le choix. D’autant qu’il est considéré comme un excellent mec qui se bat pour ses subordonnées. Il n’est donc pas d’actualité de lui casser du sucre sur le dos.

    3°) Caroline : J’ai eu sous mes ordres Céline B (si tu me lis Céline, tu peux réagir), ceinture noire 3ème dan de karaté, et excellente dès qu’il fallait intervenir. Dans la même Unité, j’avais un gros tas, incapable de courir 100 mètres. Mais autant Céline était obligée d’aller au carton (et Dieu sait qu’elle m’en a mis quelques-uns au tapis) pour prouver ce qu’elle valait, autant l’autre se faisait respecter uniquement par sa voix, uniquement parce qu’il était un homme. C’est lamentable à dire mais tu le sais comme moi : les voyous ou les cons ont davantage peur d’un homme, même s’il est 20 fois inférieur à l’efficacité d’une femme. C’est ainsi et ce n’est par être sexiste ou macho que de l’avouer.
    C’est malheureux, mais vous serez toujours obligée de prouver ce que vous valez (dans ce genre de métier, bien sûr) alors qu’un mec impressionnera toujours davantage. Pourquoi crois-tu qu’on ne met pas de femme au M.O. et quasiment aucune en PSIG ?

    Connerie de société où la force devient obligatoire pour se faire respecter.
    Dommage.

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