jeudi 29 octobre 2020
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Un jeune fauchant volontairement un gendarme, un chauffard ivre et drogué provoquant la mort d'un policier national, ou encore un conducteur éméché qui grille dimanche un feu, blesse trois policiers municipaux et entraîne le décès d'une prostituée: les forces de l'ordre ont vécu une série noire dans les Alpes-Maritimes.

Une série noire pour les forces de l’ordre

Un jeune fauchant volontairement un gendarme, un chauffard ivre et drogué provoquant la mort d’un policier national, ou encore un conducteur éméché qui grille dimanche un feu, blesse trois policiers municipaux et entraîne le décès d’une prostituée: les forces de l’ordre ont vécu une série noire dans les Alpes-Maritimes.

“Cette répétition de faits devient très inquiétante!”, souligne dimanche le syndicat Alliance police nationale (deuxième syndicat de gardiens de la paix), qui appelle à une réaction rapide du gouvernement et à l’application des peines plancher.

Frédéric Foncel, président du Syndicat national des policiers municipaux (SNPM-FO) constate “un sentiment d’impunité” croissant chez les jeunes délinquants. Face à eux, des policiers “hésitent à utiliser leur arme” car ils ne se sentent pas soutenus par la justice. “Aujourd’hui on est obligés d’être quatre par patrouille pour calmer un nombre minimum d’individus”, note-t-il. “Il faut des peines de justice exemplaires”, à commencer par les cas d’outrage à policier, insiste M. Foncel.

Il est 3H30 dimanche dans le centre de Nice lorsqu’un véhicule de la police municipale, avec trois agents à bord, se rend sur une affaire de voiture volée. A un croisement, un jeune chauffard au taux d’alcoolémie élevé grille un feu rouge, percute violemment la voiture des policiers qui s’écrase sur une jeune prostituée, tuée sur le coup. Le propriétaire de la voiture, qui avait pris la fuite avec ses passagers, a été interpellé à son domicile du Var. Les policiers, dont l’un a été plus sérieusement blessé, ont été conduits à l’hôpital.

“La police municipale, une fois de plus, a subi un comportement inqualifiable qui mérite les plus lourdes sanctions”, a commenté le député-maire UMP de Nice, Christian Estrosi, également attristé pour “cette pauvre fille qui a perdu la vie à cause de ces voyous”. “Je dis trop c’est trop!”.

Frédéric Lagache, secrétaire général adjoint d’Alliance au niveau national, a réclamé dimanche un durcissement de la loi sur la conduite en état d’alcoolémie ou sous l’emprise de stupéfiants. Le 22 septembre vers 3H00, un chauffard sous l’emprise de l’alcool et de stupéfiants, roulant à plus de 100 km/h dans le centre de Cannes, avait provoqué la mort du policier Amaury Marcel, 27 ans, et d’une jeune passagère de 22 ans. Pour cet “homicide involontaire, avec circonstances aggravantes”, qui avait suscité un très vif émoi, le chauffard de 27 ans risque dix ans de prison et 150.000 euros d’amende. Un peine “insuffisante”, selon Frédéric Foncel.

Dans la nuit de samedi à dimanche, deux juges d’instruction de Nice étaient encore en train de plancher sur les mises en examen d’une bande de six jeunes, âgés de 16 à 23 ans, diversement impliqués dans le tragique décès du major Daniel Briere, 52 ans, qui enquêtait sur une voiture volée dans l’arrière-pays niçois. Le conducteur de 21 ans, accusé d’avoir volontairement fauché le major Briere au volant de la voiture volée, a été écroué et mis en examen pour “homicide volontaire”. Il risque la réclusion criminelle à perpétuité. Le jeune homme avait bénéficié cinq jours avant le drame d’une mise en liberté sous contrôle judiciaire.

Un fait jugé “honteux” par Christian Estrosi, critiquant sur un registre plus politique un gouvernement qui “s’entête à défendre une politique qui favorise la non exécution des peines”. “Plus que jamais, il est nécessaire que la loi sur les peines planchers ou que les ‘courtes’ peines de prison – que le gouvernement veut remettre en cause – soient maintenues et appliquées avec toute la fermeté qui s’impose”, a aussi réagi le député UMP des Alpes-Maritimes Eric Ciotti.

Par Catherine Marciano (AFP)

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