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“Scène de guerre” dans le Puy-de-Dôme: trois gendarmes tués et un autre blessé (actualisé)

L'Arme est en deuil après la perte de trois gendarmes tués lors d'une intervention pour violences conjugales dans le Puy-de-Dôme ce mercredi 23 décembre 2020. (Photo/PxHere)

Trois gendarmes ont été tués dans la nuit de mardi 22 à mercredi 23 décembre 2020 alors qu’ils portaient secours à une femme dans un petit hameau isolé près de Saint-Just (Puy-de-Dôme). il s’agit d’un drame sans précédent depuis des décennies pour la Gendarmerie lors d’une intervention contre un forcené. L’auteur des tirs, Frédéric Limol, 48 ans, a été retrouvé mort près de son véhicule, vraisemblablement suicidé.

Le procureur de la République de Clermont-Ferrand Eric Maillaud a évoqué une “scène de guerre“. “Des centaines et des centaines de douilles” ont été découvertes sur place, a dit le magistrat lors d’une conférence de presse en fin d’après-midi. Il a également donné des précisions sur le déroulement des faits. Tout en insistant sur le fait que de nombreux éléments restaient à établir, notamment la chronologie de l’intervention.

Réfugiée sur le toit de la maison en feu

L’appel est parvenu à la gendarmerie mardi soir à 20h52. Une vingtaine de gendarmes, a expliqué Eric Maillaud, sont intervenus dans un premier temps. La mort des trois gendarmes s’est produite avant 22h30. Frédéric Limol, qui portait un gilet pare-balles, a été retrouvé mort à l’aube près de son 4X4 accidenté à 1.500 mètres de son domicile. Il tenait un pistolet Glock avec lequel il s’est très probablement tiré une balle dans la tempe. Il avait également avec lui un fusil d’assaut semi-automatique américain AR 15 muni d’un silencieux, d’une torche et d’un système de visée laser. A sa ceinture, il avait accroché 4 couteaux.

L’AR 15, une arme utilisée lors de tueries de masse aux Etats Unis

L’AR 15 est une arme de fabrication américaine bon marché (quelques centaines d’euros) et relativement simple d’utilisation. Ce fusil d’assaut de calibre 7,62 mm est l’arme symbole des défenseurs du port des armes aux Etats Unis. Elle a été utilisée à plusieurs reprises lors de tueries de masse dans ce pays.

“C’est une arme de guerre qu’il (le forcené) n’avait pas le droit de détenir”, a dit le procureur. Selon lui, Frédéric Limol pratiquait le tir en compétition. Il avait eu une formation militaire comme élève officier de réserve dans un régiment du Train. “Catholique très pratiquant, c’était un militant survivaliste persuadé de la prochaine fin du monde”, a ajouté Eric Maillaud.

Les militaires de la compagnie de gendarmerie d’Ambert intervenaient pour des faits de violences conjugales a la suite d’un appel d’une amie de la compagne du forcené. Elle relayait l’appel de celle-ci. Elle se plaignait de coups au visage et s’était réfugiée sur le toit de la maison dans ce petit village de 157 habitants, près d’Ambert. Frédéric Limol avait alors mis le feu à la maison.

Les premiers gendarmes sur place ont secouru la compagne du forcené réfugiée sur le toit de la maison. Ciblés par les tirs de Frédéric Limol, les gendarmes ripostent. Grièvement blessé, le brigadier Arno Mavel, 21 ans, décède tandis que l’autre militaire est touché à la cuisse. Les pompiers parviennent à l’évacuer et à le transporter à l’hôpital.

Pas de plainte pour des violences dans le couple

Le forcené continue à tirer et atteint mortellement deux autres gendarmes qui progressaient en direction de l’habitation. Les victimes sont le lieutenant Cyrille Morel, 45 ans, commandant en second de la compagnie d’Ambert, et l’adjudant Rémi Dupuis, 37 ans, de la communauté de brigades de la commune.

Des gendarmes parviennent à mettre la femme en sécurité. Elle a été hospitalisée mais n’avait pas pu être entendue par les gendarmes mardi en fin d’après-midi.

Selon le procureur, ni la justice, ni la gendarmerie n’avait reçu de plainte pour des violences conjugales dans ce couple.

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Pendant l’intervention, de nombreux renforts ont rapidement convergé vers Saint-Just et bouclé la zone. Y compris des moyens venus des départements voisins. La Gendarmerie a engagé jusqu’à jusqu’à 300 militaires, départementaux et mobiles.

Elle a également mis à contribution le GIGN, spécialiste de ce type d’interventions. L’antenne GIGN de Dijon est ainsi partie en premier, avec le renfort de deux équipes du GIGN national descendues de Satory, l’une en hélicoptère et l’autre par la route.

Arrivés sur place vers 2h30 du matin, les premiers spécialistes de l’intervention ont aussitôt conduit des opérations de reconnaissance et de recherches du forcené. Au petit matin, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, annonce la découverte de son corps en précisant qu’il se rendait sur place.

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Hommages aux gendarmes tués

Alors que l’intervention était toujours en cours, le Premier ministre, ainsi que le ministre de l’Intérieur et la ministre déléguée ont rendu hommage aux trois gendarmes décédés.

Ce drame est sans égal depuis plusieurs décennies pour une intervention contre un forcené. Le précédent le plus proche est celui de Collobrières dans le Var en 2012. Alors qu’elles intervenaient pour un différent de voisinage, deux gendarmes, la maréchale des logis-cheffe Audrey Bertaut et l’adjudante Alicia Champlon, avait été tuées par un homme qui s’était emparé de l’arme de cette dernière.

Lire aussi: Gendarmes tués à Saint-Just : un drame sans précédent depuis Fayaoué

Il faut ensuite remonter à 1988 et à l’attaque de la brigade de Fayaoué, dans laquelle quatre gendarmes avaient trouvé la mort.

La rédaction de L’Essor

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