mardi 13 avril 2021
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Les enquêteurs comptent les billets saisis dans une opération contre un vaste trafic de stupéfiants. (GENDARMERIE)
Les enquêteurs comptent les billets saisis dans une opération contre un vaste trafic de stupéfiants. (GENDARMERIE)

Un vaste trafic de stupéfiants démantelé par la section de recherches de Marseille

Une saisie, en flagrant délit, de 70 kilos de cocaïne et 1,25 million d’euros en liquide. Les chiffres de la transaction que les gendarmes ont interrompu le 26 avril dans le sud de la France sont impressionnants. Il ne s’agissait pourtant que d’une livraison mensuelle dans un vaste trafic de stupéfiants.

Au volant du camion intercepté se trouvait un routier lituanien. Il s’agit d’un “habitué des livraisons dans le sud-est de la France”, explique la Gendarmerie. A la réception de la marchandise, un homme que les gendarmes soupçonnent de piloter une véritable entreprise illégale. 

Avant ce joli coup de filet menée par le GIGN et la section de recherches (SR) de Marseille, les malfaiteurs ont donné du fil à retordre aux enquêteurs. Ils organisaient leurs “rendez-vous discrets”, “à l’aube ou au crépuscule”, sur des parkings. Auparavant, ils se livraient à “de nombreuses vérifications préalables pour détecter un éventuel dispositif des forces de l’ordre”

Pour les gendarmes, chaque voyage voyait s’échanger, en moyenne “1 à 1,5 millions d’euros par mois, soit environ 50 kilogrammes de cocaïne”.

Saisie de 3,4 millions d’euros en cash

Aussitôt après cette première interpellation, les gendarmes ont arrêté six autres personnes. Ils ont ensuite lancé 25 perquisitions dans divers lieux: domiciles, véhicules, commerces et boxes. Garés dans ces derniers, ils trouveront, dans deux véhicules, “2 millions d’euros soigneusement conditionnés”, et “plusieurs centaines de kilos de résine de cannabis”.

Perquisitions dans les boxes (GENDARMERIE)
Perquisitions dans les boxes (GENDARMERIE)

Au total, les saisies représentent 3,4 millions d’euros, 317 kilos de résine de cannabis et 70 kilos de cocaïne. Pour cette dernière, à 70 euros le gramme, la valeur de revente est d’environ 5 millions d’euros.

Lire aussi: Un réseau européen de blanchiment d’argent de la drogue démantelé par les SR de Marseille et Paris

Face à des malfaiteurs “chevronnés et organisés”, la Gendarmerie a sorti les gros moyens. L’opération a en effet mobilisé 300 gendarmes de toute la région Sud (PACA et Languedoc-Roussillon). Ils étaient renforcés par des militaires de la gendarmerie des transports aériens et de la gendarmerie maritime. Côté judiciaire il y avait une cinquantaine d’enquêteurs de la SR de Marseille et de la cellule nationale “No Name”, créée pour cette enquête. Ils ont eu le renfort d’enquêteurs des groupements du Gard et des Bouches du Rhône. Pour l’intervention, 15 unités étaient sur le pont. Parmi elles, le GIGN et l’antenne GIGN d’Orange, mais aussi 12 équipes cynophiles, et un escadron de gendarmerie mobile.

Un trafic de stupéfiants structuré comme une entreprise

Les enquêteurs étaient sur la piste de ce trafic de stupéfiants depuis un an et demi. Le juge d’instruction Valéry Muller dirigeait l’enquête, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille.

Les billets de banque saisis étaient soigneusement empaquetés (GENDARMERIE)
Les billets de banque saisis étaient soigneusement empaquetés (GENDARMERIE)

Les enquêteurs parviennent à identifier “une équipe familiale et amicale de trentenaires du secteur Beaucaire-Tarascon, à cheval sur les Bouches du Rhône et le Gard”. Leurs investigations sont pourtant délicates. En effet, l’environnement est “défavorable, notamment en raison de la forte implantation locale des malfaiteurs”. Ils parviennent néanmoins à établir que le réseau,“structuré comme une entreprise, avec à sa tête un grossiste, alimente des semi-grossistes par dizaines de kilos”. Il s’étend de l’Hérault aux Alpes-Maritimes et jusque dans le Vaucluse.

Cette professionnalisation du trafic couvrait tout le spectre de l’activité. En effet, le blanchiment de l’argent de la drogue était lui même très organisé. Les enquêteurs ont ainsi identifié des investissements immobiliers dans des boxes, mais aussi commerciaux, avec des auto-écoles ou un bar à chicha. C’est le groupe d’intervention régional (GIR) de la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur qui travaille sur “le volet patrimonial de ce trafic afin d’identifier et de saisir les profits illicites”.

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